Le baptistère Saint-Jean Baptiste de Vérone
Nous n'avons pas visité cet édifice. Les
images de cette page sont extraites de galeries d'Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à ce baptistère
nous apprend ceci :
« Histoire
L’église d’origine, dédiée à Saint-Jean Baptiste, remonte
à l’époque lombarde, probablement construite au VIIe
ou VIIIe siècle. Ce premier bâtiment,
cependant, a été endommagé par le terrible tremblement de
terre de Vérone en 1117 de sorte qu’en 1123, il a été
reconstruit à la demande de l’évêque de Vérone, Bernardo,
dans les formes romanes qui le distinguent encore
aujourd’hui, alors utilisé comme baptistère de la
cathédrale. Comparé à ceux d’autres villes, généralement
avec un plan central, ce baptistère diffère par sa forme,
étant une véritable église à trois nefs, la centrale étant
plus longue que les nefs latérales. Le bâtiment, quant à
lui, présente de nombreuses similitudes avec l’église de
San Giovanni in Vale, tant en termes de caractéristiques
architecturales que sculpturales, à tel point que les
spécialistes pensent que les deux bâtiments ont été
construits en même temps. Les fonts baptismaux monumentaux
ont été réalisés à la fin du XIIe siècle,
probablement par Briolo de Balneo. Sur les huit faces,
bordées de colonnes et d’arcs suspendus, ils
représentaient l’Annonciation, la Visitation, la Nativité,
l’Annonce aux bergers, l’Adoration des Mages, Hérode
ordonnant le massacre des innocents, Le Massacre des
innocents, La fuite en Égypte et la Baptême du Christ.
Au XIVe siècle, l’intérieur a été décoré de
fresques, dont certains fragments sont encore visibles, en
particulier la Madonna della Misericordia située dans
l’abside droite. »
Nos
commentaires
Le plan de l'image 1 fait
apparaître en premier la cathédrale de Vérone occupant la
presque totalité de la largeur de .l’image. Il reste à
droite et au-dessus de l’abside l’église Saint-Jean Baptiste
reconnaissable à sa cuve baptismale et sa nef à trois
vaisseaux, et, au-dessus de la nef de la cathédrale, un
autre corps de bâtiment à nef unique qui pourrait être
l’église Sainte-Hélène identifiée sur la vue par satellite
de l'image 3.
Sur cette dernière image, on repère un corps de bâtiment à
toit à plan circulaire ou polygonal situé contre la
cathédrale. Serait-ce le reste témoin d’un ancien baptistère
? En effet, l’auteur du texte ci-dessus s’étonne du fait que
le baptistère actuel soit à plan orienté alors
qu'habituellement les baptistères sont à plan centré.
Nous pensons qu’à l’origine il y avait bien un bâtiment à
plan centré faisant office de baptistère et dédié à
Saint-Jean Baptiste. Mais plusieurs siècles après sa
construction et peut-être à l’occasion du projet
d’installation d’une grande cuve baptismale, il a été prévu
de déplacer les fonctions baptismales dans une autre église,
l’église actuelle renommée en Saint-Jean Baptiste.
L’église (images 2, 4, 5
et 6) a les caractéristiques d’une basilique issue
des premières basiliques romaines. Rappelons celles-ci : nef
à trois vaisseaux charpentés, le vaisseau central étant
surhaussé par rapport aux collatéraux, vaisseau central
porté par des colonnes cylindriques, abside unique, absence
de transept. On note cependant pour cette église des
améliorations par rapport à ce modèle paléochrétien : si le
vaisseau central est charpenté, les collatéraux sont voûtés
en voûtes d’arêtes. Le système de piliers est mixte : il y a
alternance de piliers rectangulaires et de colonnes
cylindriques. Nous ne pensons pas cependant que ce mode
opératoire soit lié à des conditions architectoniques : la
présence de deux piliers à section rectangulaire pourrait
symboliser un partage de la nef en deux parties. Notons
enfin que le plan d’ensemble est celui d’une église à nef à
trois vaisseaux avec trois absides en prolongement,
dépourvue de transept, plan très répandu qui aurait été
utilisé pendant plusieurs siècles avant l’an mille.
Les fonts baptismaux de forme octogonale occupent une grande
partie du vaisseau central de cette nef. La cuve baptismale
est placée au centre de cet octogone. Sa forme est
quadriconque (image 7).
Nous ne sommes pas certains que cette cuve soit la cuve
d’origine (nous n’avons pas d’information là-dessus). Les
exemples de cuve entourée comme ici de conques sont
cependant nombreux.
Le décor des 8 faces des
fonts baptismaux (images
de 8 à 15)
Image 8 :
L’Annonciation.
Image 9 : La
Visitation, la Nativité et le Bain de l’Enfant.
Image 10 :
L’Annonce aux bergers.
Image 11 :
L’Adoration des Mages ; image un peu surprenante car l’un
des mages semble s’en aller, se détournant de la scène.
Image 12 : Hérode
ordonne le massacre des Saints Innocents.
Image 13 : Le
massacre des Saints Innocents.
Image 14 : Le Songe
de Joseph et la fuite en Égypte.
Image 15 : Le
Baptême du Christ.
Questions au sujet de cette représentation
Nous sommes un peu surpris de découvrir ces images qui ne
correspondent pas à l’idée que nous nous faisons d’un décor
de fonts baptismaux, un décor que l’on peut par ailleurs
retrouver sur d’autres fonts baptismaux. Les fonts
baptismaux sont associés au baptême qui est le passage de
l’être humain dans une Vie Nouvelle. Ce passage peut
s’exprimer de diverses façons : le retour au paradis
terrestre duquel Adam et Ève avaient été chassés, l’entrée
dans le Paradis Céleste, l’Arbre de Vie. Bien sûr, l’image
du Baptême du Christ doit être présente.
On peut éventuellement représenter quelques épisodes de la
Vie de Jésus comme l'Annonciation, ou l'Ascension au Ciel,
avec, bien sûr, son Baptême, qui lui, est prioritaire. Mais
ce n'est pas tous les épisodes de la Vie de Jésus qui
doivent être représentés car il faut qu'il y ait un rapport
avec la cérémonie du baptême (ce rapport, il peut exister
avec des scènes comme les Noces de Cana, ou Jésus et la
cananéenne). Mais dans le cas présent, toutes les scènes
appartiennent à la Vie du Christ, mais seulement son Enfance
et, dans la plupart des cas, on ne voit pas le rapport avec
le baptême.
De plus, traditionnellement, parmi les images de la Vie de
l’Enfance de Jésus, c’est celle de la Nativité qui est
probablement la plus représentée. Or ici, la Nativité
mélangée à deux autres scènes, la Visitation et le Bain de
l’Enfant dans un même tableau, semble négligée par rapport à
l’Annonciation ou l’Annonce aux bergers figurées, chacune,
dans des tableaux différents.
Notre étonnement est encore plus fort lorsque nous
constatons qu’une seule histoire biblique occupe trois,
voire quatre tableaux. En effet, le voyage des Mages se
termine par leur rencontre avec Hérode qui, apprenant qu’un
nouveau-né risque de devenir roi à sa place, décide de faire
tuer tous les nouveaux-nés. Joseph réveillé en songe décide
de fuir avec sa famille en Égypte. Cette histoire révélée
sur trois, voire quatre faces, n’a que peu de rapports avec
la liturgie du baptême. Quelle explication doit-on donner à
sa présence sur ces fonts baptismaux ?
Nous pensons qu'aux alentours de l’an mille, le baptême
avait une double fonction : faire entrer l’individu dans la
grande communauté des chrétiens, mais aussi faire entrer
l’individu dans une communauté plus restreinte, la
communauté locale, une communauté qui avait un passé qu’elle
devait défendre. Dans le cas présent, cette communauté était
restreinte à Vérone ou peut-être même, plus encore, les
lombards (ou les francs, ou les latins) de Vérone. Dans le
passé, cette communauté avait peut-être subi le massacre de
ses enfants et il était important de le rappeler d’une façon
ou d’une autre.
Datation
envisagée pour le baptistère Saint-Jean Baptiste
de Vérone : an 800 avec un écart de 150 ans.
Les fonts baptismaux auraient été installés ultérieurement :
an 1125 avec un écart de 75 ans.