L’abbatiale de Beromünster  

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Cette abbatiale a fait l’objet d’une notice brève écrite par Claude Lapaire dans le livre Suisse Romane de la collection Zodiaque. En voici un extrait :

« L’abbatiale, fondée au XIe siècle pour recevoir les tombeaux des comtes de Lenzburg, est aujourd’hui entièrement baroquisée. Pourtant, sous les stucs du XVIIIe siècle, l’église édifiée vers 1030 est conservée intacte. On reconnaît sans peine la nef à trois vaisseaux, le transept peu saillant. Et le chevet à trois absides en hémicycle. Le chœur est situé au-dessus d’une des cryptes romanes les plus intéressantes de la Suisse. [...]

Récemment, on découvrit à l’Ouest du parvis de l’abbatiale, les fondations d’une église cruciforme remontant au XIe siècle. Elle semble avoir eu l’aspect que conserve encore aujourd’hui la petite chapelle de Saint-Mangen à Saint-Gall.

Le trésor de Beromünster, bien diminué par les prélèvements de la Révolution, est l’un des plus impressionants du pays, par la richesse et la qualité des œuvres qu’il contient. Le reliquaire d’or de Warnbert (fin du VIIe siècle), le diptyque en ivoire avec les apôtres Pierre et Paul (VIIIe siècle) et d’admirables tissus orientaux et romans (dont un merveilleusx fragment représentant Saint Paul, découvert il y a quelques mois) voisinent avec des ivoires, des manuscrits et des oeuvres d’orfèvrerire gothique.
»

D'autre part, la page du site Internet orgues-et-vitraux.ch décrivant cette église nous apprend ceci :

« Beromünster doit sa célébrité quasi européenne à son trésor. Il témoigne de la longue et exceptionnelle tradition du Chapitre, ceci de la fin du Moyen-Âge à la période baroque. Cette collection surveillée (mais visitable sur demande) est l'une des plus riches en Suisse et en Europe. On y voit notamment un reliquaire mérovingien de Warnebertus (une oeuvre de Soissons datant probablement du VIIe siècle), un diptyque des apôtres Pierre et Paul en ivoire rehaussé. Parmi les chefs-d’œuvre d'orfèvrerie de la fin du Moyen-Âge, on signale une reliure somptueuse d'un évangéliaire du début du XIVe siècle (verso en argent avec émaux de couleur, incrustations de pierres rares, œuvre probablement due à un maître de la région de Constance). »


Nos observations

Au cours de nos recherches, nous avons remarqué l’existence de basiliques sépulcrales, églises contenant un grand nombre de sarcophages soigneusement rangés, probablement antérieures au VIIIe siècle. Et l’absence de telles églises au cours des périodes ultérieures. Nous en avons déduit qu’il y avait eu un véritable engouement de la part de chaque laïc pour être enterré dans une église, suivi d’un coup d’arrêt, sans doute dû à l’interdiction, suite à des conciles diocésains, d’enterrer dans des églises. Nous n’avons pas eu l’occasion de vérifier les compte-rendus des décisions de tels conciles. Aussi cette idée est restée à l’état d’hypothèse. Cependant, toujours au cours de nos recherches, nous avons constaté que des laïcs avaient pu être enterrés dans des églises. Les exemples les plus connus sont ceux des rois de France enterrés dans l’abbatiale de Saint-Denis, et des rois d’Angleterre, dans celle de Fontevrault, les deux abbayes de Saint-Denis et de Fontevrault étant dites « royales ». D’où l’idée selon laquelle les princes auraient contourné l’interdiction des évêques d’enterrement dans des églises diocésaines en créant leurs propres abbayes dans lesquelles les abbatiales auraient accueilli leurs tombeaux. Là encore, ce n’est qu’une idée, mais le texte ci-dessus (« L’abbatiale, fondée au XIe siècle pour recevoir les tombeaux des comtes de Lenzburg,... ») apporte du crédit à cette idée.

Concernant l’édifice en lui-même, nous n’avons pas grand-chose à dire. Si ce n’est que le texte ci-dessus confirme l’idée selon laquelle de nombreux édifices baroques cachent des structures beaucoup plus anciennes. Cependant, dans le cas présent, le décor baroque est trop important et il nous est impossible de proposer un modèle initial. Un exemple : les colonnes en marbre rouge visibles sur l'image 4 ont été probablement installées durant la période baroque en remplacement d’un support initial. Mais quel était ce support ? Colonne ? Pilier ? Monolithe ?

Nous n’avons malheureusement qu’une image du trésor antérieur à l’an mille : le diptyque en ivoire datant probablement du VIIe siècle (image 6).


Datation envisagée pour l'abbatiale de Beromünster : an 800 avec un écart de 250 ans.