La basilique Saint-Michel de Pozzoveggiani  

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Nous n'avons pas visité cette basilique, c'est pourquoi les images de cette page ont été collectées sur Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Une première église a été construite entre le VIe et le VIIe siècle, c’était une cellule simple, de petite taille et de forme cubique, et avait une orientation anormale avec la façade orientée à l’est et l’abside orientée à l’ouest. L’église a été agrandie au XIIe siècle avec un plan basilical à trois nefs et trois absides semi-circulaires et une façade en forme de cabane.

L’église se distingue par deux cycles de fresques, vestiges de la cellule primitive et de l’ancienne abside : le premier groupe date du Xe-XIe siècle et représente les apôtres placés entre les arcs d’une colonnade. Les figures présentent les caractéristiques typiques de la période carolingienne-ottonienne. Le deuxième groupe se trouve dans l’abside, où se trouve un Christ Pantocrator flanqué des symboles des évangélistes (tétramorphe) et d’une série de saints et d’apôtres, un pélican nourrissant ses petits. Ce groupe remonte aux XIIe-XIIIe siècles. Derrière l’autel se trouvent des fresques de chevaliers armés, un paon chassé par une figure mi-homme, mi-oiseau, une chouette, un symbole rarement représenté à l’intérieur des églises, car il fait référence au paganisme et au culte de la déesse Athéna, déesse de la sagesse (un exemple est présent dans l’église Notre-Dame de Dijon).
»


Commentaire du texte de Wikipédia

Nous avouons notre incompréhension vis-à-vis de ce texte. Apparemment, grâce aux photographies captées sur Internet, nous disposons d’une vue d’ensemble presque parfaite (il nous manque seulement des images de la façade Nord. Nous ne pensons pas que l’examen de cette façade nous apprendrait quelque chose de plus). Mais nous n’arrivons pas à détecter la petite chapelle préromane ainsi décrite : « Une première église a été construite entre le VIe et le VIIe siècle, c’était une cellule simple, de petite taille et de forme cubique, et avait une orientation anormale avec la façade orientée à l’est et l’abside orientée à l’ouest. ». De même, nous ne pouvons pas identifier les fresques datant du Xe-XIe siècle présentant « les caractéristiques typiques de la période carolingienne-ottonienne. », et qui n’appartiennent pas au groupe de l’abside ici représenté. Nous avons bien vu un groupe de fresques probablement situé sur le mur Nord mais nous l’estimons postérieur au groupe de l’abside et nous ne l’avons pas enregistré.

Nous pourrions donc penser que tout cela a été inventé et que la petite chapelle du VIe ou VIIe siècle n’existe pas. Mais le texte donne suffisamment de précisions telles que la position à l’Ouest d’une abside (non visible sur les images) pour justifier cette existence. Et il est possible que cette chapelle ait été découverte lors de fouilles aujourd’hui enterrées. En ce qui concerne la seconde phrase, « L’église a été agrandie au XIIe siècle avec un plan basilical à trois nefs et trois absides semi-circulaires et une façade en forme de cabane. », nous sommes plus critiques. Les historiens du Moyen-Âge on tendance à minimiser le Haut Moyen-Âge et maximiser le Bas Moyen-Âge. Certes, il y a eu des progrès entre ces deux périodes mais il ne faut pas exagérer les différences. Dans la pratique, cette tendance a conduit les historiens de l’art à théoriser de toutes petites églises préromanes et de grandes églises construites durant la période romane. En conséquence, pour ces historiens de l’art, les églises préromanes ne peuvent être qu’à nef unique, et les églises romanes à nef triple. Or, dans les études que nous avons faites, nous avons constaté presque le contraire. Les églises construites antérieurement à l’an mille sont dans leur très grande majorité à nef triple, même dans le cas d’églises de petites dimensions. Après l’an mille, on voit apparaître des églises de dimensions assez importantes, à nef unique (remarque 1 : la locution « an mille » doit être conçue avec une certaine souplesse : à 100 ou 200 ans près ; remarque 2 : la construction de nefs triples devait être motivée plus par la recherche de symboles ou par la conformité à des liturgies qu’à une recherche de rationalité de l’espace).

Nous pensons que contrairement à ce qui a été écrit dans le texte de Wikipédia, c’est la nef à trois vaisseaux qui a été construite en premier, probablement avant l’an mille. Plus tard, vers le XIIe siècle, les collatéraux ont été considérés comme inutiles et ils ont été supprimés.

Sur les images 3 et 4, on voit ce qui reste du mur séparant le vaisseau central du collatéral Sud. Ce mur gouttereau était porté par des colonnes cylindriques et des arcs en plein cintre.

On retrouve les mêmes colonnes et arcs en plein cintre, mais cette fois-ci côté intérieur (à droite sur les images 5 et 6).

La situation côté Nord est plus complexe. D’une part, nous n’avons pas d’image de la façade Nord côté extérieur. D’autre part, alors que le mur Sud, porteur du vaisseau central, avait conservé trois arcs semblables, on en voit qu’un semblable à ces derniers sur le mur Nord (arc de gauche sur l'image 5).

L'image 8 permet d’observer le fond de l’église. Un grand arc qui devait protéger une grande baie est visible sur ce mur du fond. Il est possible que cette grande baie permettait d’accéder à un corps de bâtiment aujourd’hui disparu : peut-être un ouvrage Ouest.

Image 9 : Abside de l’église. Nous avons déjà rencontré une image très proche de celle-ci. C’était à l'église Saint-Jacques de Kastelaz à Termeno dans le Trentin-Haut-Adige. On y trouve le même type de composition en trois parties. Dans le cul-de-four de l’abside, la représentation du Christ en Gloire entouré du Tétramorphe. Au-dessous de cette scène, un cortège de Saints. Et enfin, en dessous, une scène représentant des animaux extraordinaires. La similitude entre les deux compositions se manifeste aussi dans le rendu artistique. Les figures des deux parties supérieures sont hiératiques et diversement colorées. Celles de la partie inférieure sont animées et bichromes. La différence entre les deux parties supérieures et la partie i,nférieure est telle qu’on pourrait se demander si elles ont été faites en des périodes différentes. Mais il semblerait que ce ne soit pas le cas. Ces différences sont dues à des volontés délibérées. Probablement de représenter les zones célestes comme des endroits calmes et riches de couleurs et de variétés. Et inversement, les zones terrestres comme des endroits agités, dangereux et pauvres en couleurs et variétés.

À remarquer que les hybrides que l’on voit ici sont différents de ceux de l'église Saint-Jacques de Kastelaz. Ils sont aussi différents de ceux que l’on voit sur des monuments antiques. Nous ne pensons pas qu’ils représentent des symboles de religions païennes mais qu’ils sont des copies libres de monstres (par comparaison avec la situation actuelle : comment les extraterrestres sont-ils actuellement représentés ? Les modèles sont tous différents.). Inversement, pour une religion donnée, la représentation d’un animal hybride ayant valeur de symbole est fixe : exemple, le sphinx égyptien reconnaissable entre tous.


Datation envisagée pour la nef à trois vaisseaux de la basilique Saint-Michel de Pozzoveggiani : an 850 avec un écart de 150 ans.