L’église des Saintes Teuteria et Tosca de Vérone
Nous n'avons pas visité cette église, ce
qui explique que les images de cette page sont extraites de
galeries d'Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« L’église
des Saintes Teuteria et Tosca, également connue sous le
nom de sacellum des
Saintes Teuteria et Tosca, est un lieu de culte catholique
situé au cœur du centre historique, derrière l’église des
Saints Apôtres et non loin de la Porta Borsari. Née comme
tombeau romain ou martyrium
paléochrétien, elle est considérée comme la plus ancienne
église de la région de la Vénétie.
Histoire
La
petite chapelle, construite sur le côté et à une courte
distance de l’ancienne Via Postumia, dans une zone
funéraire qui, à l’époque romaine, se trouvait à
l’extérieur des murs de Vérone, a probablement été
construite au Ve siècle avec l’église adjacente
des Saints Apôtres. Ce premier bâtiment doit avoir été
caractérisé par un plan en croix grecque avec le corps
central élevé au-dessus des quatre bras et un toit en
berceau et initialement, selon le surintendant Alessandro
Da Lisca, il devait s’agir d’un tombeau romain, réadapté
au culte chrétien seulement plus tard, tandis que d’autres
spécialistes émettent l’hypothèse qu’il s’agit d’un
martyrium,
ou un sanctuaire érigé sur la tombe d’un martyr. Ce
premier bâtiment était donc très similaire au mausolée
plus connu de Galla Placidia à Ravenne. également du Ve
siècle, dont les similitudes ne s’arrêtent pas seulement à
la forme mais concernent également la technique de
construction.
Au
VIIIe siècle, l’édifice a été rénové à
l’occasion de la déposition des reliques de deux saintes,
Teuteria et Tosca, commandée par l’évêque de Vérone
Annone, qui a consacré l’église en 751. Le culte de Tosca,
sœur de l’évêque Proculus, s’est en effet répandu à Vérone
dès le début du Moyen-Âge , tandis que celui de Teuteria
n’est apparu qu’au XIIe siècle, sans jamais
avoir d’officialisation particulière. La légende qui
raconte les deux saintes affirme que cette dernière était
la fille du roi d’Angleterre, fuyant le noble païen Oswald
; elle arriva dans la ville et trouva refuge dans une
grotte habitée par Tosca, une ermite. Lorsque les
assassins sont arrivés, des araignées ont tissé une toile
si épaisse sur l’ouverture qu’elle a empêché l’entrée et a
sauvé les deux saintes, qui ont vécu ensemble pour le
reste de leur vie, mourant à quelques jours d’intervalle
en 263.
En
1160, à la suite d’une reconnaissance, les deux corps et
une lamelle de plomb avec l’inscription "Teuteria
Virgo Deo Dicata" ont
été retrouvés, de sorte que le 14 septembre, l’évêque
Ognibene a décidé de reconsacrer le bâtiment.
Dans
la première moitié du XIVe siècle, le
sacellum a
été rénové et agrandi de manière plus lourde, perdant le
plan cruciforme pour un plan quadrangulaire, qui le
caractérise encore aujourd’hui. [...]
Description
Le sacellum n’a
pas de façade, car il est adossé à l’église adjacente des
Saints Apôtres, tandis que toutes les autres élévations
extérieures sont lisibles, et ont un parement mural
apparent qui permet une lisibilité facile des
stratifications et des transformations subies par le
bâtiment au cours des siècles. La maçonnerie est
principalement constituée de briques et de galets de
rivière, mais il y a aussi quelques insertions de pierres
de taille calcaires. [...]
La
structure est de forme presque carrée et se compose d’une
salle divisée en trois petites nefs, avec quatre piliers
massifs de section carrée. Cependant, la disposition
cruciforme d’origine, antérieure aux transformations du
XIVe siècle, est encore facilement lisible. La
nef centrale se termine par le presbytère, surélevé d’une
marche, puis par une abside semi-circulaire. Les travées
sont couvertes de voûtes en berceau, tandis que l’espace
central est surmonté d’une voûte croisée et l’abside d’un
demi-chapeau sphérique. [...] »
Notre commentaire de ce
texte et l’analyse architecturale de cette église
Nous notons d’abord que, « En
1160, à la suite d’une reconnaissance, les deux corps (qui)
ont
été retrouvés, ... , l’évêque Ognibene a décidé de
reconsacrer le bâtiment. ». Ce petit bout de phrase
permet de confirmer ce que nous avons dit en d’autres
occasions : une consécration ne correspond pas forcément à
l’inauguration d’un bâtiment neuf. Cela peut être comme ici
la découverte de reliques. L’acte de consécration est la
confirmation officielle qu’un objet (tombeau, autel,
reliquaire, église) contenant des reliques est aussi sacré
que les reliques qu’il contient.
Concernant, le plan primitif de cette église et sa
ressemblance avec le mausolée de Galla Placidia à Ravenne
(mais est-on certain que ce mausolée est bien celui de Galla
Placidia? Et avant même cela, que c’est bien un mausolée ?)
le texte nous apprend ceci : « Ce
premier bâtiment doit avoir été caractérisé par un plan en
croix grecque avec le corps central élevé au-dessus des
quatre bras et un toit en berceau » et plus loin,
« Ce
premier bâtiment était donc très similaire au mausolée de
Galla Placidia à Ravenne ». Plus loin encore : « Cependant,
la disposition cruciforme d’origine, antérieure aux
transformations du XIVe siècle, est encore
facilement lisible. »
Nous avouons n’avoir pas vu cette « disposition
cruciforme d’origine », pourtant dite, «encore
facilement lisible ». Il existe bien sur les murs
des traces de reprise ou de réfection mais, à notre avis ,
rien qui s’apparente à un changement radical : le passage
d’un plan cruciforme à celui d’une église à plan orienté à
nef à trois vaisseaux ainsi décrite : « une
salle divisée en trois petites nefs, avec quatre piliers
massifs de section carrée ».
De plus, la ressemblance de cette église, même rendue à un
aspect cruciforme, avec le mausolée de Ravenne nous semble
problématique. Nous avons sur notre site des églises comme
Sao Frutuoso de Montellos au Portugal, Sainte-Croix de
Montmajour en Provence ou Sainte-Croix de Nin en
Dalmatie/Croatie, qui sont plus pertinentes quant à la
ressemblance.
Si nous devions faire des rapprochements de cette église
avec d’autres, ce serait avec l'église Saint-Nicolas de
Koločep, ou l'église Saint-Nicolas de Lopud en Dalmatie.
Pour ces deux églises, nous n’avons jamais envisagé qu’elles
aient pu être auparavant à plan cruciforme.
Remarque :
la cuve baptismale de l’image
8 vient de la basilique San Lorenzo. La présence
d’une cuve baptismale dans une église indique qu’à l’origine
on y pratiquait le baptême. Ce qui n’est pas le cas de
toutes les églises.
Il n’est donc pas prouvé que l’on célébrait le sacrement du
baptême en cette église des Saintes Teuteria et Tosca. Nous
venons de voir qu'à l’origine, ce n’était peut-être pas une
église à plan cruciforme (sauf d’éventuelles preuves
apportées par des fouilles archéologiques dont nous n’avons
pas connaissance). Était-ce bien un sacellum
?
Datation
envisagée pour l'église des Saintes Teuteria et
Tosca de Vérone : an 800 avec un écart de 150 ans.