L'église Saint-Georges du Vigeant 

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Nous n'avons pas visité cette église. Nous ne la connaissions pas avant que l’un de nos correspondants, M. Clive Kenyon, nous fasse parvenir des photographies. Certaines d’entre elles sont reproduites dans cette page. Les autres proviennent de galeries d'images d'Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église nous apprend ceci :

« Toponymie

Le nom du village proviendrait du latin
vicanum qui dérive de vicus, qui signifie “bourg”, “village”.

Histoire

Le Vigeant était un prieuré-cure dépendant de l'abbaye de Lesterps, située en Charente.
»


Commentaires sur ce texte

Il est fort peu explicite et l’on s’attendrait à mieux pour un village dont la fondation pourrait remonter au Ve ou VIe siècle : c’est le cas des villages dont le nom est dérivé de vicus.


Notre analyse de l’architecture de l’édifice

Nous devons tout d’abord convenir que notre choix s’est porté sur cet édifice, non pour son architecture, mais à cause de plusieurs sculptures qui nous semblent d’un grand intérêt. Cela ne nous empêche pas de profiter de la visite pour examiner rapidement son architecture.

Hormis le clocher (images 1, 2 et 4), manifestement roman, et le portail (image 12), cette architecture ne montre pas les traits caractéristiques d’un église antérieure à l’an 1200. En conséquence, nous ne pouvons ranger cet édifice parmi ceux susceptibles d’être antérieurs à l’an 1000, ou, à la limite, compte tenu des incertitudes liées aux datations, à l’an 1100. Cela ne signifie pas pour autant que, dans son ensemble, l’édifice (hormis le clocher) soit postérieur à l’an 1200. Il est possible qu’il y ait des parties antérieures à cette date mais nous ne les avons pas trouvées.

Remarquons que le chevet est carré (image 10). Il s’inscrit dans une tradition de chevets carrés que l’on rencontre principalement en Aquitaine. Certaines de ces églises sont antérieures à l’an mille.


Les sculptures

Image 11 : Nous avons écrit ci-dessus que nous n’avons pas vu de traces de restes romans (hormis le clocher). Or ce chapiteau dont nous ne connaissons pas la localisation est roman. Il présente un décor de feuilles dressées (sur une seule rangée, ce qui le distingue des chapiteaux corinthiens qui sont en général à trois rangées de feuilles d’acanthe).

Image 12 : Portail à arc polylobé. Nous avons, dans une des pages précédentes consacrée à l’église Saint-Maurice de Montbron (dans le département de la Charente), émis l’hypothèse que la forme de ces arcs polylobés pouvait être en lien avec la théorie de la trajectoire des planètes émise par Claude Ptolémée. Bien que nous ne soyons pas très convaincus en ce qui concerne ce raisonnement (qui est pourtant notre propres raisonnement), nous ne voyons pas d’autre explication.

Il existe un autre trait caractéristique dans ce portail : l’absence de linteau et de tympan. Jusqu’à présent, nous n’avions pas attaché d’importance à l’architecture des portails car tous nous semblaient relever du même style et nous ne pensions pas qu’il puisse y avoir une chronologie dans la fabrication des portails. Il semblerait cependant que les grands portails richement décorés soient les plus récents. Il semblerait aussi que, primitivement, il n’y ait pas eu le système linteau+tympan (en deux pièces superposées) mais plusieurs configurations possibles : linteau en bâtière, linteau avec lunette, tympan seul, ou, comme ici, absence de linteau et de tympan. Pour certaines de ces configurations, une antériorité à l’an mille est envisageable.

Ce pourrait être le cas ici, car, outre le caractère archaïque lié à l’absence de tympan, les chapiteaux porteurs de la voussure polylobée présentent eux aussi des caractéristiques archaïques (personnages aux corps filiformes, mais à têtes démesurées et arrondies, thèmes peu exprimés dans l’art roman).

Image 13 : les deux chapiteaux de droite. Celui de gauche, porteur de la voussure polylobée présente trois scènes. Le personnage de gauche pourrait être Saint Michel dont les ailes sont visibles. Portant deux sphères, il pourrait procéder à la pesée des âmes. En bas, à gauche, se trouveraient les portes du Paradis. Au milieu, le personnage aux bras levés en attitude d’orant et portant un autre personnage plus petit pourrait être la Vierge Marie. À droite, on aurait une Crucifixion (voir celle de l'image 14, plus explicite).

Le chapiteau de droite présente un masque humain doté d’une longue moustache (ce seraient plutôt des sortes de phylactères issus de la bouche). À ses côtés, un quadrupède.

Image 14 : les deux chapiteaux de gauche. Celui de droite, porteur de la voussure polylobée présente deux scènes. À gauche, on distingue une Crucifixion, avec au centre le Christ sur sa croix. En dessous des bras de la Croix, la Vierge et Saint Jean. Au dessus des bras, on aurait des personnifications du soleil et de la lune. Nous n’arrivons pas à identifier les trois personnages de droite.

Le chapiteau de gauche, endommagé, est plus difficile à analyser. On distingue cependant en haut et à droite un oiseau picorant un fruit.

Image 15. On profite de la visite de cette église pour admirer ce gisant du XVe siècle.


Datation envisagée pour l'église Saint-Georges du Vigeant : an 1200 avec un écart de 150 ans.

Remarque : il s’agit là d’une estimation de l’église telle qu’elle est actuellement, et non du portail que nous croyons plus ancien.