L’église San Biagio de Bellinzona
Cette église a fait l’objet d’une notice
brève écrite par Virgilio Gilardoni dans le livre Suisse
Romane de la collection Zodiaque.
En voici un extrait :
« On
n’a pas encore déterminé avec certitude si cette église
fut l’ancienne église paroissiale de Bellinzona ; au XIIIe
siècle, elle se trouvait dans l’enceinte de Castel
Vecchio, où s’élevait également le palais de l’évêque de
Côme. Malheureusement, les fouilles qui viennent d’être
terminées dans ce château n’ont pas été conduites de façon
à résoudre ces problèmes. En tout cas, San Biagio, qui au
XIIIe siècle, semble avoir été une sorte de
dépendance du monastère de Disentis, garde en son sous-sol
les fondations de deux églises antécédentes. La plus
ancienne remonte au Ve - VIe
siècle. C’est à présent une basilique à trois vaisseaux,
sans transept, couverte en charpente ; chœur et façade ont
été renouvelés et agrandis au XIIIe- XIVesiècle.
Très belle surtout à l’intérieur par les grands arcs de
ses trois travées, reposant sur des pilastres cruciformes
en appareil bichrome (lits de pierre alternant avec des
lits de brique). [...] »
Par ailleurs, la page du site Internet Wikipédia décrivant
cette église nous apprend ceci :
«
Histoire
L'église, mentionnée pour la première fois dans des
documents historiques datant de 1237, fut construite pour
remplacer un ancien édifice religieux. Vers 1360, une
série de fresques furent peintes sur la façade – dont un
gigantesque Saint Christophe et, dans la lunette, une
Madone avec saint Pierre et saint Blaise – attribuées au
dit Maître de San Biagio.
Le clocher fut reconstruit au XVesiècle.
Remaniée au fil des siècles, l'église retrouva son aspect
médiéval grâce à plusieurs rénovations réalisées entre
1912 et 1914.
Description
L'église
présente un plan à trois nefs, surmontées d'un plafond à
poutres apparentes. Chaque nef se termine par une abside
rectangulaire. Le chœur et les chapelles latérales sont
surmontés d'une voûte d'arêtes.
L'intérieur est décoré de nombreuses fresques du XIVe
siècle, de l'école lombarde-siennoise, et du XVe
siècle.
L'église conserve également un bénitier en granit datant
des XVIe et XVIIe siècles.
»
Notre analyse de
l’architecture de l’édifice
Avant de faire cette analyse, nous devons rappeler le
principe que nous nous efforçons d’appliquer : nous datons
un édifice à partir de son premier plan de construction, un
plan qui doit correspondre à celui de fondation des murs.
Ainsi, si une église a été construite au XIIe
siècle et voûtée au XVe siècle, nous datons
l’église du XIIe siècle et non du XVe
siècle, même si les voûtes constituent le principal élément
décoratif de l’église. Dans le cas présent, on nous dit que
l’église « garde
en son sous-sol les fondations de deux églises
antécédentes ». Si l’église actuelle se superpose
exactement aux fondations de l’une des deux églises
identifiées, alors c’est cette église qui déterminera la
datation de l’édifice actuel.
Aucun des deux textes ci-dessus ne propose de datation de
l’édifice actuel. Les divers éléments caractéristiques sont
les suivants : nef charpentée, absence de transept, absence
d’ouvrage Ouest, chevet plat (image
5). Ces éléments ne sont pas caractéristique d’une
église romane, du XIe ou XIIe siècle,
mais d’une église bien antérieure à cette période. Il faut
bien comprendre que si, au XIIe siècle, on
demandait à un architecte de construire une nouvelle église,
il s’employait à construire une église selon la mode du XIIe
siècle. C’est-à-dire une église avec un transept, un chevet
à absidioles, un ouvrage Ouest, une nef voûtée. Si sa
mission était de reprendre ou de restaurer une église
ancienne, il ne se sentait pas obligé de s’adapter aux
conditions nouvelles. Il pouvait par exemple éviter de
construire un transept ou un Ouvrage Ouest.
Nous pensons dans la cas présent, que l’église est ancienne
mais l’intérieur a été refait. En particulier, nous pensons
que le décor polychrome des arcs et piliers est le résultat
d’une restauration qui aurait eu lieu en fin de période
romane (an 1200 avec un écart de 50 ans).
Datation
envisagée pour l'église San Biagio de Bellinzona :
an 850 avec un écart de 150 ans.