L’église Saint-Pierre de Saint-Pierre-de-Clages
Cette église a fait l’objet d’une notice
brève écrite par Jean-Marie Theurillat, dans le livre Suisse
Romane de la collection Zodiaque.
En voici des extraits :
«
Saint-Pierre-de-Clages.
Mentionnée pour la première fois en 1153 parmi les
propriétés de l’abbaye de Saint-Martin d’Ainay, l’église
de l’ancien prieuré Saint-Pierre a droit à une attention
particulière de la part du touriste parcourant le Valais.
[...] Quelques
adjonctions particulières et remaniements postérieurs
n’ont pas détruit l’aspect général de l’église du XIe
siècle. [...] »
La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église
nous apprend ceci :
« Le
village de Saint-Pierre-de-Clages est réputé pour son
église romane du XIe siècle, au clocher
octogonal. À l'intérieur, la nef rectangulaire, à quatre
travées, comprend un vaisseau central et deux bas-côtés
asymétriques. Un transept non saillant, dont la croisée
est surmontée du clocher octogonal, précède un avant-chœur
à abside flanquée, de part et d'autre, d'une absidiole,
celle du sud étant une adjonction postérieure qui a percé
un chevet initialement droit. On observe dans la nef,
supportant les arcades, des piliers maçonnés, tantôt
carrés, tantôt cylindriques. Le clocher était prévu dès
l'origine dans sa forme caractéristique, et bâti sans
doute peu après 1150, soit dans la continuité immédiate du
chantier qui a vu ériger l'église. Il comprend deux
niveaux bien délimités, et est surmonté d'une flèche en
charpente. »
Commentaires de ces textes
Ils sont en fait peu significatifs en regard des images de
cette page. La datation au XIe siècle est selon
nous purement artificielle. Elle ne peut pas s’inspirer de
textes anciens, puisque le plus ancien est postérieur au XIe
siècle. Les auteurs partent, d’une part du principe qu’il ne
peut pas exister d’église antérieure à l’an mille, et
d’autre part, que l’art roman avec ses sculptures et ses
voûtes en plein cintre, date du XIIe siècle.
Cette église n’ayant pas ces dernières caractéristiques et
paraissant moins évoluée, ne peut donc dater que du XIe
siècle. Ce sont là des convictions et des raisonnements très
simples (nous disons même simplistes) mais de grands pontes
universitaires semblent s’en accommoder.
Analyse architecturale
Nous pensons que la nef d’origine était à trois vaisseaux
charpentés. Le vaisseau central devait être surhaussé par
rapport aux vaisseaux latéraux. Il a été abaissé plus tard
et au lieu d’avoir un toit à quatre pentes (deux pour le
vaisseau central, une pour chaque collatéral), on a un toit
à deux pentes. Le voûtement sur croisée d’ogives a été
réalisé plus tard. Peut-être à la période renaissance ou à
la période baroque avec des voûtes légères ?
Le vaisseau central est porté par des piliers rectangulaires
ou cylindriques (à partir de l’entrée : trois paires de
piliers rectangulaires, puis une paire de piliers
cylindriques (image 6),
et enfin deux paires de piliers rectangulaires (image
5). Ce n’est pas ce que nous avons appelé le
système mixte, dans lequel il y a une alternance régulière
des paires de piliers. Nous pensons que la paire de piliers
cylindriques permettait une séparation virtuelle de la nef.
Image 7 : Dans ce
style d’église, les piliers massifs sont surmontés
d’impostes de grande largeur et de faible épaisseur. Il
arrive parfois que les surfaces de contact avec les piliers
soient de mêmes dimensions que les piliers (ce n’est pas le
cas ici mais ces surfaces de contact restent importantes).
Image 8 : Dans le
cas des piliers cylindriques, c’est un chapiteau de forme
tronconique qui fait le lien entre le pilier et la base des
arcs. Pour une raison que nous ignorons, l’épaisseur du
chapiteau est nettement plus importante que celle des
impostes (comparer les images
7 et 8). À remarquer sur cette image
8 que l’arc de droite est double alors que l’arc
de gauche est simple. Nous pensons que l’arc double est
postérieur à l’arc simple. Cela signifierait que la travée
contenant cet arc double, séparée du sanctuaire par une
autre travée, a été construite postérieurement aux autres
travées de nef. Nous pensons plutôt à une reconstruction
lors de la construction du clocher afin de lui fournir une
meilleure assise.
Image 9 : Il est
difficile de dater ces fresques aux décors faits de
svastikas.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Pierre de
Saint-Pierre-de-Clages : an 850 avec un écart de 150 ans.