Conclusions sur les monuments de Vénétie (Vénétie et Frioul - Vénétie Julienne) 

• Italie    • Vénétie    • Article précédent  


Nous estimons que les deux régions d’Italie, le Frioul - Vénétie Julienne et la Vénétie ont une identité commune et ne doivent pas être traitées séparément. Nous pensons que la distinction entre ces deux régions est due à une histoire relativement récente. Toute la partie de l’Italie située au Nord de l’Adriatique a subi des modifications de tracés de frontières jusqu’à la fin de la guerre de 1939 -1945. Ainsi, une partie du Trentin - Haut-Adige, le Tyrol italien, auparavant sous contrôle de l’Empire d’Autriche-Hongrie, a une population germanophone. Trieste et le Frioul ont changé plusieurs fois de maîtres. L’Istrie, en partie peuplée d’italianisants, a été cédée à la Yougoslavie après la seconde guerre mondiale. Et même Venise, qui était une république, a perdu son statut lors de la Révolution française.

Au gré des divers traités, ces diverses régions ont été annexées par un pays ou un autre, causant parfois de forts déplacements de populations.

Pourtant, malgré un apparent désordre qui devait être plus important encore durant le premier millénaire à cause des diverses disputes entre villes voisines, il se dégage une sorte d’unité architecturale dans l’ensemble de la région.

La carte de l'image 1 est une copie de la carte interactive de la région située au Nord de l’Adriatique. Les drapeaux permettent de localiser les divers monuments décrits sur notre site. Cette carte n’est pas exhaustive. D’une part, nous ne sommes pas certains d’avoir identifié tous les monuments. D’autre part, un grand nombre de monuments ont disparu. Il arrive parfois que l’on retrouve les restes de certains d’entre eux. D’autres sont connus par les textes. On sait par exemple qu’au Xe siècle, il y avait à Torcello dix églises et plusieurs couvents. Il ne reste plus que deux églises, sans doute les plus grandes des dix.

Nous avons attribué à chacun des drapeaux de monument le nom de la localité dans laquelle il est situé. Les drapeaux non documentés appartiennent à des localités situées dans des régions autres que celles de Vénétie : la Lombardie à l’Ouest, l’Émilie-Romagne au Sud. Deux exceptions toutefois : bien qu’appartenant aux régions de Lombardie, pour la première et d’Émilie-Romagne pour la seconde, les villes de Mantoue et de Codigoro proches de la Vénétie ont été désignées.

Par ailleurs, il manque à cette carte une partie de la rive orientale du Nord de l’Adriatique (Istrie) avec des localités comme Novigrad, Poreč ou Pula.

Nous identifions à partir de cette carte au moins quatre zones.

1. Les ports. Elle est formée des localités directement en contact avec la mer : Venise, Murano, Torcello, Caorle, Grado, Trieste, Mugga Vecchia. À ces localités, il faudrait ajouter les villes d’Istrie : Novigrad, Poreč, Vrsar, Rovinj et Pula.

2. Les basses plaines côtières avec : Codigoro (en Émilie-Romagne), Ariano Polesine, Este, Monselice, Pozzovegiani, Padoue, Castelsecco. Il faudrait probablement y ajouter ces localités d’Istrie : Bale, Batvači et Galizana proches de l’Adriatique.

3. Les régions de Vérone et Vicenza d’altitude un peu plus élevée.

4. La région d’Udine et Cividale à laquelle il faudrait probablement ajouter la partie Est de l’Istrie.


Pour la première de ces régions (villes situées en bordure de l’Adriatique), on peut être surpris par l’absence d’homogénéité concernant la couleur des drapeaux. Ainsi les drapeaux de Tocello et Grado sont en couleur violet, ceux de Trieste et Muggia Vecchia, en orange, ceux de Murano et Caorle en vert, ceux de Venise en violet.

Il y a plusieurs raisons à cela. La première de ces raisons vient du fait que dans une ville donnée très ancienne (par exemple remontant à l’antiquité romaine), la construction des monuments a été effectuée tout au long des siècles et il est possible qu’aucun des monuments ne subsiste de la période ancienne. Par ailleurs, pour certaines villes, il y a plusieurs monuments de drapeaux différents mais pour localiser ces villes sur une carte nous avons été obligés de choisir un seul drapeau. Il y a enfin une explication qui a été apportée concernant Venise et ses îles ou villes satellites, Murano, Torcello, et aussi Malamocco, Jesolo, Choggia, Eraclea. On sait qu'à cause des apports d’alluvions provoqués par les divers fleuves ou courants marins, la lagune vénitienne a beaucoup évolué au fil du temps. Sur les îles de cette lagune, des ports ont été créés. Ils se sont développés, puis se sont envasés et ont fini par péricliter, cédant la place à d’autres ports de la lagune. Nous avons vu que c’est ce qui s’est passé avec Torcello, Murano et Venise. Torcelllo s’est fortement développé durant le septième ou VIIIe siècle. Puis il a entamé une lente décadence auprès d’autres villes de la lagune comme Murano. Et c’est Venise qui a fini par l’emporter … provisoirement, car elle a perdu son activité de port commercial et militaire.

Cette évolution s ‘est manifestée pour d’autres villes anciennes situées plus à l’intérieur des terres (villes de la zone 2 : les plaines de la basse plaine côtière). L’altitude de ces villes dont certaines sont situées assez loin de la côte est faible, à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.

Prenons le cas de Rovigo. Son altitude est indiquée sur l'image 2 : 3 mètres. Il s’agit là d’une faible altitude. Et pourtant Rovigo est situé à 38 km de l’Adriatique. Remarque : la couleur en nuances de bleu de la carte topographique fait bien apparaître que Rovigo n’est pas un cas isolé et que, plus on se rapproche de la mer, plus l’altitude doit diminuer.

Image 3 ; Près de Monselice, dont le monument est décrit sur notre site, l’altitude est de 6 mètres. Et la distance par rapport à la mer est comparable à celle vue auparavant (38 km).

Ces deux localités, Monselice et Rovigo sont situées dans le delta du Pô. Ce delta était autrefois occupé par la mer. Il a été au fur et à mesure comblé par les alluvions du Pô. Mais aussi par d’autres rivières descendant de la chaîne des Alpes ou des Alpes pennines. Il faut bien comprendre que les villes que l’on vient de citer, Rovigo, Monselice, et toutes celles de la zone 2, étaient autrefois dans la mer. En fait elles n’existaient pas. Elles ont soit été créées lors de l’envasement, soit peu avant sur des îles qui existaient à cet emplacement. Certaines de ces villes ont probablement été des ports maritimes durant le premier millénaire de notre ère. C’est probablement le cas de Padoue (10 m d’altitude).

Image 4. En était-il de même de Mantoue (Mantoue, ville lombarde, est proche de la Vénétie) ? En son point le plus bas, son altitude est de 14 m. Sa distance par rapport à la mer est de 116 km, mais elle devait être nettement plus proche de la mer durant l’antiquité. Mantoue est située sur un ancien bras du Pô. Etait-ce un port fluvial ? Un port maritime ? Probablement les deux. On doit en effet prendre conscience que ce que l’on désigne par le mot « antiquité » a duré fort longtemps : au moins un millénaire, de l’an – 500 à l’an + 500 et cette période a été suivie par une autre période de 1500 ans. Et durant tout ce temps, des alluvions ont été déposées sur toute la basse vallée du Pô. Et nous pouvons tenir pour certain qu'il y a 2500 ans, l’altitude du point le plus bas de Mantoue était inférieure à 14m (sauf s’il y a eu un phénomène de transgression marine) Mais inférieure de combien ? En fait, tout dépend des apports alluvionnaires. Ceux-ci sont a priori irréguliers car dépendants des crues. Mais il doit exister une régularité sur de longues périodes d’un siècle. Notre expérience dans les basses vallées de l’Aude et de l’Orb nous fait envisager un rehaussement des sols d'au moins 30 cm par siècle. Ce qui donnerait sur une durée de 25 siècles, une montée des sols de 9 mètres. Mais cela n’est valable que pour les vallées de l’Aude et de l’Orb et ce n’est qu’une estimation individuelle car il faudrait procéder à de multiples vérifications. En tout cas, l’hypothèse selon laquelle Mantoue était un port maritime aux débuts de la période antique, est envisageable. Et si ce n’est pas le cas, ce devait être un port fluvial accessible par la mer sans rupture de charge.

Il s’ensuit que de nombreuses autres localités de Vénétie ou d’Émilie-Romagne pourraient avoir été des ports marins ou fluviaux durant le premier millénaire. Malheureusement, les restes des monuments enfouis sous plusieurs mètres de terre ne sont pas visibles aujourd’hui. Le seront-ils un jour ?


Petite digression sur la plaine du Pô

Dans la description de la Vénétie que nous effectuons, nous avons réalisé qu’une partie non négligeable de la Vénétie était formée des basses plaines de la vallée du Pô. Plus encore ! Que cette partie avait été créée par le Pô, ses affluents et quelques fleuves côtiers. La Vénétie n’est pas seule concernée. L’Émilie-Romagne et la Lombardie le sont aussi. Nous n’avions pas vu cela lors de nos conclusions sur l'Émilie-Romagne et la Lombardie, cette spécificité qui touche trois régions d’Italie.

La carte topographique de l'image 5 est révélatrice de l’importance de la plaine du Pô. La première observation faite à partir de cette carte est que l’image traditionnelle de l’Italie comme une botte est qu’il s’agit en fait d’une botte fendue au niveau de la cuisse. Toute une partie comprise entre, d’une part la mer et de l’autre les longs traits bleus rejoignant d’une part Milan à Venise, et, d’autre part Milan à Bologne et Rimini, est teintée en bleu, voire en bleu-vert en bordure des traits. On remarque par ailleurs que la ligne joignant Milan et Rimini est presque droite et passe successivement par un chapelet de villes dont les plus importantes : Piacenza, Parme, Modène, Bologne, Forli et Rimini. Toutes ces villes sont situées en bordure du delta du Pô. Le trajet presque droit incline à penser qu’il y a eu là une faille géologique importante.

Sur cette carte, nous avons indiqué les altitudes de certaines villes, Bologne (30m), Modène (34m), Suzzara (20m). Mais à Castel Maggiore, à 8,5 km de Bologne, l’altitude ne dépasse pas 23 mètres. À 20 km à l’Est de Modène, l’altitude est de 13 mètres. Passant à 15 km de Parme (65 m), le Pô est à une altitude de 21m.

Le Pô passe à Piacenza avec une altitude de 44 mètres. Ce qui peut paraître très élevé, mais la distance entre Piacenza et la mer en droite ligne est 205 km. Soit plus de 300 km si on tient compte des méandres. D’où une déclivité du fleuve de 1 mètre tous les 6,8 kilomètres, une très faible déclivité.

Milan (130 m), Brescia (130 m) et Vérone (66 m) sont des localités plus élevées.

Nous savons déjà que Ravenne, pourtant situé à plus de 7 kilomètres de la mer, a été un grand port maritime à l’époque romaine. Nous avons envisagé que d’autres villes ont pu être des ports maritimes ou fluviaux à la même époque : Padoue, Ferrare, Mantoue. Et en analysant ces diverses cartes, nous avons pensé que les villes de Bologne, Modène, Parme, Piacenza et Crémone pouvaient avoir été des ports. En ce qui concerne Piacenza et Crémone, leur position à proximité immédiate du Pô et l’altitude à cet emplacement (repectivement 44m et 28m) plaident en faveur d’un port fluvial.

Pour Bologne, Modène, Parme, et aussi Milan, Brescia et Vérone, nous ne pensons pas qu’il y ait eu un port. Leur altitude est trop élevée et il n’y a pas à proximité immédiate de ces villes de zone d’altitude inférieure à 15 mètres permettant d’envisager qu’il y a eu là un ruisseau permettant d’accéder à la mer.

Une question se pose. Comment se fait-il que des localités qui sont situées en bordure de baie n’aient pas été utilisées comme ports ? La réponse se trouve peut-être dans le fait que les zones du delta, de très faible déclivité, aient été régulièrement inondées et soient devenues des marécages insalubres. Les populations auraient préféré occuper des zones limitrophes de ces marécages à une altitude assez faible mais suffisante pour éviter les effets néfastes des marais.

Sur la même image 5, nous avons tracé en traits rouges 4 des principales voies traversant le delta. À savoir, de gauche à droite, la route de Piacenza à Brescia passant par Crémone, celle de Modène à Vérone, celle de Bologne à Vérone, et enfin celle de Bologne à Padoue passant par Ferrare. Nous n’avons pas tracé les routes de Parme à Brescia ou de Parme à Vérone (trajets un peu sinueux). Ces routes permettaient de traverser le delta du Nord au Sud et réciproquement, en évitant le détour par Milan. Remarquer une absence importante : la route directe de Rimini (ou Ravenne) jusqu’à Venise (c’est-à-dire sans passer par Bologne, Ferrare et Padoue). Cela raccourcirait le trajet de plus de 100 kilomètres. Le trajet existe : il suffit d’emprunter les lidos qui bordent les diverses lagunes. Pourtant une telle route n’existe pas.. Il est possible que cela soit dû à des raisons écologiques mais nous pensons que cela vient du fait que la formation de ces lidos est trop récente. Ils risquent d’évoluer en fonction des courants marins. Mais probablement dans un siècle ou deux, et grâce aux alluvions du Pô, ces lidos seront stabilisés et une route directe sera possible. Mais cette idée nous invite à nous poser la question suivante. Ne serait-il pas possible que durant le premier millénaire la mer Adriatique ait été plus proche de Milan ? Par exemple que la mer soit arrivée jusqu’à Ferrare et que la route de Bologne à Padoue ait été construite sur un ancien Lido ?

Et le raisonnement que nous venons de donner concernant la route de Bologne à Padoue peut être reproduit pour les autres routes tracées en traits rouges.


Image 6. L’altitude d’Udine est indiquée sur cette image : 118 m. Il est donc très peu probable qu’il y ait eu un port maritime ou fluvial à cet emplacement. On a vu que c’était aussi le cas de Vérone et de Vicenza, ville située à l’Ouest de la Vénétie. Cette carte fait surtout apparaître l’importance des zones en vert situées au-dessus de 100 mètres d’altitude. Ces zones en vert comprises entre 100 mètres et 500 mètres d’altitude sont propices à l’agriculture. Les autres zones en jaune, orange et rouge sont plus des zones d’élevage ou d’exploitation de la forêt. Nous pensons que ces zones devaient être occupées dès le premier millénaire de notre ère.

Revenons à présent à la carte 1 et à l’implantation des drapeaux sur cette carte. On constate l’importance des zones 1 (localités côtières) et 2 (localités de basse plaine côtière). La zone 3 autour de Vérone et Vicence est formée de localités de basse plaine (Legnago (18m), Bovolone (18m), Gazzo, Belfiore (24m), San Bonifacio (25m)), mais, au vu de leur altitude, peu susceptibles d’avoir eu un contact direct avec la mer au cours du premier millénaire. Les autres localités de la même zone seraient situées à une altitude supérieure. La zone 4 est quant à elle formée de seulement trois localités : Pordenone, Udine et Cividale del Frioul.

Nous constatons une sorte de rupture entre ces deux dernières zones. D’une part, la densité de monuments anciens est plus importante en zone 3 qu’en zone 4. D’autre part, toute une zone située entre ces deux dernières est absolument vide de monuments. Pourtant cette zone de basse ou moyenne altitude devait être occupée par des populations dès l’époque romaine. La carte de l'image 7 permet de vérifier la densité de population (localités, route) de cette zone à l’heure actuelle.

Comment répondre à ces deux questions (plus grande importance de la zone 3 par rapport à la zone 4, absence de restes de monuments sur une partie importante du territoire de la Vénétie) ?

Avant d’aborder leur étude, il faut tenir compte de l’importance de nos méconnaissances concernant le premier millénaire. La grande majorité des monuments qui existaient à cette époque a disparu. Et les monuments dont on parle sont les grands monuments, églises, châteaux, palais, arènes, etc. Concernant les petits monuments, notre ignorance est encore plus forte, car ces monuments ont souvent été construits dans des matériaux périssables comme le bois. Et la recherche archéologique ne s'est pas focalisée là-dessus (absence de monumentalité, de trésors, de témoignages de richesse).

En conséquence de cette analyse, nous sommes obligés de dire que la carte 1 ne permet pas d’adopter des conclusions certaines mais des indications, des pistes de recherche. En ce qui concerne les différences de richesses entre les zones 3 et 4, nous pensons qu’elles proviennent de la présence d’une population romaine en zone 3 et lombarde en zone 4.

Parler de population romaine au cours du premier millénaire peut surprendre si on s’imagine que la décadence de Rome a débuté dès la fin du deuxième siècle et s’est soldée par la prise de Rome vers 410, consacrant la fin de l’Empire romain. En fait, l’influence de Rome comme système politique et financier s’est poursuivie longtemps après à travers les nombreuses villes qui ont subsisté, voire se sont développées en perpétuant le modèle romain. Des villes comme Milan, Brescia, Vérone ou Mantoue sont restées des villes importantes pendant toute la durée du premier millénaire. Elles étaient habitées à la fois par de riches propriétaires fonciers, héritiers de toute une culture latine et par des peuples moins riches, libres ou esclaves. Il y avait au sein de ces populations plus pauvres des peuples divers (latins, goths, lombards). Les propriétaires fonciers possédaient et faisaient exploiter une grande partie des terres situées autour des villes.

Nous avons longtemps cru, et ce, à cause de textes historiques décrivant l’histoire de peuples comme les goths, les francs ou les lombards, que ces divers peuples avaient la maîtrise totale des territoires dans lesquels ils résidaient. Prenons par exemple l'image 8, carte de l’Italie à la mort du roi lombard Liutprand en 744. Cette carte nous semble claire : en bleu clair, les possessions lombardes, en ocre les possessions byzantines. La réalité serait en fait beaucoup plus complexe. Car cette carte ne tient pas en compte qu'à la même époque, l’Italie était constituée d’un ensemble de villes indépendantes entre elles et pouvant se faire la guerre. Une situation qui a duré jusqu’à la Révolution française et les conquêtes napoléoniennes (fin de la République de Venise). Mais chacune de ces villes avait besoin d’un puissant protecteur afin d’assurer la paix. Au début du premier millénaire, ce protecteur était l’armée romaine avec ses légions. Chaque légion devait encaisser les dividendes de la paix. Mais au cours des siècles, il a pu y avoir des litiges sur le partage de ces dividendes. Et on constate l’existence de conflits armés entre légions. Cette mission de protection a été par la suite confiée à des peuples barbares fédérés : les Goths, les Huns, les Francs, les Lombards, les Croates. Avec probablement des interdictions comme celle de construire des villes ou des fortifications. Outre des compensations financières, les populations locales ont probablement attribué à ces peuples barbares, des terres nouvelles à défricher et exploiter.

On aurait donc l’explication des différences entre la zone autour de Vérone et Vicenza plus riches et de tradition latine et celle plus pauvre autour de Cividale del Frioul, cité lombarde.

Cependant nous sommes surpris par la quasi absence de monuments au Nord-Ouest de la Vénétie, dans une région actuellement densément peuplée et qui devait l’être au premier millénaire. Certes, nous avons écrit que cette région devait être peuplée par une population pauvre qui, en conséquence, n’aurait pas construit des monuments de grande importance. Mais il reste les monuments de moindre importance. Et nous sommes surpris qu’il n’y en ai pas. Nous nous posons donc la question suivante : serait-il possible que de tels monuments existent mais qu’on ne les ai pas identifiés ? À titre de comparaison, nous avons l’exemple des chapelles à chevet carré du Bas-Languedoc. Il y a plus de 50 ans, on ignorait leur existence. Il a suffi qu’on les recherche pour en découvrir des centaines. De même, on a découvert de modestes chapelles rurales datant du premier millénaire en Croatie. Nous pensons qu'en cherchant un peu, on risque d’en découvrir en Vénétie.