L'église Saint-Julien-de-Brioude de Montrol-Sénard 

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Nous n'avons pas visité cette église. Nous ne la connaissions pas avant que l’un de nos correspondants, M. Clive Kenyon, nous fasse parvenir des photographies. Certaines d’entre elles sont reproduites dans cette page. Les autres proviennent de galeries d'images d'Internet.

Selon la page du site Internet Tripadvisor :

« Montrol (de monasteriolum en latin) peut se traduire par petit monastère, petit couvent ou petite église. Le patrimoine d'architecture sacrée de ce village est intéressant et original. Une église romane, une étrange chapelle et une croix hosannière.

Dans l'église, le retable du XVIIIe siècle restauré mérite à lui seul la visite : quelques statues remarquables sont à découvrir également. Mais, étrangement, le cimetière est assez loin de l'église contrairement aux habitudes de l'époque médiévale.


Et dans ce cimetière, une chapelle des Morts, Saint-Jean-L’Évangéliste, bâtiment carré faisant penser à un temple romain, trône et questionne. À voir aussi, la croix hosannière dans ce même cimetière. »


Un panneau disposé près de l’église donne des informations supplémentaires :

« Une paroisse d’origine mérovingienne

La fondation de cette église doit remonter à l’époque mérovingienne, alors que le culte à Saint Julien de Brioude, soldat romain martyrisé à Brioude en 304, était très en faveur.

L’église (XIe-XIIIe siècle)

La nef, duXIIIe siècle, est à chevet plat, avec deux chapelles latérales. Le clocher-porche, la partie la plus ancienne de l’édifice, date probablement de la fin du XIe siècle.
[...] À l’intérieur la voûte est en lambris. [...] »


Nos commentaires

Concernant l’origine de la paroisse, on peut s’étonner que les habitants de Montrol-Sénard se soient intéressés au martyre d’un saint à Brioude, ville distante de plus de 250 km. Il devait y avoir d’autres saints plus proches de Montrol+Sénard. En fait, contrairement à une idée couramment admise, il pouvait y avoir durant cette période d’importants déplacements de populations, parfois forcés. Ceux qui avaient été déplacés conservaient le souvenir des saints restés sur place. D’où, parfois, des vols de reliques.

Concernant la tour-porche, nous confirmons l’hypothèse d’une plus grande ancienneté par rapport à la nef. Nous remarquons pour cette tour-porche une anomalie. Observons l'image 2. On voit à la base de cette tour un grand portail pourvu d’archivoltes en arc brisé, et, au-dessus de ce portail, un arc en plein cintre. Encore au dessus, apparaît une fenêtre. Voyons à présent l’intérieur (image 5). Côté mur occidental, on repère la porte occidentale, la lunette percée en étoile qui la surmonte et au-dessus, un arc en plein-cintre surhaussé. Cet arc semble être tout différent des voussures du portail situées à l’extérieur. Au-dessus de cet arc, on peut voir une fenêtre qui correspondrait avec celle située à l’extérieur. Mais entre le portail et la fenêtre, on ne voit pas l’arc en plein cintre situé à l'extérieur. Par contre, nettement au-dessus de la fenêtre, on découvre un autre arc en plein cintre en partie caché par la toiture en lambris de la nef. En résumé, il n’y a pas coïncidence entre l’intérieur et l’extérieur de la tour-porche. Nous pensons qu'il y a eu deux périodes de travaux. La partie intérieure serait le témoin de cette première période de travaux (piliers à imposte ; datation envisagée : an 975 avec un écart de 75 ans). Plus tard, en l’an 1200 avec un écart de 50 ans, on aurait doublé l’épaisseur des murs côté extérieur et aménagé le portail.

Le chevet est un autre corps de bâtiment susceptible d’être plus ancien que le XIIIe siècle. Par sa forme carrée, il s’apparente à d’autres chevets d’Aquitaine (Peyrusse-Grande, Bougneau, etc.) que nous estimons antérieurs à l’an mille.


Autre panneau intitulé : « Le coin des chercheurs. Les réponses

1 (Correspond à l'image 6). Sur le bénitier de la grande porte, vous pouvez voir deux lions. Souvent les chapiteaux aux lions sont placés à l’entrée du chœur pour signaler l’entrée dans le lieu sacré de l’église.

2 (Correspond à l'image 7). Les fonts baptismaux datent du XVIIe siècle puisque la date de 1687 y est gravée. Le socle cubique est peut-être une pierre à mesure. »


Nos remarques : Pour l'image 6. Jusqu’à présent, nous n’avions pas observé que les chapiteaux aux lions étaient placés à l’entrée du chœur. Mais l’hypothèse est non seulement plausible, mais aussi explicable par le fait que les lions représentent les puissances temporelles protectrices des moines garants du spirituel. En tout cas, le bénitier semble avoir été taillé dans un chapiteau plus ancien.

Pour l'image 7 : La question nous semble réglée pour les fonts baptismaux qui, à première vue, nous semblaient plus anciens que le XVIIe siècle. Il est cependant possible qu’ils aient remplacé d’autres fonts baptismaux situés à l’extérieur (image 8). Ceux-ci sont très endommagés sans doute volontairement.

En ce qui concerne la pierre rectangulaire, nous ne sommes pas certains que ce soit une pierre à mesure. Pour quelle raison une telle pierre à usage domestique serait-elle ornée d’une croix ?

Image 9. Il s’agit de la chapelle des Morts dédiée à Saint Jean l’Évangéliste dont il est dit : « ..., bâtiment carré faisant penser à un temple romain... » Plus qu’à un temple romain, cette chapelle nous fait penser à la Cubula de Palerme (sur ce site Internet) ou au porche de l’église Saint-Jean et Saint-Marc de Byblos, au Liban (voir la fin de la page de l’église Saint-Pierre-ès-Liens de Sagnat (Creuse).


Datation envisagée pour la tour-porche de l'église Saint-Julien-de-Brioude de Montrol-Sénard : an 975 avec un écart de 75 ans.