Temple de Minerve et musée de Théveste à Tébessa 

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La page du site Internet Wikipédia décrivant le site archéologique de Tébessa nous apprend ceci :

« Histoire

Le site est habité depuis longtemps, ainsi que l'attestent les objets de l'époque paléolithique et néolithique retrouvés lors des fouilles. Les Phéniciens y construisent une première cité, Hecatomphyle. Les Grecs de l'Antiquité appellent l'agglomération Théveste ou “Hekatompyle”.
[...]

Vers 880-820 avant notre ère, les Carthaginois s'installent dans la région, distante de six jours de Carthage, mais la ville de Théveste reste une grande ville berbère et ne tombe que vers 247 av. J.-C., où elle sera prise et occupée par Hannon le Grand, général et stratège carthaginois. De 174 à 150 av. J.-C., Massinissa dirige le grand centre agricole de Théveste. Après la soumission de Jugurtha en 105, de 104 av. J.-C à 435, la région est sous domination romaine. Cette région constituait la limite méridionale du territoire d'une fraction des Musulames.

Dans l’Antiquité classique, la ville romaine de Théveste sert de lieu de garnison pour la 3e légion Augusta en 75 av. J.-C. À l'époque de Trajan, la ville compte 30 000 habitants[ . Au IIe siècle, elle est colonie de Septime Sévère, et huit grandes routes y aboutissent. Elle devient alors le centre la romanisation de l’Algérie méridionale (Khenchela, Timgad, Lambèse). Elle est alors à son apogée, la deuxième ville après Carthage, et compte sous Hadrien (117-138) 50 000 habitants. Septime Sévère (193-211) l’érige en colonie et accorde la citoyenneté romaine à tous ses habitants.

En 213, l’Arc de triomphe de Caracalla est construit, en l'honneur de Septime Sévère, père de l'Empereur Caracalla. Puis la basilique chrétienne est construite, la ville devient le siège d'un évêché, ensuite le schisme donatiste se répand.

Au Ve siècle, les Vandales s'en emparent et la pillent, mais sans la détruire. En 496, des tribus berbères envahissent la région, sous la conduite de Jaldas, la ville est pillée et ruinée, puis reprise par le roi vandale Thrasamund. Son déclin commence à cette période. En 530, le gouverneur byzantin Solomon reprend tout le pays. La région de Théveste devient une province byzantine. La ville est restaurée et les remparts byzantins sont construits en l'an 535. Car les Berbères de la région s'étaient rebellés, conduits par le chef Antalas.

Théveste devient une ville islamique, à la suite de la conquête musulmane du Maghreb. Elle prend la forme arabisée de Tébessa et se maintient dans les limites de l'enceinte byzantine. Mais sa région semble être restée à l'écart des grands épisodes de la conquête arabe. En dehors de la mention, assez épisodique de Tébessa, comme madîna, par les géographes arabes des IXe et XIIIe siècles. Sous le règne du Hafside Abu Bakr, la ville était aux mains d’un cheikh local, Muhammad ben Abdun. [...] »


Le temple de Minerve (images de 1 à 6)

Il se trouve à l’intérieur de l’enceinte byzantine. L’édifice en lui-même est une véritable œuvre d’art qui devrait être examinée dans le détail. Examinons seulement sa partie supérieure (images 4, 5 et 6). Au-dessus des chapiteaux, dont certains sont engagés, on peut voir deux rangées de corniches superposées. La corniche inférieure est formée d’une alternance de gros blocs carrés reposant directement sur les chapiteaux et d’architraves rectangulaires reposant partiellement sur deux chapiteaux consécutifs. Une tête de taureau est gravée sur les blocs carrés. Un aigle aux ailes déployées occupe le centre de chaque architrave ; il domine deux serpents symétriques entrelacés avec des rinceaux de lierre (image 4).

On retrouve la même disposition en alternance de blocs carrés et rectangulaires dans la corniche supérieure. Le décor est quant à lui un peu différent : pour les blocs rectangulaires, des guirlandes (image 4) ou des cornes d’abondance (images 5 et 6) ; pour les blocs carrés, des statuettes de fécondité (image 6). Il nous semble déceler une part de symbolisme dans ces représentations sculptées (mais nous pouvons nous tromper). Dans la corniche inférieure, l’aigle impérial traduirait la puissance romaine permettant de maîtriser les forces du mal. Cet interventionnisme romain, par la paix qu’il apporte, permettrait l’enrichissement de tous (corniche supérieure).


Les œuvres déposées à l’intérieur du temple de Minerve

Image 7. Stèle votive. On retrouve la représentation d’un homme portant une grappe de raisin.

Image 10. Autre stèle votive. La figure féminine représente probablement la célébrante du sacrifice. Dans le registre inférieur, une bête soumise au sacrifice.

Image 11. Mosaïque aux animaux. Nous ne disposons pas d’une explication sur le thème ici exposé. Notre hypothèse : un armateur aurait offert pour les jeux du cirque des animaux. On distingue, de face, un taureau ; à l’envers, un taureau, une autruche, une antilope, un sanglier. Nous ignorons ce qui signifient les chiffres (nombre des animaux ? valeur de chacun ?), ainsi que la signification exacte de CVRIS (latin curo = soigner, se soucier de, administrer, rendre un culte à, vénérer, …).

Images 12 et 13. Mosaïque aux Néréides chevauchant des monstres marins. La mosaïque est très endommagée. On compte actuellement 6 Néréides mais il devait y en avoir plus à l’origine.


Image 16 : Nous avons ici plusieurs pierres. Celle du dessous est décorée d ‘un chrisme ainsi que d’inscriptions difficiles à déchiffrer. La pierre du dessus où l’on distingue trois cupules pourrait être plus intéressante : autel portatif ?

Image 17 : Stèle votive probablement dédiée au dieu Saturne (son nom est inscrit au-dessous). Le dieu est représenté en haut et à droite sur un trône encadré par deux béliers. À ses côtés, son épouse. En fait,la mythologie grecque ne semble pas donner d’épouse à Saturne. Par contre, le Saturne africain serait le successeur du dieu phénicien Ba’al Hammon qui avait pour épouse la déesse Tanit. Dans le registre inférieur, une tête de lion encadrée par les personnifications du Soleil et de la Lune.

Image 18 : Statuette de déesse-mère.

Image 19 : Stèle votive en quatre registres. Dans le registre supérieur, le dieu et la déesse représentés assis. En dessous, une chevauchée. En dessous encore, une cérémonie de consécration avec le célébrant et son épouse autour de l’autel. Dans le registre inférieur, l’animal du sacrifice.

Image 20 : Masque grimaçant.

Image 21 : Tête romaine en marbre.

Image 22 : Tête féminine.

Image 23 : Biberon.

Image 24 : Lampe à huile. Représentation probable de deux personnages jouant à un jeu de dés.


Datation envisagée

Pour le Temple de Minerve à Tébessa : an 175 avec un écart de 50 ans.

Pour les collections du musée du Temple de Minerve : an 175 avec un écart de 125 ans.