L’église Saint-Aquilin de Fontenay-en-Parisis 

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Nous n’avons pas visité cette église, c'est pourquoi les images de cette page ont été extraites de galeries d’Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église nous apprend ceci :

« C'est l'une des églises les plus imposantes de tout le pays de France, mesurant 42 m de long dans son axe, et atteignant 44 m au sommet de sa flèche. Le mur méridional du bas-côté-Sud provient encore d'un édifice précédent de la fin du XIe siècle, et la base et le premier étage du clocher du second quart du XIIe siècle sont également romans. La nef a été reconstruite peu de temps après au troisième quart du XIIe siècle. Ses grandes arcades non moulurées, mais néanmoins en tiers-point, paraissent encore assez archaïques, alors que la sculpture des chapiteaux appartient déjà au style gothique primitif. La charpente unique de la seconde moitié du XVIe siècle obstrue malheureusement toutes les fenêtres hautes sauf une. Le chœur à déambulatoire a été bâti par étapes successives entre 1200 et 1260 environ. Ses travées droites présentent des voûtes d’ogives sexpartites et une élévation sur trois niveaux, mais de simples baies remplacent le triforium.

Curieusement, les grandes arcades sont différentes au nord et au sud. L’abside à pans coupés ne comporte pas de parties droites, et est entourée d'un déambulatoire de seulement trois travées, sans chapelles rayonnantes : c'est dans son ensemble une disposition sans équivalent dans sa région. La Renaissance a seulement apporté un édicule au nord-ouest de l'église, prévu comme chapelle baptismale, et la reconstruction extérieure du déambulatoire et des fenêtres hautes de l'abside. »


Nos observations

Nous n’avons pas eu d’image concernant le mur méridional du bas-côté Sud permettant de justifier la phrase : « Le mur méridional du bas-côté-Sud provient encore d'un édifice précédent de la fin du XIe siècle,... ».

Il en est de même pour l’autre phrase : « Curieusement, les grandes arcades sont différentes au nord et au sud.». Si cette différence, qui n’apparaît qu‘au niveau du chœur sur le plan de l'image 3, est bien réelle pour l’ensemble du bâtiment (nef + chœur), cela signifierait qu’il y a eu deux campagnes bien distinctes et successives de travaux.

L’auteur du texte de Wikipédia place la construction de la nef au troisième quart du XIIe siècle (« La nef a été reconstruite peu de temps après au troisième quart du XIIe siècle. »). Nous pensons que le raisonnement de ce spécialiste a été le suivant : les arcades de la nef sont brisées. Donc la nef est gothique. On en déduit, sachant que le gothique commence avec la cathédrale de Noyon en 1145 (voir sur ce site la page de la cathédrale de Noyon), que les architectes de l’église Saint-Aquilin se sont inspirés de la construction de cette cathédrale pour construire leur propre église. Donc cette construction date du 3e quart du XIIe siècle.

Ce raisonnement est pour nous beaucoup trop simple, pour ne pas dire simpliste.

Pour nous, l’arc brisé n’est pas un élément caractéristique de la période gothique. L’arc brisé est sans doute apparu bien avant cette période, ... mais petitement, à travers certaines innovations (comme, par exemple, les arcs en plein cintre entrecroisés). C’est la croisée d’ogives qui serait caractéristique du gothique.

Il faut, par ailleurs, bien comprendre que, sur un territoire donné, à chaque période temporelle, un « style » est associé à cette période. Le « style » en question, c’est un ensemble de traits caractéristiques de la période : plans d’architecture, techniques architecturales, données artistiques (sculptures, fresques, vitraux, thèmes représentés, etc), convictions politiques ou religieuses.

Dans le cas présent, certains des traits caractéristiques des arts romans et gothiques n’apparaissent pas au niveau de la nef : absence de voûtement des vaisseaux (y compris des collatéraux), absence de sculptures (hormis celle des chapiteaux des colonnes, mais ces chapiteaux sont difficilement assimilables à une période donnée), absence de transept (il semblerait que la nef d’origine ait été partagée en deux, avec, côté Est, l’espace presbytéral).

Notons enfin une possibilité : à l’origine, les piliers de la nef ne portaient pas des arcs brisés mais des architraves (ou linteaux) en bois. Celles-ci auraient été remplacées ultérieurement par des arcs brisés (travail en sous-œuvre). Nous n’avons pas la possibilité de vérifier cela. Un indice cependant : l’unique fenêtre supérieure conservée (image 6) nous semble trop proche de l’horizontale passant par le sommet des arcs brisés alors qu’elle devrait être située nettement au-dessus.


Datation

La présence d’arcs brisés pose de nets problèmes d’évaluation de cette église. Nous pensons cependant, à cause de son aspect archaïque, qu’elle est nettement antérieure au 3e quart du XIIe siècle.

Datation envisagée pour l’église Saint-Aquilin de Fontenay-en-Parisis : an 1025 avec un écart de 100 ans.