L'église Saint-Maurice de Montbron 

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Nous n'avons pas visité cette église. Nous ne la connaissions pas avant que l’un de nos correspondants, M. Clive Kenyon, nous fasse parvenir des photographies. Certaines d’entre elles sont reproduites dans cette page. Les autres proviennent de galeries d'images d'Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant le bourg de Montbron nous apprend ceci :

« Histoire

L'histoire du bourg commence vraisemblablement avec un oppidum romain, puis, au VIe siècle, avec un chef franc (dux), Berulphus, qui donne son nom au fortin installé sur le monticule surplombant et gardant une boucle de la Tardoire. D'après Grégoire de Tours, Berulphus était installé par Chilpéric Ier, le roi des Francs, dans cette Aquitaine nouvellement conquise, pour résister aux troupes de son frère Sigebert.


Bien avant le Xe siècle, Montbron était déjà une baronnie importante qui exerçait sa juridiction sur 19 paroisses Ses seigneurs avaient droit de haute, moyenne et basse justice et ne reconnaissaient comme suzerains que les évêques d’Angoulème. Lors de l'intronisation d'un nouvel évêque, les quatre pieds du trône étaient portés par les deux roches et les deux monts de l’Angoumois , à savoir les seigneurs de Montmoreau, La Rochefoucauld, La Rochechandry et Montbron (pied arrière gauche).

D'après la chronique d’Aymar de Chabanais, les premiers seigneurs de Montbron furent des guerriers, auxquels les premiers comtes non héréditaires d’Angoulême confièrent ce poste. Ces seigneurs succombèrent à la guerre meurtrière que mena Waïfre, duc d'Aquitaine, pour conserver son indépendance.

Une nouvelle famille s'établit alors, dont le premier membre connu est Robert Ierde Montberon, qui peut être considéré comme le véritable fondateur de la famille de Montberon (alias de Montbron). Lui et ses descendants, Robert II et Robert III, furent des fidèles alliés des comtes d'Angoulême dans leurs luttes contre leurs voisins ou les ducs d'Aquitaine.

Au cours du Moyen-Âge , Montbron se trouvait sur un itinéraire secondaire Est-Ouest fréquenté par les pèlerins qui allaient au sanctuaire de Saint-Jacques-de- Compostelle et aux reliques de saint Eutrope. De nombreuses épidémies et particulièrement la lèpre faisaient beaucoup de victimes comme l'atteste la présence de la chapelle des Lépreux. »


Commentaires sur le texte ci-dessus

Nous n’avons malheureusement pas le temps de l’étudier plus profondément en lisant le passage que Grégoire de Tours consacre à Bérulphus ou en recherchant une documentation sur la chronique d’Aymar de Chabanais. D’ores et déjà, une information importante apparaît : les seigneurs de Montmoreau, La Rochefoucauld, La Rochechandry et Montbron sont inféodés à l’évêque d’Angoulème : un homme d’église peut être un seigneur. Cela signifie qu’il peut diriger une troupe de guerriers. C’est là une réalité dont nous n’avions pas conscience avant d’effectuer notre étude sur le premier millénaire.


Analyse de l’architecture de cet édifice

On distingue globalement deux parties dans cette église : la nef (images 3 et 5) et l’ensemble formé par le transept et le chevet (images 4 et 6). Le transept, haut et débordant, et le chevet à déambulatoire et chapelle absidale sont caractéristiques de la fin de la période romane (XIIe siècle). En ce qui concerne la nef, nous ne pouvons pas nous prononcer. Actuellement elle comporte un seul vaisseau. Mais il est possible qu’elle ait été antérieurement à trois vaisseaux. C’est ce que laissent envisager les arcs situés au bas du mur de l'image 3.

Sur les image 5 et 6, on peut voir de part et d’autre de l’arc triomphal ce qui semble être des étroits passages (en fait, si toutefois il y a eu des passages, ils ont depuis été murés). On peut se poser la même question que nous nous sommes posée avec les passages dits « berrichons » qui seraient les seuls restes d’anciens collatéraux. Mais ce n’est pas le cas ici : ces faux passages sont trop étroits pour être des restes d’anciens collatéraux. Nous pensons que l’arc triomphal a été construit en même temps que la tour de croisée du transept, à l’intérieur d’une nef construite auparavant. Mais sur une largeur moins grande que celle de la nef. Pour des raisons à la fois d’esthétique et de renforcement de la structure, les architectes ont décidé de relier les murs de la nef aux piliers porteurs de la croisée du transept en ménageant des passages.

Images 1 et 2 : La façade Ouest et son portail. Celui-ci est manifestement roman. Nous le datons du XIIe siècle. Il est polylobé. Nous avons auparavant rencontré ce type de portail principalement en Nouvelle Aquitaine. Nous ne nous sommes pas trop posé la question de l’origine de ce type de représentation, pensant qu’il pouvait y avoir une influence arabe. Mais nous savons à présent qu'une innovation comme l’arc outrepassé, autrefois attribuée aux arabes, est en fait wisigothique. Et de plus, en admettant que l’arc polylobé soit d’origine arabe, comment les arabes ont-ils eu cette idée ?

À remarquer que, dans le cas présent, il n’y a pas un seul arc polylobé mais plusieurs, au moins trois. Deux sont visibles sur l'image 2, celui de plus petit diamètre avec les lobes évidés, et un autre avec les lobes pleins. Un autre de plus grand diamètre est visible sur l'image 1.

Nous avançons  avec une grande prudence, une hypothèse au sujet de ces lobes. Cette hypothèse tient compte du fait que les diverses voussures qui surmontent les portes seraient symboliques du Ciel, ou plus exactement des cieux. C’est ainsi que les anciens concevaient le ciel : un ensemble de couches circulaires superposées ; le ciel de la lune, celui du soleil, celui des planètes, celui des étoiles, etc. Mais dès l’antiquité, les savants avaient mis en doute cette notion. En particulier en ce qui concerne les planètes qui ne subissent pas le même mouvement relatif que les étoiles.

C’est l’astronome Claude Ptolémée qui a introduit ou vulgarisé la théorie des épicycles pour le mouvement des planètes. Or nous observons que le contour d’un arc polylobé correspond au tracé de l’épicycle.

Cette hypothèse semble a priori complètement farfelue. Cependant, en observant l’arc polylobé inférieur de l'image 2, on remarque la présence de petits disques étoilés qui pourraient représenter des planètes du système solaire.

Malgré leur apparence primitive (thème des masques crachant des feuillages), les chapiteaux des images 8, 9, 10 ne sont pas obligatoirement très anciens : ils pourraient dater du XIIe siècle.

Le chapiteau de l'image 11 serait quant à lui plus intéressant, et peut_être plus ancien, utilisé en réemploi. Il développe le thème dit de « l’acrobate » qui, selon nous, serait un avatar de la figure de « l’homme émergeant des feuillages ».

Le panneau à arcades de l'image 12 est situé sous l’arc du milieu? en bas de l'image 3. On retrouve la représentation d’une succession d’arcs sans autre figure sous chacun des arcs. Nous pensons de plus en plus qu’il y a là une signification symbolique forte. Sans doute une image du Ciel censé accueillir le défunt.


Datation envisagée pou l'église Saint-Maurice de Montbron : an 1050 avec un écart de 100 ans.