L’église du château de Spiez  

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Nous n’avons pas visité cette église. Les images de cette page sont extraites de galeries d’Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église nous apprend ceci :

« Cet établissement religieux, entouré d’une enceinte, est attesté par les archives dès l’an 762. Initialement église privée du détenteur du château, elle est citée comme paroissiale en 1228. On a retrouvé en fouilles, établie sur la tombe d’un cavalier important des VIe - VIIIe siècles, une petite église carolingienne à vaisseau unique, avec abside et annexes latérales. Ce premier bâtiment, déjà dédié à saint Laurent, a été remplacé vers l’an mil ou vers le milieu du XIe siècle par l’église actuelle. Le clocher pourrait être quelque peu antérieur. Cet édifice de plan basilical à forts piliers maçonnés, avec chœur surélevé et crypte, est, avec Amsoldingen, le plus important représentant de la série des églises du lac de Thoune.

Par la suite, l’édifice ne subit plus de grandes modifications jusqu’à la baroquisation de l’église, par le propriétaire du château de Spiez, le général Sigmund von Erlach, entre 1670 et 1676. Il fait agrandir les fenêtres, ramener à un même niveau le faîte des toitures ainsi que le sol des espaces intérieurs.

En 1949-1950, à l’occasion d’une restauration complète, l’architecte Walter Sulser rétablit dans la mesure du possible l’état original de l’édifice, en restaurant notamment l’abside centrale surélevée, construite au-dessus d’une crypte.


L’intérieur de l’église a été orné de plusieurs couches de peintures, en deux étapes principales qui datent du début du XIIIe siècle, dans la tradition romane, puis en second lieu gothique, de la fin du XVe siècle. Cette dernière étape a été supprimée lors de la restauration de 1950 pour dégager les peintures romanes sous-jacentes, illustrant, selon une coutume byzantine, le Christ, les mains levées en signe de bénédiction, trônant sur un arc-en-ciel dans une mandorle portée par quatre anges. Dans la partie inférieure de la voûte, sont alignés, de chaque côté, six apôtres. »


Commentaires divers et analyse architecturale

Dans la phrase, « On a retrouvé en fouilles, établie sur la tombe d’un cavalier important des VIe - VIIIe siècles, une petite église carolingienne à vaisseau unique,... », l’auteur ne précise pas des détails qui pourraient avoir de l’importance. Les restes de la petite église carolingienne ont-ils été trouvés sous l’église actuelle ? Ou en dehors de celle-ci ? Était-elle orientée dans la même direction ? Dans une direction différente ? Existe-t-il un plan de fouilles ? Remarquons par ailleurs l’ambiguïté de la formulation : la tombe du cavalier « des VIe - VIIIe siècles » a très probablement été placée dans l’église dite « carolingienne » après la construction de celle-ci. Elle serait donc antérieure ou à la limite contemporaine aux « VIe - VIIIe siècles », et donc, si on prend la moyenne de ces deux nombres, du VIIe siècle. Le mot « carolingien » est issu d’une dynastie de rois francs ayant régné entre les années 750 et 950 . Et donc, toujours en prenant la moyenne, le IXe siècle. Soit environ deux siècles au moins après la construction de l’église qui ne doit donc être appelée « carolingienne ».

Nous ne pensons pas que la remarque que nous avons faite ci-dessus doive être assimilée comme étant une chipoterie de notre part, une volonté délibérée de nous mettre en valeur au détriment d’autres personnes. Nous voulons seulement montrer que les historiens de l’art de cette période agissent souvent avec une certaine désinvolture, qu’ils pensent pouvoir dire n’importe quoi, car de toute façon on ne les lira pas.

Concernant la datation de l’édifice actuel, on retrouve la même attitude omniprésente chez les historiens de l’art du refus d’admettre qu’une église puisse être antérieure à l’an mille. Avec cependant, dans le cas présent, une timide tentative de franchissement de cette ligne fatidique : « Ce premier bâtiment,..., a été remplacé vers l’an mil... », tentative prudemment nuancée par la suite, «…ou vers le milieu du XIe siècle par l’église actuelle. ». Nous pensons que ces historiens ont fini par réaliser que le passage de la basilique romaine dont les premiers exemplaires sont antérieurs au IVe siècle à la basilique romane ou même gothique du XIIe siècle (soit plus de 8 siècles après) n’a pu se faire en un seul siècle. Or la basilique que nous avons ici est bien du même type qu’une basilique romaine à peine plus évoluée que ces dernières : nef à trois vaisseaux non voûtés, avec trois absides en prolongement des vaisseaux, piliers rectangulaires, arcs en plein cintre, absence de transept et d’ouvrage Ouest, campanile indépendant de l’église (comme la crypte, il aurait pu être construit ultérieurement).

Concernant les fresques (images 8 et 9), nous ne sommes pas certains qu’elles soient byzantines et du XIIIe siècle. La fresque de fond d’abside du chœur (image 8) développe un thème peu fréquent : la glorification de la Saint Trinité. Celle-ci est représentée sous la forme des trois personnages, Dieu le Père portant le Christ en Croix, surmonté de la colombe du Saint-Esprit et d’un nimbe crucifère. Le tout est inscrit dans une mandorle presque circulaire. Pour la fresque de l’avant-chœur, c’est le Christ qui est représenté entouré d’une mandorle et des symboles des évangélistes.

Nous avons encore beaucoup de choses à apprendre sur les fresques en général et l’influence dite « byzantine » dans certains cas particuliers. Il y a d’abord une attitude paradoxale de la part des chercheurs. On nous parle d’influence byzantine au XIIIe siècle dans une région non occupée par les byzantins depuis au moins le VIe siècle (si tant est qu’il y a eu une vraie occupation, mais une alliance entre les burgondes et l’Empire d’Orient). Les chercheurs parlant de cette influence byzantine ont évoqué l’intervention de peintres venus de Byzance. Le paradoxe vient du fait que les mêmes chercheurs refusent les échanges entre des régions voisines au point de faire des distinctions entre les arts romans d’Auvergne, de Bourgogne ou du Languedoc.


Datation envisagée pour l'église du château de Spiez : an 850 avec un écart de 150 ans.