L’abbatiale Santa Maria in Silvis de Sesto al Reghena  

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Nous n'avons pas visité cette abbatiale, c'est pourquoi les images de cette page proviennent d'Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Fondée en 730-735 par trois frères lombards, Erfo, Anto et Marco, fils du duc Pietro del Friuli et de Piltrude de Cividale, elle appartint à partir de 762 aux moines bénédictins de l’abbaye de Nonantola. Malgré la chute du royaume lombard en 774 et la rébellion qui eut lieu dans le duché de Frioul en 776, durement réprimée par les Francs, l’abbaye maintint et augmenta son importance encore plus tard, car Charlemagne en tant que roi des Lombards, accorda en 781 à l’abbé Beato un diplôme confirmant toutes les propriétés déjà accumulées précédemment et ajouta également l’exemption de toute ingérence politique, juridictionnelle ou fiscale par les autorités séculières.


En 899, les Hongrois la ruinèrent, mais l’abbaye fut ressuscitée au Xe siècle et fut fortifiée. En 967, l’empereur Otton Ier fait don de l’abbaye à Rodoald, patriarche d'Aquilée. Dans les années qui suivirent, la croissance économique de l’abbaye garantit richesse et prospérité aux moines et aux abbés, à tel point que des œuvres architecturales, picturales et sculpturales furent commandées aux meilleurs artistes travaillant dans la région vénitienne-frioulane. La renommée et le pouvoir de l’abbé de Sesto ont également augmenté proportionnellement, acquérant de plus en plus de prestige au sein du patriarcat f’Aquilée ; en 1182, un abbé, Godefroy, devint patriarche. »

Cette église a aussi fait l’objet d’une étude approfondie dans le livre Vénétie Romane de la collection Zodiaque, écrit par Gianna Suitner Nicolini.


Le plan de l'image 5 décrit un édifice tout en longueur (image 2). En pénétrant par le côté Ouest (en face sur l'image 3), on passe sous un porche (image 6), puis on traverse in vestibule situé dans l’axe de la nef centrale (image 10). On traverse ensuite un atrium de même largeur que la nef. Il est divisé en trois parties par deux rangées de massifs piliers carrés (nous n’avons pas trouvé d’image de cet atrium). Et enfin on accède à la nef de l ‘église (image 12).

Auparavant, on a pu observer de belles fresques. En voici la description par Madame Suitner Nicolini : « Parmi les fresques datées du XIe ou XIIe siècle, les plus importantes sont celles au-dessus du porche d’entrée du vestibule (image 6) ; l’Archange Michel (image 7) et Saint Benoît avec le dragon (images 8 et 9) et celles sur les piliers de l’atrium (Assomption de la Vierge, figures de Saint Christophe, de Sainte Hélène et de Constantin : image 11 ?). ». Il nous semble que les fresques situées sous le porche d’entrée (images de 6 à 9) sont plus tardives (XIIIe siècle). Celle que l’on a de l’atrium (image 11). pourrait dater du XIe siècle. Remarquer la présence d’une fresque représentant Notre-Dame de l’Assomption. Il est possible que l’église ait été dédiée à Notre-Dame de l’Assomption et qu’elle ait été initialement une cathédrale.

On reprend la visite de l’église avec la nef (images 12, 13, 14). Son plan est celui d’une basilique imitée des premières basiliques romaines : nef à trois vaisseaux charpentés avec le vaisseau central surhaussé par rapport aux collatéraux. Mais on constate des améliorations par rapport au modèle romain. Dans le modèle romain, les piliers étaient en général monolithes et cylindriques. Les piliers à profil rectangulaire seraient apparus plus tard. Mais ici, il y a une autre amélioration : le système de pilier est mixte : il y a alternance de piliers rectangulaires et de colonnes cylindriques. Cette façon de procéder est assez surprenante. Elle correspondrait à l’innovation du système lié pour lequel une travée de vaisseau central correspond à deux travées de collatéral (ici ce n’est pas du tout visible. En tout cas, cette innovation serait apparue à la fin de la période préromane. Elle viendrait des peuples germaniques.

Autre innovation : les arcs reliant les piliers sont à double rouleau.

Dernière observation concernant le transept. On peut le voir plus élevé que la nef sur l'image 2, sur le plan de l'image 5, à l’intérieur sur l'image 14. On constate sur cette image 14 que l’arc triomphal est brisé, alors que l’arc absidal situé en arrière-plan est en plein cintre. Il faut comprendre que l’arc triomphal est un élément du transept car il est porteur du mur Ouest de la tour de croisée du transept. Cet arc triomphal, brisé, serait de tradition gothique et donc postérieur aux arcs de la nef. D’où l’idée suivante : à l’origine, il n’y avait pas de transept (ceci est un signe d’ancienneté de la construction d’origine, car, à l’époque romane, toutes les églises avaient un transept). On a décidé de construire un transept, et, dans le même temps, d’aménager une crypte. Pour cela, on a décidé d’utiliser quatre travées de l’église d’origine (voir plan de l'image 5). Les quatre travées de l’église d’origine ont été éventuellement surcreusées, mais surtout recouvertes à une hauteur d’environ quatre mètres, pour constituer la crypte. Et on a utilisé environ deux travées et demi pour insérer le transept, la travée et demi restante étant réaménagée.
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La crypte

Voici ce qui est écrit sur le texte de Wikipédia concernant la crypte (image 16) et l’urne de Sainte Anastasie (image 17) :

« Sous l’abside se trouve la crypte, rénovée entre 1907 et 1914, date à laquelle les grands travaux de restauration ont commencé. [...]

Au centre de la crypte, se trouve l’urne de Sainte Anastasie. Elle se compose d’un seul bloc de marbre d’origine grecque. La partie supérieure, qui sert de couverture à l’ensemble de l’urne, est divisée en trois zones :

– Au centre : il y a une croix fleurie à l’intérieur d’un rond à décor de chevrons, tandis que dans les deux autres, il y a des paires d’arcs torsadés.

– Les plus grandes faces latérales se composent de dix carrés où se trouvent des croix fleuries, des rosaces, des fleurs et des arcs.

– Les deux faces les plus petites ont un cercle qui entoure une croix.

Selon des études récentes, l’urne aurait été fabriquée par des artisans de Cividale et remonterait au VIIIe siècle. La grande précision de la construction indique un mécénat de haut niveau et est donc liée à l’origine de l’abbaye elle-même.
»

Selon Madame Gianna Suitner Nicolini, commentant l’urne de Sainte Anastasie : « Les cinq panneaux montés en forme de sarcophage mais à l’évidence travaillés pour être placés à la verticale, constituaient la chaire de l’évêque ou de l’abbé en charge. »


L’ancienne église à trois absides

Toujours selon le texte de Wikipédia :

« Derrière la résidence abbatiale primitive et à côté de l’église, une série de campagnes de fouilles ont été menées qui ont mis au jour les fondations de l’église antérieure à l’église actuelle. Son périmètre est actuellement mis en valeur par des pierres. L’église se composait d’une seule nef, qui se terminait par une abside orientée à l’est. À droite et à gauche, il y avait deux chapelles de plan carré également avec une abside. »

Les murs de cette église sont identifiables sur la vue par satellite de l'image 1 et sur l'image 18. Le plan est incomplet. Ce sont malheureusement les seules vues dont nous disposons. Il est possible que les trois absides soient semi-circulaires. L’auteur nous dit que l’église se composait d’une seule nef. Il est possible que cette nef soit le corps de bâtiment rectangulaire situé à gauche sur l'image 1. La largeur de ce corps de bâtiment est de peu inférieure à la largeur totale de la nef à trois vaisseaux de l’église voisine, qui ferait d’après nos calculs un peu plus de 13 mètres. En conséquence, la largeur de l’église ancienne serait de l’ordre de 12 mètres. Il faut comprendre que cette largeur est le grand maximum possible pour une nef unique car il faut trouver des arbres suffisamment longs et épais pour devenir les poutres maîtresses de la charpente du toit. Par conséquent, nous envisageons la possibilité que la nef ait été triple, les colonnes intermédiaires, soutiens de la charpente, étant en bois. Une question se pose au sujet du corps de bâtiment rectangulaire situé à droite du bâtiment précédent. Comme se fait-il qu’il soit à la fois moins large que la nef et le chevet ? Nous pensons que ce pourrait être l’avant-chœur ou le chœur de l’église primitive qui aurait eu une seule abside. Les deux chapelles latérales et leurs absides auraient été ajoutées plus tard.


Datation envisagée pour l’abbatiale Santa Maria in Silvis de Sesto al Reghena : an 950 avec un écart de 100 ans.