Édifices d'Afrique du Nord susceptibles de dater du Premier Millénaire
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interzactive d'Afrique du Nord
Après les cartes et liens d'accès aux monuments
d'Afrique du Nord concernés par notre étude, nous
commencerons cette page par un paragraphe d'Introduction à cette
étude.
Texte initial écrit en 2016
Ami lecteur, vous seriez tenté de dire qu’il n’existe
pas en Afrique du Nord d’édifice daté du premier
millénaire et qu’il n’y a pas lieu de rédiger un seul
article là-dessus.
À cela nous pourrons vous répondre que les romains s’y
sont installés au début du premier millénaire et qu’il
subsiste de nombreux restes de leur passage. À titre
d’exemple, citons Volubilis, au Maroc, Constantine, en
Algérie, Carthage, en Tunisie, Leptis Magna et Sabratha
en Libye. Et que, par ailleurs, les arabes ont occupé
cette région à partir du VIIIesiècle. Ils y
ont élevé des monuments tels que la mosquée de Kairouan,
en Tunisie, et ce, antérieurement à l’an 1000.
Vous objecterez alors que le site n’a pas été construit
dans le but de décrire des monuments romains ou arabes
mais des monuments chrétiens.
Cela est vrai. Mais d’une part, et ce site le montre, il
existe une continuité entre l’architecture romaine et
l’architecture de l’antiquité tardive : les premières
grandes églises chrétiennes étaient des basiliques. Ces
basiliques étaient des monuments civils que, à la suite
de Constantin, les empereurs ont affectés au culte
chrétien. Par ailleurs certaines représentations
romaines ont été reproduites par les chrétiens : par
exemple l’image des « oiseaux au canthare » que l’on
voit sur des mosaïques romaines et aussi sur des
sépultures chrétiennes. Notons enfin que, à partir du IIesiècle,
période dite d’apogée de l’empire romain, le
christianisme s’est fortement développé dans tout
l’empire et, plus particulièrement, en Afrique du Nord.
Et il est à parier que de nombreuses villas romaines des
IIIe ou IVe siècles ont eu pour
propriétaires des chrétiens.
Il faut cependant constater l’existence d’un énorme « trou » dans la documentation, entre, d’une part, les romains, et d’autre part, les arabes (ou plutôt les musulmans). Il semblerait que, entre le IVe - Ve siècle et le XIesiècle, il n’y ait eu, à de rares exceptions près (églises coptes en Égypte, mosquée de Kairouan en Tunisie), aucune construction nouvelle. C’est du moins ce que laisse penser la lecture des livres ou guides touristiques.
Cela a de quoi surprendre. En effet, d’une part la civilisation romaine était très implantée en Afrique jusqu’aux invasions Vandales dans la première moitié du Ve siècle. Ceux-ci ont certes été, au début, de féroces pillards mais ils n’ont pas tout détruit et ont essayé de se maintenir pendant un siècle en constituant un royaume. Quant aux arabes, qui ont conquis l’Espagne au début du VIIIe siècle, ils devaient avoir de solides bases arrières pour lancer de telles opérations et ces bases arrières ne pouvaient se situer que dans le Maghreb. Par ailleurs, une fois l’Espagne conquise, ils y ont constitué une brillante civilisation dont les effets ont dû se ressentir dans le Maghreb.
On est donc en face d’un vrai problème : en toute logique, le développement de l’Afrique du nord ne s'est pas brusquement arrêté en l’an 500 et la civilisation arabo-musulmane ne s’est pas brusquement épanouie dès l’an 1100. Il a dû y avoir des constructions entre ces deux dates.
Ce problème n’admet que deux solutions.
• Soit il existe encore dans les pays d’Afrique du Nord des bâtiments construits durant le premier millénaire. En comparaison avec ce qui s’est, semble-t-il, passé en Europe, ce seraient des bâtiments que l’on n’a pas cherchés ou que l’on attribue à des époques différentes.
• Soit il n’y aurait pas eu réellement construction de bâtiments nouveaux, et, au contraire, destruction des anciens bâtiments. En conséquence, il faudrait envisager la succession d’événements graves, comme par exemple des dérèglements climatiques ayant engendré une importante désertification.
Norbert Breton
Ajout du 1 Décembre 2025
Le texte initial ci-dessus a donc été écrit il y a neuf ans et depuis, notre site a beaucoup progressé. Pourtant, nous sommes persuadés de n’avoir rien à changer sur son contenu et en particulier sur les questions finales. Cependant, les études et éventuelles découvertes que nous avons faites en Europe nous ont amenés à des modifications de points de vue. D’abord en confirmant certaines de nos hypothèses au-delà même de ce que nous avions envisagé initialement : ainsi le nombre de monuments estimés antérieurs à l’an mille est nettement plus important que prévu, avec des faisceaux d’indices plus concluants. Ensuite en réorientant les recherches. Lorsque nous avons démarré l’écriture de ce site, nous avons d’emblée exclu l’étude de certains monuments ou thématiques, soit parce que nous pensions que cette étude pouvait être considérée comme close (exemple : civilisation romaine), soit parce qu’elle était sans rapport avec l’étude des monuments chrétiens que nous envisagions de faire (exemple : civilisation arabo-musulmane).
L’étude que nous entreprenons sur l’Afrique du Nord va tenir compte de ces évolutions. Comme auparavant, il y aura un examen des monuments choisis : plus d’une centaine (il y en a en fait beaucoup d’autres tels que théâtres, amphithéâtres, arcs de triomphe, qui ne seront que cités). Parallèlement à cette étude, nous examinerons les représentations iconographiques, signes de croyances religieuses. Puis nous essaierons d’établir une chronologie de l’évolution de ces croyances.
La Tunisie étant, des cinq pays d’Afrique du Nord, le plus riche en monuments romains, elle est devenue notre destination prioritaire. Nous avons essayé de la visiter il y a six ans. Mais pour des raisons de santé, le projet n’a pu aboutir. Nous avons récidivé, cette fois-ci avec succès, en avril 2025. Grâce à l’agence locale de voyages Hey, nous avons pu être assistés dans notre découverte des sites archéologiques tunisiens par notre guide Jamel Laouini, excellent connaisseur du passé tunisien. Il nous a par la suite aidés dans notre recherche d’une documentation plus complète.