La basilique des Saints Félix et Fortunat de Vicenza
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Nous n'avons pas visité cette église. Les images de cette
page ont été collectées sur Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Sur le site où se trouve aujourd’hui la basilique, à
l’époque romaine, il y avait une nécropole païenne de la
ville – située juste à l’extérieur des murs, le long du
tracé de la Via Postumia – qui s’étendait sur une zone
assez vaste, en partie marécageuse, dans laquelle de
nombreuses découvertes sépulcrales ont été trouvées,
telles que des tombes de capucins, des tombes d’édicules,
des sarcophages, stèles et inscriptions, pièces de monnaie
et mobilier.
À
la suite de l’édit de Milan qui autorisait le culte
chrétien, les fidèles de Vicenza réservèrent un espace
dans la nécropole pour l’enterrement de leurs morts et
construisirent un bâtiment à usage de culte : les
découvertes représentent le premier témoignage de la foi
chrétienne dans la ville. La stèle de l’Adoration des
Mages, le document le plus important du cimetière
chrétien, date également de cette période, la fin du VIe
siècle.
L’église primitive
L’église
primitive – construite dans le style typique des plus
anciennes salles de culte chrétiennes de la vallée du Pô
entre le milieu et la fin du IVe siècle – était
une salle unique de 24 x 16,5 mètres, identifiable par une
bande de marbre rouge dans le sol de l’église actuelle, et
était décorée d’un riche sol en mosaïque composé en grande
partie d’offrandes votives, en partie conservé et mis au
jour, avec une partie des fondations, vers le milieu du XXe
siècle.
Cet
édifice montre clairement comment la communauté chrétienne
de Vicenza avait déjà atteint une importance considérable
dans la première moitié du IVe siècle, comme en
témoigne également le fait qu’une famille sénatoriale
avait également contribué à la construction du sol en
mosaïque.
La basilique tripartite
C’était
une communauté qui s’est développée très rapidement :
après la translation des reliques du martyr Félix d
’Aquilée – peut-être vers 380 – l’église s’est avérée
insuffisante pour répondre aux besoins des fidèles
désormais nombreux et il a été décidé de construire un
bâtiment plus important.
Ainsi, entre la fin du IVe et le milieu du Ve
siècle, une véritable basilique fut construite, au plan
solennel et majestueux, à trois nefs séparées par deux
rangées de piliers, mesurant 45 × 22 mètres. La nef
centrale était également, comme l’église précédente, pavée
de mosaïques et prolongée par une abside rectangulaire.
Devant
la basilique, un atrium de 7 m de profondeur, le narthex,
comme lieu de repos pour les pénitents et lieu d’accueil
pour les pèlerins visitant les reliques, un grand portique
à quatre côtés et des propylées formaient un ajout de 41,5
× 25 m. Dans l’ensemble, il s’agissait donc d’un bâtiment
imposant de 86,5 m de long. Le schéma était similaire à
celui de Saint-Ambroise à Milan, également une grande
basilique de banlieue dédiée à la vénération des saints de
la ville.
Un sacellum et un baptistère ont également été érigés près
de la basilique.
Le sacellum ou martyrion
Le sacellum – l’un des plus intéressants et des mieux
conservés de l’architecture paléochrétienne d’Italie – a
été construit peu après le milieu duVe siècle
et, à l’origine, devait correspondre au martyrion destiné
à abriter les reliques de la basilique. Plus tard,
probablement au VIIe-VIIIe siècle,
il fut dédié à la Madone : devant l’autel, sur un cadre
soutenu par quatre colonnes, on pouvait lire :
“ Hoc oratorium B.M. Matris Domini Gregorius sublimis vir
referendarius
a fundamentis aedificavit et in Christi nomine dicavit ”
Il
a exercé sa fonction de culte aux martyrs jusqu’en 1674,
année où, à l’occasion de la rénovation du complexe, il a
été transformé en salle de service du monastère voisin.
Les fenêtres ont été ouvertes et les fenêtres d’origine
fermées, le portail a été remodelé, le revêtement en
marbre a été enlevé et, surtout, les restes des martyrs
ont été transférés dans la crypte de la basilique et
placés dans des reliquaires en bois doré de style baroque.
Le baptistère
Les
fondations d’un autre édifice octogonal, retrouvées lors
des fouilles de 1943, en raison de sa structure, de sa
position planimétrique et de son élévation par rapport à
l’église antique, permettent de conclure qu’il s’agit de
l’ancien baptistère, construit en même temps que la
basilique. En raison de sa présence, certains historiens
ont cru que San Felice était la première cathédrale de
Vicenza.
Cependant, il n’y a aucune information, dans la
documentation disponible, que la ville était déjà un
évêché au Ve siècle, comme l’étaient beaucoup
d’autres dans les Venetiae ; parmi les nombreux
témoignages de la présence d’évêques vénitiens aux
conciles de l’Italie septentrionale, il n’est en effet pas
fait mention d’un évêque de Vicenza jusqu’à la fin du VIe
siècle, lorsque l’on parle d’Orontius.
On
peut supposer que la construction de deux églises, Santa
Maria Annunciata, à l’intérieur de la ville et San Felice
fuori le mura,
pourrait correspondre aux besoins de la communauté
chrétienne de l’époque : la prière communautaire, la
catéchèse, la célébration de l’Eucharistie et les autres
sacrements, qui, cependant, pourraient également être
célébrés par l’évêque d’une autre ville lors d’une visite
pastorale ou par un prêtre délégué par lui. Il est
probable que jusqu’à la fin du VIe siècle, la
communauté de Vicenza se référait à l’évêque et au diocèse
de Padoue, une ville sur laquelle elle gravitait également
d’un point de vue civil, et ne devint autonome qu’après
l’établissement du royaume lombard, dont Padoue ne faisait
initialement pas partie.
Moyen-Âge
Pendant la domination lombarde et carolingienne (du VIe
au IXe siècle), la basilique n’a pas subi de
modifications substantielles et s’est enrichie d’ornements
qui sont encore en partie conservés dans la maçonnerie.
L’abbaye bénédictine
Au VIIIe siècle, les moines bénédictins
s’installèrent à San Felice, construisant une abbaye qui
devint le cœur de l’activité de cet ordre religieux à
Vicenza et qu’ils dédièrent aux saints Vito et Modesto,
patrons typiques de leur ordre. Lorsque Charlemagne vint
en Italie, il s’arrêta à Vicenza au monastère, dont il
bénéficia d’une généreuse donation.
En
l’an 899, lors d’un de leurs raids, les Hongrois
détruisirent une partie de la ville et incendièrent
l’abbaye. Les moines se dispersèrent en plusieurs
endroits, abandonnant la discipline et négligeant l’office
divin. La reconstruction a pris beaucoup de temps, à tel
point qu’à l’époque où l’évêque Rodolphe a été installé à
Vicenza – vers 967 – les bâtiments étaient encore en
ruines ; c’est ce qu’affirme le chroniqueur Sigebert de
Gembloux, qui rappelle aussi comment Rodolphe dut donner à
l’évêque de Metz de précieuses reliques des saints Léonce
et Carpophore afin d’obtenir une donation de l’empereur
Otton Ier dans le but de reconstruire l’église
et le monastère.
Quelques
années plus tard, avec l’un des actes les plus importants
dont il reste de la documentation, le privilège de 983,
l’évêque Rodolphe – partisan convaincu de la réforme
clunisienne – fait don aux bénédictins de l’abbaye d'une
quantité considérable de possessions foncières.
[...]
Les
bénédictins de San Felice fondèrent alors d’innombrables
églises et petits monastères, également dépendant de
l’abbaye mère, généralement situés le long des anciennes
voies romaines qui quittaient la ville. [...]
L’abbaye
de San Felice a continué à attirer de nombreuses donations
; on se souvient de celle de l’évêque Jérôme en 1013, qui
confirma le privilège de trente ans avant, de son
prédécesseur Rodolphe. D’après cet acte, il ressort que
l’église et le monastère, récemment reconstruits, ont été
à nouveau à moitié détruits et abandonnés, probablement en
raison d’épisodes de violence dont l’origine est inconnue
; comme Rodolphe, Jérôme avait également l’intention de
rétablir la vie religieuse à San Felice, en tant que
bastion de la foi sur le territoire. Un acte très
similaire est le privilège de l’évêque Astolfo en 1033,
mais sa véracité est douteuse. Là encore, l’évêque
Liudigerio avait à cœur les deux monastères bénédictins de
San Felice et de San Pietro : les monastères bénédictins
de cette période du début du Moyen-Âge étaient le pivot de
la vie religieuse, en dehors des murs de la ville bien
plus que les églises diocésaines.
Un
patrimoine aussi vaste n’était pas facile à gérer. Les
moines se retrouvèrent bientôt à devoir les défendre
contre l’usurpation par les petits seigneurs féodaux. Au
moment de la lutte pour les investitures entre les
empereurs Henri IV puis Henri IV et les papes, les abbés
du monastère de Saint-Félix étaient du côté de l’empereur,
obtenant d’autres avantages. Mais même après que la
fortune ait tourné en faveur du pape, les donations ont
continué et les privilèges de l’abbaye ont été confirmés,
abbaye qui est restée le foyer de la vie religieuse de
Vicenza jusqu’au milieu du XIIIe siècle. »
Nos commentaires sur ce
texte
Concernant le sacellum et le baptistère, nous n’avons pas eu
l’occasion de récolter sur Internet de document sur le
baptistère : en particulier, nous ignorons son emplacement
ainsi qu’un plan de fouilles. Il en est de même même en ce
qui concerne le sacellum qui pourrait être le petit bâtiment
doté d-une abside accolé au mur Sud du monastère à gauche de
la basilique (image 1).
Concernant cet extrait de texte, «En
l’an 899, lors d’un de leurs raids, les Hongrois
détruisirent une partie de la ville et incendièrent
l’abbaye. Les moines se dispersèrent en plusieurs
endroits, abandonnant la discipline et négligeant l’office
divin. La reconstruction a pris beaucoup de temps, à tel
point qu’à l’époque où l’évêque Rodolphe a été installé à
Vicenza – vers 967 – les bâtiments étaient encore en
ruines ; c’est ce qu’affirme le chroniqueur Sigebert de
Gembloux,... », on aurait tendance à l’interpréter
de la façon suivante : en 899, les Hongrois détruisent
l’abbaye et donc son abbatiale. L’abbaye se relève lentement
et en 967, elle est encore en ruines et donc l’abbatiale
reste encore en ruines. La reconstruction de cette abbatiale
ne peut avoir été faite que beaucoup plus tard … au XIIe
siècle. C’est cette interprétation qui serait donnée par de
nombreux historiens de l’art (ce n’est pas le cas de
celui-ci). Nous pensons que cette interprétation doit être
confrontée à d’autres comme celle de l’analyse de
l’architecture que nous faisons ci-dessous.
Auparavant, il nous faut mettre l’accent sur certains
aspects déviants de l’interprétation des textes. Ainsi, bien
souvent, les auteurs qu’ils soient contemporains ou
historiens modernes, interprètent les évènements d’une façon
exagérée : une épidémie, un incendie, un tremblement de
terre, une guerre peuvent avoir des effets graves sans pour
autant avoir l’effet catastrophique qu’on leur prête. Ainsi,
dans le cas présent, on nous dit qu'au cours de leur raid,
les hongrois on détruit une partie de la ville. Le mot «
détruit » qui implique qu’il y a eu destruction totale,
n’est-il pas un peu fort ? Surtout lorsque l’on sait que
dans un raid, les assaillants ne cherchent qu’à piller et à
partir le plus vite possible afin d’échapper aux renforts
accourus pour les combattre. On nous parle de l’incendie de
l’abbaye mais là encore, on n’est pas certain que
l’abbatiale ait été touchée par cet incendie. De plus,
l’exemple de la cathédrale de Paris ayant subi un incendie
en 2020 montre qu’un immeuble peut subir un incendie sans
pour autant être totalement détruit.
Une autre aspect déviant de l’interprétation des textes nous
est fourni par la phrase, « La
reconstruction a pris beaucoup de temps, à tel point que
... vers
967, les bâtiments étaient encore en ruines ». Ces
bâtiments étaient donc en ruines … depuis l’an 899. Soit 68
ans auparavant. Peut-on imaginer un seul instant qu’une
communauté de bénédictins ait pu, durant 68 ans, manger à
l’air libre, dormir à l’air libre, prier à l’air libre ?
Car, durant 68 ans, cette communauté a bien existé. Elle n’a
pas été remplacée par une autre. Comprenons qu’il y a là un
petit mystère qui doit pouvoir s’expliquer de diverses
façons.
Dernière remarque : il est bien connu qu'à l’heure actuelle,
lorsqu’un responsable monte un dossier d’indemnisation pour
des dégâts, il a tendance à exagérer l’étendue de ces dégâts
et à insister sur les bienfaits qu’apporterait une bonne
indemnisation. Ce qui se fait maintenant n’a-t-il pas pu se
passer il y a mille ans ? Ne faudrait-il donc pas
s’interroger sur l’authenticité du témoignage de Sigebert de
Gembloux (« les
bâtiments étaient encore en ruines ; c’est ce qu’affirme
le chroniqueur Sigebert de Gembloux,...»).
Concernant la non existence d’un diocèse à Vicenza, selon le
texte ci-dessus : « En
raison de sa présence (du baptistère),
certains historiens ont cru que San Felice était la
première cathédrale de Vicence. ... Cependant,
il n’y a aucune information, dans la documentation
disponible, que la ville était déjà un évêché au Ve
siècle, comme l’étaient beaucoup d’autres dans les
Venetiae ; parmi les nombreux témoignages de la présence
d’évêques vénitiens aux conciles de l’Italie
septentrionale, il n’est en effet pas fait mention d’un
évêque de Vicenza jusqu’à la fin du VIe siècle,…
Il est probable que jusqu’à la fin du VIe
siècle, la communauté de Vicenza se référait à l’évêque et
au diocèse de Padoue ». Tout ou presque permet de
penser le contraire. Au cours de la période paléochrétienne,
les paroisses étaient gérées par des episcopi
(ce qui a donné le nom
« évêques ». En conséquence, les territoires épiscopaux que
l’on appelle à présent « diocèses » étaient de dimensions
plus réduites que nos diocèses actuels, et, dans les grandes
villes, il pouvait y avoir plusieurs évêques, chacun
responsable d’une communauté. Car on a de la difficulté à
appréhender cette réalité : les clivages pouvaient être
importants à l’intérieur d’une ville, clivages dus aux
différences en matière de religions (païens, chrétiens
orthodoxes, chrétiens ariens, ...) ou de peuples
(autochtones, romains, goths,…). L’explication selon
laquelle aucun évêque de Vicenza n’est cité dans un canon
conciliaire ne tient pas : la connaissance que l’on a des
conciles n’est pas exhaustive. Et surtout on ne sait rien
des tensions pouvant exister entre des évêques de diocèses
voisins, la présence d’un évêque à un concile étant liée à
son bon vouloir, et à l’acceptation des autres. Les cas dans
lesquels un évêque a dit , « Moi je viens mais à condition
que l’autre n’y soit pas », ont été probablement fréquents.
En conséquence, nous pensons que durant la période
paléochrétienne, il a pu y avoir un, voire plusieurs évêques
à Vicenza.
Notre
analyse de l’architecture de cet édifice
La façade occidentale (images
2, 3 et 4) appraît directement issue de l’antiquité
tardive. Ce n’est en effet qu'au cours de cette période que
l’on voit des façades dont seules les pourtours des
ouvertures peuvent être décorés. Les façades de cette
période sont en général percées de trois portes permettant
pour chacune d’accéder à un vaisseau de nef.
Inversement, le chevet (image
5), décoré d’arcatures lombardes est plus typique
de l’art roman (première période de construction de ce type
d’arcatures ; datation : an 1025 avec un écart de 75 ans).
La grande baie entourée d’un cadre polychrome, actuellement
murée, a selon nous été percée ultérieurement à la
construction initiale.
Les images 6 , 7, 8 et 9
sont révélatrices d’une église issue des premières
basiliques paléochrétiennes : nef à trois vaisseaux
charpentés avec un vaisseau central surhaussé par rapport
aux collatéraux, abside semi-circulaire unique en
prolongement du vaisseau central, absence de transept, et,
on vient de le voir, absence d’ouvrage Ouest. Les seuls
éléments permettant de remettre en question la datation sont
le chevet aux arcatures lombardes et le système mixte de
piliers. Mais en ce qui concerne le chevet, on a constaté
que très souvent les ouvrages Est faisaient l’objet de
rénovations. Nous pensons que ce chevet a probablement été
refait au XIe siècle pour permettre
l’installation d’une voûte en cul-de-four. Ce que nous
appelons système mixte de piliers est l’alternance de
piliers rectangulaires de type R0000
et de colonnes cylindriques. L’utilisation du
système mixte de piliers serait inspirée de modèles issus de
peuples germaniques, modèles postérieurs aux modèles
romains. Nous n’en voyons pas l’’utilité sur le plan
architectonique en ce qui concerne le cas présent.
Les mosaïques
paléochrétiennes
Suite du texte de Wikipédia : « La
mosaïque de sol du IVe siècle – appartenant à
l’église primitive – représente l’un des aspects les plus
remarquables de la basilique. Au fil du temps, elle a été
recouverte de deux autres couches d’époques ultérieures,
et non de mosaïque. Dans l’ensemble, elle apparaît
désorganisée et fragmentaire, composée de divers panneaux
votifs aux motifs différents qui se juxtaposent ou se
chevauchent, sur les bords desquels apparaissent les noms
des donateurs, des citoyens fortunés.
Le
panneau qui semble le plus noble, organique et bien
conservé, est situé devant l’entrée et dans l’axe de la
salle. Il s’agit d’un carré avec un clypeus composé
au milieu, entouré d’un écheveau à deux bandes et de
l’inscription Felix Toribius et Immola probablement
les noms des personnes de classe sénatoriale qui l’ont
commandée (image
11). D’autres
panneaux votifs sont ceux de Léonce et Mariniana (image 12), Carpi
et Penetia, Splendonius et Justina (image
13) et
d’autres.
Deux
autres coupes de mosaïque ont été découvertes
respectivement en 1905 et 1938. Il s’agit d’une mosaïque
très régulière, composée de cercles reliés par des lignes
noires, chacun contenant un autre cercle concentrique et
une petite croix au milieu. Deux autres fragments ont été
découverts en 1974 et 1979. Toutes ces sections de sol
appartenaient à la basilique du Ve siècle et,
bien qu’appartenant au même environnement culturel que
celui de l’église primitive, sont qualitativement plus
raffinées. »
Le décor de mosaïques. apparaît sut l'image
10 de peu en dessous (environ 50 cm) du sol
actuel. Il faudrait vérifier si le plan de ce décor de
mosaïques est en lien (même orientation, contour des piliers
actuels) avec le plan de l’édifice actuel, ce qui pourrait
signifier que l’église actuelle n’est autre que l’église
paléochrétienne, profondément restaurée au cours du temps.
Nous avons découvert lors de notre visite à Poreč
(Istrie/Croatie) que des particuliers pouvaient participer
directement au décor de mosaïques en finançant des portions
entières de pavement et en inscrivant leur nom sur ce décor.
Dans le cas présent, ce serait un peu différent : dans un
décor auparavant construit, des particuliers auraient inséré
des panneaux à leurs noms. C’est ce qui semble être le cas
de la portion de la mosaïque de l'image
11. Une portion de mosaïque carrée encadrée par une
bande dorée occupe la presque totalité de l’image. Si on
fait abstraction de la partie carrée contenant
l’inscription, on s’aperçoit que l’ensemble de la portion
carrée est décomposable en une série de bandes à 45°
parallèles à la diagonale partant du bas à gauche vers le
haut à droite. Chacune de ces bandes contient une série
d’hexagones et au centre de chacune, on a un sceau de
Salomon (croix à entrelacs). Pour une bande donnée, tous les
sceaux de Salomon sont identiques. Il y a alternance de
bandes à sceaux de Salomon arrondi et d’autres bandes à
sceaux anguleux. On a là un pavement apparemment très
régulier … si on fait abstraction du panneau aux
inscriptions. Mais ce panneau à inscriptions qui n’est même
pas situé au centre du carré vient briser l’harmonie de la
composition. D’où l’idée qu’il a été installé après la pose
de la mosaïque en remplacement d’une partie de celle-ci.
Image 11 : Ex
voto de Felix Toribius et Immola.
Texte de l’inscription :
FELIX.VC
TORIBIVS
Et IMMOLA
CCFF EX VOTO
Notre traduction (sous toute réserve car nous ne sommes pas
spécialistes) : Félix a fait 100 (pieds ?), Torribius et
Immola ont fait 200 après un (ou à partir d’un) vœu.
Image 12 : Ex voto de Léonce et Mariniana.
Texte de l’inscription :
LEONTIVS
ET MARINIANA
CUM SVIS (avec les siens)
EX VOTO
Image 13 : Ex
voto de Splendonius et Justina.
Texte de l’inscription :
SPLENDONIVS
ET IUSTINA CS (CS= cum suis)
EX VOTO
Image 14. Le
symbole de la croix est représentée de multiples façons :
deux formes de sceau de Salomon, deux formes de croix
pattée, une croix en étoile.
Image 15 :
L’Adoration des Mages. Cette scène a été représentée durant
toute la chrétienté. Celle-ci témoigne d’une grande
ancienneté. On la retrouve peinte sur des parois de
catacombes (dont certaines reproduites sur notre site)
presque à l’identique de celle-ci : les mages coiffés d’un
bonnet phrygien (ce ne sont pas encore des rois), vêtus d’un
vêtement court à la romaine, portent, leur offrande à la
Vierge et son Enfant, le corps légèrement incliné vers
l’avant (Voir l'image 11 de
la page de
Saint-Apollinaire-le-Neuf à Ravenne).
Image 16 :
Sarcophage à acrotères.
Image 17 :
Association d’une croix pattée avec un chrisme (sur un
sarcophage).
Image 18 : Détail
de la face avant de l’autel principal. Réutilisation d’un
sarcophage antique : un génie ailé à côté du cartouche au
nom du défunt.
Datation
envisagée pour la basilique des Saints Félix et
Fortunat de Vicenza : an 800 avec un écart de 150 ans.