L’église Santa Maria Assunta de Chiggiogna 

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Cette église a fait l’objet d’une notice brève écrite par Virgilio Gilardoni dans le livre Suisse Romane de la collection Zodiaque. En voici le contenu :
« L’église romane du XIIe siècle doit être fondée sur un sanctuaire plus ancien. Elle a été remaniée et agrandie à plusieurs époques, mais on discerne encore la partie originale dans la façade actuelle. Svelte clocher roman à six étages. »

Nous n’avons pas trouvé d’autres informations sur cette église. Il est très difficile de la dater car elle a été profondément remaniée au cours du temps. Nous pensons cependant que son origine est plus ancienne que le XIe ou le XIIe siècle, dates que nous estimons pour la façade Sud de la nef, décorée d’arcatures lombardes (image 3) et pour le clocher roman, lui aussi décoré d’arcatures lombardes (image 4). Le reste de l’édifice nous semble plus récent. Il en est ainsi du chevet plat percé de quatre fenêtres (images 2 et 6). Nous ne savons pas si le chapiteau de la colonne séparant en deux parties l’entrée du sanctuaire (image 7) est relativement récent (XVe siècle) ou récupéré sur un édifice plus ancien. L’intérieur de la nef (image 5) ne présente pas d’élément caractéristique d’architecture romane ou gothique et la fresque qui le décore (image 8) est difficilement lisible.

Image 9 : C’est principalement cette image qui explique notre choix d’étudier cet édifice. Cette représentation sculptée ne date pourtant pas du premier millénaire. Datant du XVIe ou du XVIIe siècle, elle est bien ancrée dans le second. Mais, dans le cas présent, ce n’est pas la date qui est importante mais le symbolisme attaché à la représentation. La Pentecôte en est le thème. La Vierge Marie préside la scène face aux apôtres. Une langue de feu descend sur la tête de chacun. Certains prient, d’autres prêchent. Selon nous, cette représentation sculptée de groupes de personnages, rare pour l’époque (les « Mises au Tombeau » sont beaucoup plus fréquentes), est faite pour montrer que la Sainte Vierge est la responsable du groupe d’apôtres. Ce n’est pas Saint Pierre ! Il nous semble que nous touchons là quelque chose d’important. Il y a eu au cours des siècles des querelles de pouvoir entre les princes et l’Église Chrétienne (exemple : les luttes du Sacerdoce et de l’Empire) mais il y a eu très probablement aussi des luttes de pouvoir tout aussi importantes à l’intérieur même de l’église : entre évêques (diminution du nombre de diocèses), entre les évêques et l’évêque de Rome (séparation entre catholiques et orthodoxes).

Dans le cas présent, le vocable de l’église à Notre-Dame de l’Assomption serait là pour rappeler que lors de son Assomption, la Vierge Marie a confié à l’ensemble des apôtres (et non au seul Saint Pierre) le soin d’évangéliser puis de diriger l’ensemble des fidèles.

En conséquence, nous pensons que cette église devait être à l’origine au moins une piève italienne (responsable d’un groupe d’églises) et peut-être même une cathédrale, c’est-à-dire une église où est installé le siège (la cathèdre) de l’évêque du lieu.


Datation envisagée pour l'église Santa Maria Assunta de Chiggiogna : an 1050 avec un écart de 50 ans.

Remarque : Cette datation est estimée à partir des éléments dont nous disposons mais l’église est probablement beaucoup plus ancienne.