La rotonde de la Madonna delle Monte à Bologne 

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Nous n'avons pas visité cette rotonde. Les images de cette page sont extraites de galeries d'Internet.

La page du site Internet romanico-emiliaromagna.com consacrée à cette église nous apprend ceci (extraits) :

« Histoire

Sur les collines autour de Bologne, au sommet de la colline de San Benedetto, pas loin de celle "dell'Osservanza," il y a la villa néoclassique du début du XIXe siècle commandée par Antonio Aldini et aujourd'hui dédiée au ministère napoléonien. La construction de la villa était le résultat du démantèlement partiel des bâtiments préexistants qui appartenaient au complexe religieux de la Madonna du Mont. En 1938, Guido Zucchini, qui avait étudié le complexe pendant des années à la recherche des traces des structures précédentes, a découvert des niches avec des fresques byzantines extraordinaires sous le mur de la salle à manger circulaire de la villa. Après les restaurations de l'édifice roman, en 1939, Zucchini publia une monographie détaillée de l'histoire et des œuvres du complexe. Selon Zucchini, la preuve de la fondation de la Rotonda peut être trouvée dans une chronique de 1465 écrit par Graziolo Accarisi, qui racontait la légende de Picciola Galluzzi. Picciola s’était retirée pour une vie d'ermite sur la colline de San Benedetto lorsqu’une colombe forma un grand cercle avec de gros morceaux de bois. Picciola, après avoir vu le prodige et avoir consulté les institutions religieuses de la ville, décida de construire un bâtiment circulaire dédié à la Vierge au même endroit de la colombe. Suivant cette tradition, le bâtiment est daté de 1116, plus ou moins à la même période des autres œuvres architecturales dans les collines environnantes, qui ont été fondées par des pieuses femmes bolognaises.


Notes artistiques et historiques

Quelle que soit la légende, la culture architecturale de la Rotonde est certainement celle du XIIe siècle, liée à d'autres bâtiments régionaux similaires, comme par exemple la Rotonda di Sacerno et Santa Maria di Calamosco. En 1973, les études de Nikolajevic et de Bergonzoni ont souligné son importance et son rôle spécifique dans le panorama de l'architecture romane régionale. Elle a été construite entièrement en briques, avec un diamètre de 10 mètres. Le bâtiment actuel est le résultat d’une grande restauration, commencée par Zucchini dans les années 1930. Parmi les caractéristiques les plus intéressantes de l'édifice, il y a l’architecture et les fresques romanes.
»


Notre analyse

Il faut tout d’abord remarquer le manque d’informations concernant l’histoire de cette église. Ce n’est certainement pas la faute de Guido Zucchini qui a probablement passé beaucoup de temps à faire des recherches pour essayer de découvrir son passé. Mais voilà ! La documentation en archives est déconcertante. Dans certaines situations, elle peut être abondante (mais on ne trouve pas toujours ce que l’on cherche). Dans d’autres situations identiques, elle peut être inexistante.

Revenons cependant à la phrase, « Selon Zucchini, la preuve de la fondation de la Rotonde peut être trouvée dans une chronique de 1465 écrit par Graziolo Accarisi, qui racontait la légende de Picciola Galluzzi. » . L’auteur nous parle du document de 1465 comme faisant office de preuve alors que dans la même phrase, il est question d’une légende. Depuis quand une légende fait-elle office de preuve ? Nous avons plutôt l’habitude de traduire la phrase « C’est une légende » par « C’est complètement faux ». Et dans le cas présent, on a des raisons de le penser. En 1465, on nous parle d’une dame appelée Picciola Galluzzi, qui, à la suite, d’une vision, a décidé de faire construire une rotonde. On ne sait pas à quelle époque vivait cette dame. Mais plus loin on apprend que « Suivant cette tradition, le bâtiment est daté de 1116 ». Cette date de 1116 est-elle inscrite dans le document de 1465 ? Et, en admettant que ce soit le cas, comment le chroniqueur de 1465 a-t-il eu connaissance de la construction effectuée 350 ans auparavant? Le principe du « bouche à oreille » ? Nous estimons que dans une transmission orale, la vérité est très rapidement déformée. En attente de preuves plus irréfutables qui nous convaincraient d’une construction effectuée en 1116, nous pensons que cette date de 1116 est arbitraire. Est-elle vraiment arbitraire ? Ne serait-elle pas issue du raisonnement suivant ?; Cette église est très ancienne. Existait-elle avant le tremblement de terre de 1117 ? Pile ? Ou face ? C’est pile ! Donc elle existait avant le tremblement de terre de 1117 ! Mais avant 1117, il y avait 1116 ! Donc elle a été construite en 1116 !


Plus concrètement

Dans le livre Vénétie Romane de la collection Zodiaque, Madame Gianna Suitner Nicolini effectue des comparaisons entre cette église et l’abside de Sainte-Sophie de Padoue. Bien qu’elle date Sainte-Sophie du XIe siècle, les éléments de comparaison entre ces deux églises sont importants. Après avoir observé les traces de nombreuses campagnes de travaux sur Sainte-Sophie, nous estimons que cette église est nettement plus ancienne que le XIe siècle, et, par suite, la rotonde de Maddona delle Monte est aussi nettement plus ancienne que le XIe siècle. Ajoutons à cela que la coupole n’a pas de clef sommitale (image 6), ce qui signifie que la conception de cette coupole est la même que celle du Panthéon de Rome. Elle pourrait donc être contemporaine (à quelques siècles près mais certainement pas au millénaire près) de ce monument.

Nous tenons cependant à mettre un bémol sur ce raisonnement. On observe en effet que l’extérieur du bâtiment (images 2 et 3, la face extérieure visible sur l'image 3 étant à l’intérieur de la villa Aldini) est décoré d’arcatures lombardes de première génération. Nous datons ce décor (qui n’est peut-être pas seulement un décor mais une innovation architecturale) des environs de l’an mille. Cependant, nous ne pensons pas que cela puisse faire remonter la datation de l’édifice. La pose d’arcatures peut être tardive, effectuée sur un édifice préexistant. De plus le texte nous dit ceci : « Le bâtiment actuel est le résultat d’une grande restauration, commencée par Zucchini dans les années 1930. ». Il est possible que le beau décor d’arcatures lombardes soit le résultat de cette restauration.

Les fresques situées dans les niches semblent dater du XIIe siècle (image 5).


Datation envisagée pour la rotonde de la Madonna delle Monte à Bologne : an 450 avec un écart de 150 ans.