L’église Saint-Martin de Cormeilles-en-Vexin
Nous n’avons pas visité cette église.
Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Le village est cité pour la première fois dans un diplôme
de Charles II le Chauve de 843, mais il est incertain si
une église existe déjà à cette époque. La première preuve
de son existence est un accord passé en 1071 entre
Guillaume Ier, abbé de Saint-Denis, et Jean
d’Ivry, archevêque de Rouen, qui cède au premier les
revenus de l’autel. Depuis lors et sous tout l’Ancien
Régime, l'abbé de Saint-Denis présente à la cure de
Cormeilles-en-Vexin. Il n'existe plus de documents
d'archives renseignant sur la construction de l'église et
son évolution au fil des siècles. L'on peut toutefois
distinguer aisément trois principales campagnes de
construction. La première porte sur la nef, les bas-côtés,
le transept, et l'essentiel du clocher, peut être située
au dernier quart du XIe siècle. La seconde
porte sur le voûtement d’ogives de la nef et des bas-côtés
à la fin du XIIe siècle ou au premier quart du
XIIIe siècle. Les murs gouttereaux des
bas-côtés sont rebâtis lors de la même campagne, et les
bas-côtés probablement élargis. Pendant le second quart du
même siècle, l’abside et les absidioles romanes sont
jetées bas, et le chœur actuel est édifié. La grande baie
du chevet n'est toutefois créée qu'après l'achèvement du
chœur, vers 1255 environ.
À
la fin duXIIIe siècle, l'église se présente
déjà globalement dans sa forme actuelle mais de nombreuses
modifications y sont encore apportées pendant les siècles
qui suivent. Lors de la construction du chœur, la
stabilité du clocher qui se dresse au-dessus de la croisée
du transept adjacente a été affectée. Au XIVe
siècle, l'on fait face aux désordres de structure en
renforçant les deux piles orientales orientales du
clocher, et en reconstruisant les arcades Est et Ouest de
la croisée ainsi que l'arcade occidentale du croisillon
Nord. Les murs extérieurs des croisillons sont rebâtis à
la même occasion et perdent leurs pignons, ce qui fait
disparaître tout signe de l'existence d'un transept à
l'extérieur. À l'intérieur, les traces du remaniement sont
cachées par des peintures murales en faux appareil. Plus
tard, les arcades orientales sont refaites à leur tour. De
plus importants travaux sont menés au dernier quart du XVIe
siècle. Les fenêtres hautes, les arcs-boutants et les
voûtes du chœur sont entièrement refaits pour un motif
inconnu, mais certains auteurs n'excluent pas que le chœur
soit resté inachevé jusqu'à ce moment car aucune trace ne
subsiste de dispositions antérieures. [...] »
Remarques
diverses
Dans ses grandes lignes, le texte ci-dessus extrait de
Wikipédia confirme nos propres observations à savoir :
– À l’origine, la nef était à trois vaisseaux charpentés. Le
vaisseau central devait être surhaussé par rapport aux
collatéraux de façon à ce que des fenêtres supérieures
situées au dessus des toits des collatéraux puissent
éclairer la nef. Les murs gouttereaux du vaisseau central
étaient portés par des piliers de type R1010
(à section rectangulaire avec des colonnes
semi-circulaires engagées sur les faces Est et Ouest). Ce
type de pilier porte en général des arcs à double rouleau.
Ce qui est le cas ici. Pour voir quelle devait être cette
nef primitive, il suffit de consulter la page suivante
consacrée à l’église Notre-Dame-et-Saint-Eugène de
Deuil-la-Barre.
Ultérieurement, aux alentours de l’an 1200 (an 1200 avec un
écart de 50 ans), cette nef aurait été entièrement voûtée
(vaisseau central et collatéraux) en croisée d’ogives. Côté
vaisseau central (image 9),
les maçons auraient placé sur chacune des corniches au
dessus des chapiteaux trois colonnettes portant des
chapiteaux supportant à leur tour les doubleaux ou ogives
des croisées d’ogives. Côté collatéraux, les maçons auraient
installé le même type de système de support de croisée
d’ogives, mais directement à partir du sol (images
10 et 11).
– Nous avons aussi constaté qu’il avait pu y avoir des
opérations de maintenance sur la croisée du transept. En
effet, on découvre sur l'image
12 que l’arc triomphal, qui sépare la nef du
transept, a été remplacé par un arc en plein cintre de
petites dimensions. Et il en est de même pour l’arc absidal,
qui sépare le chœur du transept (image
14). Par contre, les deux autres arcs de la
croisée, arcs de communication avec les croisillons, on été
conservés avec les chapiteaux qui les soutiennent (image
13).
– Nous pensons aussi que la construction du chœur a dû
accompagner ou suivre de peu le voûtement de la nef.
– Il est cependant un point du texte sur lequel nous ne
sommes pas d’accord. D’une part, son auteur nous dit : « La
première preuve de son existence (de l’église) est
un accord passé en 1071… » ; Et d’autre part : « L'on
peut toutefois distinguer aisément trois principales
campagnes de construction. La première porte sur la nef,
les bas-côtés, le transept, et l'essentiel du clocher peut
être située au dernier quart du XIe siècle. ».
Si une église existait en 1071, c’est-à-dire dans le
troisième quart du XIe siècle, on peut
légitimement penser qu’elle a été construite avant le
dernier quart du XIe siècle. Sauf à imaginer que
l’abbé de Saint-Denis, ayant pu accéder aux revenus de cette
église, se soit dépêché d’en construire une autre. Mais pour
envisager cela, il faut disposer de solides preuves.
Les chapiteaux (images
de 17 à 23)
Remarquons tout d’abord que ces chapiteaux ont beaucoup de
points communs : à la base, une ou deux rangées de feuilles
dressées ; en haut et de part et d’autre du chapiteau, une
volute et, entre ces deux volutes, une scène éventuellement
historiée.
Image 18 : Sur ce
chapiteau, la scène historiée représente un simple masque
humain.
Image 19 : Ici le
masque humain tire une sorte de langue fourchue.
Image 20 : Dans
ce cas, le masque humain, s’il existe, est réduit à sa plus
simple expression mais il reste l’image de la langue
fourchue.
Image 21 : Le
masque de forme triangulaire est très stylisé et on a
toujours la langue aux extrémités retournées.
Images 22 et 23 :
La scène historiée représente un homme s’extrayant des
feuillages. C’est une .scène assez classique. Nous
envisageons que ce pourrait être une sorte de blason, la
signature d’un homme ou d’un groupe d’hommes ayant financé
la construction de l’église.
Image 24 : Vierge
à l’Enfant. Par la finesse de l’exécution elle s’apparente à
une Vierge gothique. Mais l’attitude hiératique des
personnages, le fait que l’Enfant est représenté debout,
comme un adulte, les couronnes au-dessus des têtes, font
immédiatement penser à une Vierge romane. Nous pensons que
pour les premières représentations de vierges romanes, le
personnage debout n’était pas l’Enfant Jésus mais l’évêque
du lieu, successeur des apôtres, eux-mêmes successeurs de la
Vierge Marie au moment de son Assomption.
Cette église Saint-Martin est très
intéressante en ce qui concerne les recherches en datation
des monuments. Il faut comprendre que nous avons commencé à
effectuer ces recherches. Notre première démarche a été
d’évaluer les piliers à section rectangulaire et nous avons
découvert qu’il existait une chronologie : piliers R0000,
puis R1010 (c’est
le cas ici) puis R1110 et
enfin R1111. Mais
nous avons découvert par la suite qu’il existait d’autres
classifications chronologiques. Ainsi la chronologie
concernant les transepts : absence de transept, transept
bas, transept haut. Et il pourrait exister d’autres
classifications chronologiques (formes des chapiteaux,
thèmes des chapiteaux, etc.).
L’idée suivante est de croiser les diverses chronologies.
Et, dans le cas présent, nous avons une telle opportunité.
Nous venons de parler des piliers de type R1010.
Ils sont associés à des arcs doubles et des chapiteaux d’un
certain style. Nous constatons que ces arcs doubles et ces
chapiteaux se retrouvent à l’identique sur la nef (image
8) et sur le transept (image
13). Cela signifie que le transept et la nef
initiale font partie de la même campagne de construction. Il
reste à déterminer de quelle nature est le transept (bas ?
ou haut ?). Le croisement de ces données devrait permettre
de faire progresser la recherche en datation.
Datation envisagée pour l’église Saint-Martin de
Cormeilles-en-Vexin (église primitive) : an 975 avec un
écart de 75 ans.