Le site archéologique d’Assuras  

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Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter ce site archéologique durant le voyage effectué en Tunisie en Avril 2025, raison pour laquelle les images de cette page sont extraites de galeries d’Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site archéologique nous apprend ceci (extraits) :

« Localisation : Le site d'Assuras se trouve de nos jours en pleine campagne, au lieu-dit Zanfour, qui domine l'oued Zanfour, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau au sud du Sers, dans le gouvernorat du Kef. La ville se trouvait sur la rive gauche de l'oued, “ à l'endroit où cet oued sort des montagnes pour se répandre et se perdre dans la plaine du Sers ”.

Toponymie : Selon Charles-Joseph Tissot, le nom d'Assuras viendrait du mot punique hatsor (“ enceinte, lieu entouré ”), mais cela reste une simple hypothèse, d'autant qu'il n'y a pas de preuve d'une occupation punique du site.

La forme Assuras se trouve sur l’Itinéraire d’Antonin, tandis que la table de Peutinger mentionne Assures. Il est possible que l'Opp. Azuritanum qu'on trouve chez Pline l’Ancien soit à identifier avec Assuras. Il en est de même d'Assouros chez le géographe Ptolémée.

Histoire : Assuras, qui faisait partie du royaume numide, entre sous la domination romaine après la bataille de Thapsus, en 46 av.J.-C. La ville est une colonia Iulia, comme l'atteste une inscription trouvée près de l'un des arcs subsistants. Assuras était prospère sous les Antonins et les Sévères, comme le montrent les inscriptions et la qualité des monuments de cette époque (portes de ville).

Diocèse puis siège titulaire : Assuras a été, au moins dès le IIIe siècle, le siège d'un diocèse, suffragant de l’archidiocèse de Carthage. On connaît le nom de sept de ses évêques entre le milieu du IIIe et la fin du Ve siècle. Le premier mentionné est Fortunatianus, qui fut déposé à la suite de son apostasie pendant la persécution de Dèce (250-251). Son successeur, Épictète (Epictetus), mort en martyr avant 256, a été canonisé. [...]

Le diocèse d'Assuras est mentionné plusieurs fois par saint Augustin. Le diocèse existait encore au début du VIIIe siècle. En 1743, Assuras devient un siège titulaire.

Ruines d’Assuras :
[...] On peut discerner les traces de l'enceinte, qui n'est pas très puissante, et de deux ponts sur l'oued Zanfour, l'un en pierres de taille, l'autre en moellons et briques.

Plusieurs monuments ont laissé des vestiges visibles en élévation, notamment : trois arcs correspondant à des portes de ville, qui datent de la fin des Antonins et de l'époque des Sévères, deux mausolées qui peuvent être datés de l'époque augustéenne, la
cella d’un temple, le théâtre, adossé à l'enceinte de la cité, près de la porte nord, un second théâtre, plus petit, situé au sud. [...] »


Commentaires divers

– Les mots « punique » , dans la phrase « il n'y a pas de preuve d'une occupation punique du site », et « numide » dans la phrase « Assuras, qui faisait partie du royaume numide, entre sous la domination romaine », peuvent, par leur ressemblance phonétique, être sources de confusion. Les peuples puniques descendaient des phéniciens qui avaient fondé des comptoirs maritimes dont le plus célèbre est Carthage. Les numides quant à eux étaient plutôt cantonnés à l’intérieur des terres. Les deux peuples ont été souvent en conflit. Il est donc possible que la cité d’Assuras ait été avant l’occupation romaine, une ville numide, et jamais punique.

– Ce texte nous révèle la présence de deux évêques à Assuras, au milieu du IIIe siècle. Cette information, apparemment anodine, nous fait comprendre qu’il y avait, avant les persécutions de Dèce, une communauté chrétienne déjà bien structurée (et que Dèce s’efforçait de déstructurer par l’apostasie ou le martyre des chrétiens). Cette organisation d’une communauté chrétienne à Assuras (mais aussi probablement dans la plupart des villes de l’empire romain) s’était sans doute développée longtemps avant ces persécutions. Cela remet un peu en question l’image d’Épinal du chrétien isolé, non violent, refusant de renier sa foi, et jeté en pâture aux fauves. Non que cela n’ait pas existé aux tous débuts du christianisme. Mais nous pensons qu’en l’an 250, le christianisme devait être une institution ayant certaines capacités de se défendre. Un peu comme les syndicats d’aujourd’hui qui peuvent grâce à des grèves ou des manifestations montrer leur puissance. Ce qui n’empêche pas qu’ils puissent subir des persécutions lorsqu’un tyran prend le pouvoir et s’efforce de les mater. Les exemples sont nombreux … et parfois très récents.

– Les informations dont nous disposons sont trop parcellaires. Donnons ici des exemples. On nous parle d’évêques ayant résidé dans cette ville. Il devait donc y avoir des églises. Mais on n'observe rien de tel.  Inversement, on nous parle d’un théâtre et peut-être même de deux théâtres. Il devrait donc y avoir des auteurs, des comédiens, et aussi,… des spectateurs. Mais, là encore, on ne sait rien d’eux : pas de fresques ou de mosaïques comme on le voit dans d’autres villes.


Datation envisagée pour le site archéologique d’Assuras

D’après les informations dont nous disposons, le site a été occupé durant la première moitié du premier millénaire. Au cours du second millénaire, il y aurait eu une lente décroissance et une disparition au cours du VIIe siècle. Cette disparition est-elle due à la conquête arabe ? Il nous semble que c’est un peu tôt pour l'affirmer.