La basilique San Zeno de Vérone 

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Nous n'avons pas visité cette basilique. Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.

La page du site Internet Wikimonde consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Si le premier évêque du diocèse de Vérone, Euprepius, est nommé vers la première moitié du IIIe siècle, le huitième évêque, San Zeno, originaire d'Afrique, y est mort entre 372 et 380. Proche de la Via Gallica, un premier noyau composé d'une église et d'un monastère est érigé sur le lieu de la sépulture de cet évêque Zénon de Vérone. Le lieu est un peu excentré, vers l'Ouest, par rapport au centre de la ville. Cette première église est détruite par les Goths. Après la chute du royaume gothique en 553 et une brève domination de l’Empire byzantin, Vérone passe aux mains des Lombards et leur roi Alboin en fait l'une de ses résidences favorites. Les Lombards, de confession arienne, consentent à la permanence d'un évêque catholique à Vérone. Mais cette deuxième église est la proie des flammes vers 804.


À la suite du succès populaire du culte de San Zeno, un troisième édifice devient nécessaire. En décembre 806, une nouvelle basilique est consacrée en présence du roi Pépin et de l’évêque Rathold et les reliques du saint sont translatées dans la crypte de cette église, le 21 mai 806. Détruite par les Magyars à la fin du IXe ou au début du Xe siècle, elle est reconstruite par l'empereur Othon Ier et l'évêque Raterio selon un schéma à trois nefs, trois absides et une crypte. La crypte existante à la fin du XXe siècle date de cette époque. À la fin du XIe siècle, elle est l'objet d'un vaste projet d’agrandissement. Le séisme de 1117 à Vérone frappe le nord de l'Italie, et cause des dommages importants au travail déjà accompli du complexe tels le cloître, le campanile et des parties du monastère. Les travaux de restauration s'effectuent rapidement après le séisme et se poursuivent jusqu'en 1138. la façade se pare d'un protiro (NDLR: petit édicule construit devant l’entrée principale de certaines églises italiennes) de Niccolò pendant que l'abbé Gaudio restaure le cloître. Rénové en 1120, le campanile est complété en 1178. Entre 1217 et 1225, l'élévation de la façade et l'insertion de la rosace sont l'œuvre de maître Briolotto assisté par Adamino da San Giogio. En 1387 , l'abbé Ottonello De’Pasti finance le remaniement de l'abside et du toit en carène. L'ensemble architectural a dès lors l'aspect global qui est le sien à la fin du XXe siècle. »


Commentaires de ce texte

Nous constatons que cette église a subi beaucoup de destructions (par les goths, puis par incendie du temps des lombards, par les magyars, par le séisme de 1117) et autant de constructions ou reconstructions. Doit-on pourtant être sûrs de tout cela ? Les incendies, les tremblements de terre, les invasions dites barbares, sont des évènements certes très destructeurs. Ces évènements sont-ils cependant anéantisseurs ? De nombreux exemples montrent que ce n’est pas le cas : un monument peut survivre à un incendie ou à un tremblement de terre. Et bien que la France ait subi de nombreuses invasions barbares depuis l’an 400, il existe encore de nombreux vestiges de monuments romains construits avant l’an 400.


Analyse de l’architecture de l’édifice

Le décor des façades (hormis la façade Ouest) et des murs intérieurs (images 3, 4, 5, 6, 7), fait de bandes horizontales (de marbre ?) alternant le rouge et le blanc, nous semble trop régulier, trop « neuf ». Date-t-il de la Renaissance ? En tout cas, la façade Ouest (image 2) décorée d’arcatures lombardes de deuxième génération, nous semble plus ancienne (début du XIIIe siècle). On pourrait donc penser que l’ensemble de l’édifice remonte à la même période, contrairement à ce qui est annoncé dans le texte de Wikimonde.

Cependant, ce décor peut n’être qu’un plaquage appliqué sur des structures plus anciennes. Et à ce sujet, le plan de l’édifice (image 1) ainsi que les images de 4 à 7 sont révélateurs d’un édifice construit hérité des premières basiliques romaines : nef à trois vaisseaux charpentés avec un vaisseau central surhaussé par rapport aux collatéraux, ce qui permet l’ouverture de fenêtres supérieures pour éclairer la nef, absence de transept. En somme, cette église apparaît, par son architecture, plus proche d’une église romaine, que d’une église romane.

Il existe cependant des éléments faisant apparaître une moins grande ancienneté que celle envisagée. C’est l’existence d’un système mixte de piliers de soutien du vaisseau principal. Ce système mixte est caractérisé par l’alternance de piliers rectangulaires et de colonnes cylindriques. Les piliers rectangulaires sont de type R1111. Par ailleurs, les arcs reliant les piliers sont doubles.

L’auteur du texte de Wikipedia qui décrit les portes en bronze (voir ci-dessous) insiste sur certaines ressemblances entre ces portes et celles de la Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption d’Hildesheim, en Basse-Saxe. Il existe une autre ressemblance : celle entre les plans des deux églises, San Zeno et la cathédrale d’Hildesheim (décrite sur note site) : même nef à trois vaisseaux, le vaisseau central étant prolongé par un long avant-chœur terminé par une grande abside semi-circulaire. Une différence cependant : à Hildesheim, les piliers rectangulaires sont de type R0000 alors qu’à San Zeno ils sont des type R1111. Nous pensons cependant qu'à Hildesheim tout comme à San Zeno, il y a eu de profondes restaurations qui ont effacé les traces des dégâts et modifications que peut subir un édifice vieux de plus d’un millénaire. Les piliers, colonnes et chapiteaux auraient été, pour une part d’entre eux, remplacés, réalignés, rétablis dans la structure originelle. Il est donc fort possible qu’à l’occasion de ces restaurations, il y ait eu, pour la basilique San Zeno, transformation de piliers qui à l’origine étaient de type R0000 (comme à Hildesheim) en piliers de type R1111, avec un réaménagement des surfaces murales.


La page du site Wikipédia insiste plus particulièrement sur la façade Ouest et son porche (image 8) précédant le portail. L’auvent de ce porche est porté par des colonnettes soutenues par des lions stylophores. Nous pensons que ce type de construction assez fréquente en Italie peut être daté du XIIe ou XIIIe siècle.

Nous n’avons pas d’information sur le tympan de ce portai (image 9) qui décrit probablement un épisode de la vie de San Zeno. Nous l’estimons du XIIe siècle. Le portail qu’il protège est très probablement antérieur à cette date.

Image 10 : Un panneau latéral (côté droit du portail). Il représente quatre épisodes de la Genèse : en bas, la création d’Ève tirée de la côte d’Adam et le Péché Originel ; en haut, Adam et Ève chassés du Paradis terrestre et l’Homme forcé de travailler.

Images de 11 à 15 : Les portes de bronze.

Une autre page de Wikipédia décrit les portes de bronze de San Zeno. Cette page fiait une description très détaillée des divers panneaux. Nous en conseillons la lecture. En voici des extraits :

« La porte de la basilique San Zeno est une œuvre sculpturale d'une grande valeur historique et artistique. Elle constitue l'entrée principale de l'église dédiée au saint patron de la ville, située dans le quartier San Zeno de Vérone.

Les quarante-huit panneaux de bronze disposés sur les deux portes racontent, à travers des images évocatrices et symboliques, des épisodes de l'Ancien Testament, la vie du Christ et celle du saint patron de Vérone, San Zeno. La disposition des panneaux établit un parallèle entre les récits de l'Ancien Testament, liés à la chute de l'homme dans le péché, et ceux du Nouveau Testament, qui relatent la rédemption obtenue par le sacrifice du Christ. Le message qui se déploie dans les panneaux se prolonge sur l'ensemble du portique qui les abrite et sur les bas-reliefs en marbre qui l'entourent.
[...]

Histoire

L'idée de décorer des objets de multiples histoires sacrées n'était pas nouvelle ; en effet, à partir du Xe siècle, en lien avec la Renaissance carolingienne, de nombreux exemples commencèrent à apparaître, tels que des livres religieux (évangéliaires, sacramentaires), des autels et des reliquaires. On trouve cependant des exemples de portes à historiographies multiples dès la fin de l'Antiquité, comme celles de la basilique Sainte-Sabine à Rome et de la basilique Saint-Ambroise à Milan.


Les panneaux de la porte actuelle ont été créés à deux époques différentes (probablement à la fin du XIe et au XIIe siècle) par trois artistes principaux, avec l'aide de divers ateliers et assistants : le premier maître a créé vingt panneaux représentant des histoires du Nouveau Testament et de saint Jean, les deux heurtoirs, le panneau de saint Michel et six panneaux représentant des histoires de l'Ancien Testament ; le deuxième maître a créé quinze panneaux représentant des histoires de l'Ancien Testament et un du Nouveau Testament ; le troisième maître a créé les quatre panneaux représentant des histoires de San Zeno. Un quatrième maître a réalisé les représentations des saints fixées au centre, les unes au-dessus des autres, et a peut-être contribué à la création du panneau représentant les histoires de Caïn et d'Abel.

La première étape de travaux sur la porte

La datation de la première porte en bronze de San Zeno est un sujet complexe et controversé, bien que la plupart des chercheurs émettent l'hypothèse qu'elle aurait été réalisée vers la fin du XIe siècle. On pourrait donc la faire remonter à une initiative de l'évêque Bruno (1073-1083), originaire de Hildesheim, ville située au cœur de l'Allemagne ; cela pourrait également expliquer les similitudes entre la porte de la basilique San Zeno et les portes en bronze de la cathédrale d'Hildesheim.
[...]

La deuxième étape de travaux sur la porte

Le deuxième maître a intégré l'aile gauche de la première porte de San Zeno avec le panneau de l'Entrée du Christ à Jérusalem et a réalisé pour le vantail de droite un bloc entier sur le thème de l'Ancien Testament.

Les considérations sur le style adopté par le deuxième maître, les thèmes abordés mais aussi les références à l'outre-Rhin germanique du XIIe siècle avancé et à Byzance, permettent de dater le deuxième maître aux alentours de la neuvième décennie du siècle.

Le troisième maître, également actif dans la réalisation de la deuxième porte, s'est occupé des panneaux représentant la vie de San Zeno, disposés après les séries dédiées à l'Ancien et au Nouveau Testament et en parallèle aux panneaux sur les histoires de saint Jean-Baptiste.

La troisième étape de travaux sur la porte


La porte a été retravaillée à un troisième moment, suite à une augmentation en hauteur de celle-ci et pour compenser certaines pertes dans la partie basse. Au cours de cette intervention, qui a donné aux vantaux leur configuration actuelle, certaines plaques du premier maître, qui avaient été retirées lors de la phase précédente, ont été remises en place. Cependant, ces plaques ont été ajoutées sans une logique bien définie, avec un résultat final qui semble aléatoire. Il est évidemment passé un temps considérable depuis la deuxième intervention, si bien que la répétition de certaines histoires et la confusion du récit ne suscitaient plus d'inquiétude, en particulier dans la partie finale du deuxième vantail. L'intervention pourrait donc remonter à l'époque à laquelle est attribuée l'actuel encadrement en marbre de la porte, c'est-à-dire autour du XVe siècle. »


Notre analyse de trois panneaux

Par manque de temps, nous ne pouvons étudier que trois panneaux, les deux premiers attribués au premier maître, le troisième au second maître.

Image 13 : Le Christ en Gloire et le heurtoir du vantail de gauche.

Apparemment, la scène est bien connue : le Christ entouré par quatre anges apparaît au milieu du Ciel. En fait, cette scène admet des variantes. La plus fréquente est celle où le Christ est au milieu d’une mandorle, entouré des quatre évangélistes. Ce n’est pas le cas ici. Le Christ reconnaissable à son nimbe crucifère est à demi assis sur une structure en forme de T renversé qui lui enserre les jambes. Cette structure est posée sur une sorte de croix à bossages que deux anges soulèvent vers le ciel. C’est la première fois que nous rencontrons une telle représentation. Nous pensons qu’elle symbolise plus l’Ascension que la glorification du Christ. Il y aurait aussi sans doute la manifestation d’une exégèse, une interprétation du texte biblique du style : le Christ veut rester sur terre au milieu des siens mais il est obligé d’aller dans les Cieux.


Image 14 : La Crucifixion.

Cette scène intitulée « Crucifixion » serait plutôt une Déposition de Croix : le Christ est représenté mort, les yeux fermés. Il porte une couronne et un long pagne orné semble-t-il d’une croix pattée. Un des assistants (Joseph d’Arimathie ?) le soutient dans la descente tandis que l’autre porte la tenaille pour arracher les clous. Les deux assistants posent le pied sur un tapis en forme de losange. Ce tapis dont le décor est différent de la croix n’est pas la croix mais une représentation de la Terre.

La Vierge est représentée à gauche. À remarquer que la pièce de ferraille ajourée qui sert de cadre à la scène a été en partie entaillée pour laisser place à l’image de la Vierge. C’est là la preuve qu’à l’origine le panneau était de plus grandes dimensions.

Saint Jean est représenté à droite. Au-dessus des branches de la croix, on peut voir les personnifications du Soleil et de la Lune, images que l’on retrouve fréquemment … dans les crucifixions antérieures à l’an mille.


Image 15 : L’Arbre de Jessé (second maître)

L’image que l’on a ici est tout à fait différente des deux précédentes tant par son style, du XIIe ou XIIIe siècle, que par le thème représenté fréquent au XVe ou XVIe siècle mais plus rare dans les siècles antérieurs. En fait, ce serait la plus ancienne que nous connaissons … mais nous sommes loin de tout connaître !

Le texte ci-dessus évoque une datation de la fin du XIe siècle pour l’œuvre du premier maître, du XIIe siècle pour celle du second maître. Au vu des trois images que nous venons d’étudier brièvement, nous envisageons des écarts nettement plus importants entre les deux réalisations, aux alentours de l’an 800 pour celle du premier maître, de l’an 1250 pour celle du second.


Datation envisagée pour la basilique San Zeno de Vérone : an 850 avec un écart de 100 ans.