La cathédrale Santa Maria Annunciata de Vicenza 

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L'étude de la cathédrale Santa Maria Annunciata de Vicenza sera suivie d'un paragraphe de conclusionjs sur les monuments de Vénétie.



La cathédrale Santa Maria Annunciata de Vicenza

Nous n'avons pas visité cette cathédrale. Les images de cette page ont pour source Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette cathédrale nous apprend ceci :

« D’origine paléochrétienne, elle a été reconstruite à plusieurs reprises ; le dôme a été conçu par Andrea Palladio, ainsi que le portail latéral nord. Ils sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994. [...]

Histoire

Des études menées dans la seconde moitié du XXe siècle attesteraient de la présence d’une salle dédiée au culte chrétien dès le IIIe siècle, installée dans un édifice romain préexistant du Iersiècle. Après l’édit de Constantin en 313, la première petite église a été construite ici, avec une abside de forme rectangulaire. Dans la seconde moitié du Ve siècle (peut-être après le sac de Vicenza par les Huns, mentionné par Paul le Diacre), celle-ci a été reconstruite plus grande et avec trois nefs. Vers 600, le premier évêque de Vicenza, Oronzio, remplaça ce bâtiment par un bâtiment rectangulaire plus grand à trois nefs, de taille proche de la taille actuelle.


Vers l’an 1000, cette église, aujourd’hui cathédrale de la ville, s’enrichit d’un complexe de trois absides. Endommagée par le terrible tremblement de terre de 1117, elle fut à nouveau remplacée par une plus grande à cinq nefs soutenue par des piliers et des arcs. Pour réparer les dommages causés par le sac de la ville par les troupes de Frédéric II en 1236, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, l’évêque Bartolomeo de Bréganze ordonna une nouvelle intervention qui, selon le style des autres églises de Vicenza de l’époque, la ramena à trois nefs soutenues par des voûtes. Au cours de cette période, la documentation écrite s’est considérablement accrue et nous connaissons ainsi des donations et des legs testamentaires qui ont permis à l’église de s’enrichir de structures supplémentaires, telles que le portail sud et quelques chapelles latérales, dans les années suivantes et tout au long du XIVe siècle.

L’aspect actuel de la cathédrale remonte au milieu du XVe siècle : de 1444 à 1467, la façade gothique a été construite, les chapelles construites jusqu’alors et l’abside du XIIIe siècle ont été réparées. Au cours des siècles suivants, les travaux et les modifications se sont poursuivis. [...]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la cathédrale a été lourdement touchée par les bombardements anglo-américains qui ont détruit le dôme, une grande partie de la nef et gravement endommagé la façade et les chapelles sud. Les somptueuses fresques qui recouvraient l’intérieur furent irrémédiablement perdues. La reconstruction et la restauration ont commencé immédiatement après le conflit et ont duré jusqu’en 2002. »


Commentaire de ce texte

Essayons de faire un bilan de ce qu’il révèle :

1 : Présence d’une salle dédiée au culte chrétien dès le IIIe siècle...

2 : Après l’édit de Constantin en 313, la première petite église a été construite ici

3 : Dans la seconde moitié du Ve siècle, elle a été reconstruite plus grande, avec trois nefs.

4 : Vers 600... Oronzio, remplaça ce bâtiment par un bâtiment rectangulaire plus grand.

5 : Vers l’an 1000, cette église... s’enrichit d’un complexe de trois absides.

6 : Endommagée en 1117, elle fut à nouveau remplacée par une plus grande à cinq nefs.

7 : Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, l’évêque... la ramena à trois nefs.

8 : Au cours des siècles suivants, les travaux et les modifications se sont poursuivis.

9 : Pendant la Seconde Guerre mondiale, la cathédrale a été lourdement touchée par les bombardements anglo-américains, ... La reconstruction et la restauration ont commencé immédiatement après le conflit.

Voilà donc un bilan très contrasté. Qu’on en juge ! Du IIIe au milieu du XVe siècle, soit une période de 12 siècles, construction de sept églises successives. Du milieu du XVe siècle au premier quart du XXIe siècle, soit environ 6 siècles, pas de construction de nouvelle église (mais des réparations, en particulier à la suite des bombardements de 1944). Nous estimons que les traces de travaux probablement constatées lors de fouilles ne concernent pas toutes les constructions d’une nouvelle église mais des réparations, des modifications, des ajouts à une construction ancienne.


Notre analyse de l’architecture de l’édifice

Les images 1, 3, 4 et 6 font apparaître une église presque neuve : les restaurations après les bombardements de la seconde guerre mondiale ont fortement endommagé l’édifice. Il est même possible que, de tous les évènements ayant affecté cette église, celui-ci ait été le plus destructeur. Cependant, selon la phrase, « L’aspect actuel de la cathédrale remonte au milieu du XVe siècle », les restaurateurs ont voulu restituer l’église telle qu’elle était avant les bombardements.

Nous constatons que la nef est à trois vaisseaux voûtés. Le vaisseau central est porté par des piliers massifs rectangulaires et de grands arcs légèrement brisés. Il n’y a pas de transept. Selon la vue par satellite de l'image 2, les collatéraux auraient été transformés en chapelles, probablement au cours de la Renaissance.

Notre estimation de datation d’une nef à trois vaisseaux s’effectue à partir de l’examen des bases de l’édifice,  à savoir, les piliers et les arcs. En ce qui concerne celle-ci, nous estimons que ces bases sont du XIIIe siècle. Nous sommes donc en dehors de notre domaine d’étude. Cependant, il est fort possible que les piliers reposent sur des fondations plus anciennes. Dans ce cas, c’est la date de construction de ces fondations qui fournit la date de construction de l’église (s’il y a coïncidence des plans).



La zone archéologique de la cathédrale de Vicenza

Le texte de Wikipédia se poursuit par une description des fouilles effectuées sous la cathédrale (extraits) :

« La découverte du site a eu lieu en 1946, lors d’importants travaux de reconstruction à la suite des bombardements anglo-américains de la Seconde guerre mondiale, qui avaient partiellement détruit le bâtiment de la cathédrale et lourdement endommagé les bâtiments autour de la Piazza Duomo, et la construction de la nouvelle sacristie. [...]

La zone archéologique, d’une superficie de 750 mètres carrés, est située en grande partie sous la nef de la cathédrale de Vicenza, ainsi que sous la sacristie et la crypte.

Dans le périmètre de fouilles, il y a des traces du quartier sud-ouest du municipium de Vicenza. Le quartier étai divisé en blocs d’environ 80 m de chaque côté dont l’orientation coïncide avec celle du décumanus maximus, correspondant à l’actuel Corso Palladio. Les structures trouvées de l’époque romaine se composent de restes de murs et de sols probablement liés à des bâtiments privés et à un tronçon de route pavée. Le tronçon de route est à environ 3 m de profondeur à partir du niveau de marche actuel. La surface de la rue est pavée et a une largeur de 3,8 m, avec des trottoirs des deux côtés, d’environ 0,5 m de large. La route se rapporte génériquement à une période comprise entre la fin du premier siècle avant J.-C. et le début du premier siècle après J.-C. C’est l’un des decumanus mineurs, parallèle au decumanus maximus.

À côté de la route, il y a une borne milliaire du IVe siècle après J.-C., l’inscription gravée dessus dit qu’elle a été dédiée par la ville de Vicenza à l’empereur Gratien. Cette borne n’a rien à voir avec le pavage de la route, elle a en fait été trouvée en réemploi parmi les matériaux de construction de la cathédrale et provient d’un lieu situé à huit milles de Vicenza, comme l’atteste le numéro de distance gravé sous l’inscription dédicatoire. Il est probable qu’elle était située sur l’artère principale qui traversait Vicenza au IVe siècle, la Via Gallica.

Dans la zone située sous la nef de la cathédrale, il y a plusieurs pièces probablement liées à des habitations romaines sur lesquelles les vestiges des premiers bâtiments chrétiens, y compris la domus ecclesiae, antérieure à la cathédrale actuelle, sont enchâssés avec une succession stratigraphique complexe. »

Par ailleurs, la page de Wikipédia décrivant la cathédrale donne d’autres précisions : « Le sous-sol de la cathédrale est un palimpseste archéologique car il montre les vestiges d’édifices de différentes époques : une maison romaine, une domus ecclesiae, les vestiges d’une église de l’époque lombarde-carolingienne (VIIIe-IXe siècles), les vestiges d’une église romane (début du XIIe siècle) et d’une église gothique (fin du XIIIe siècle). »


Nos commentaires

Nous n’avons pas grand-chose à ajouter à cette description si ce n’est que nous aurions aimé connaître le plan de fouilles et pouvoir le comparer avec le plan actuel de l’église pour vérifier s’il y a superposition des deux plans.

Nous constatons cependant sur les images 7 et 8 que les piliers quadrangulaires sont massifs et proches. L'image 7 pourrait être celle du vaisseau central d’une nef triple, l'image 8, celle d’un collatéral de la nef. Les piliers sont différents de ceux de l’église supérieure. Cette nef, antérieure à celle de l’église supérieure, pourrait être préromane.

Mais il n’y a là rien de sûr !

Explication de la locution domus ecclesiae. Au cours de la période dite des persécutions des chrétiens, avant les édits de Constantin. les persécutions étaient en fait rares et épisodiques, dues parfois à des ordres souverains, souvent à des pogroms. L’interdiction principale était celle du prosélytisme. Aussi les chrétiens étaient obligés de se cacher. Ils ne pouvaient construire des églises… dans le domaine public. Mais rien n’empêchait qu’ils en construisent chez eux. Et très souvent, c’était un riche propriétaire qui accueillait et finançait l’opération.


Datation de la cathédrale Santa Maria Annunciata de Vicenza

Par manque de renseignements, nous ne pouvons pas proposer de datation. Nous avons estimé que les arcs en cintre brisé étaient probablement du XIIIe siècle, mais les piliers pourraient être plus anciens et nous ne savons pas s’ils sont en connexion avec ceux du sou-sol.

La seule datation que nous proposons est celle des objets du sous-sol (mosaïques, hypocauste, borne milliaire, sarcophage) : an 375 avec un écart de 75 ans.



Conclusions sur les monuments de Vénétie

Nous avions prévu d’écrire une page de conclusions sur les monuments de cette région d’Italie. Cependant, après réflexion, nous avons estimé que les deux régions d’Italie que sont la Vénétie et le Frioul-Vénétie Julienne font partie d’un même ensemble et ne peuvent être étudiées séparément.

Cette conclusion globale est consultable à la page suivante : 409_20_39_conclusions_venetie.html.