La basilique San Lorenzo de Vérone 

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Nous n'avons pas visité cette basilique. Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Histoire

Une première église dédiée à San Lorenzo a été construite au début du Moyen-Âge le long de la Via Postumia dans un tronçon de route qui, de l’extérieur de la ville jusqu’à la basilique de San Zeno, était utilisé comme lieu de sépulture. Il a peut-être été construit au Ve ou VIe siècle mais il est mentionné pour la première fois dans la composition Versus de Vérone, écrite à la fin du VIIIe siècle, et dans un acte du 20 juin 814. L’édifice a été détruit lors des invasions barbares ultérieures, probablement celle qui a eu lieu par les Hongrois au Xe siècle. Seuls quelques fragments de cet édifice ont survécu, dont un
pluteus (élément de clôture de chœur) de l’époque lombarde, des piliers, des chapiteaux et des pierres tombales, qui ne sont plus placés dans leur position d’origine mais réutilisés de diverses manières, notamment pour la reconstruction de l’église actuelle.

L’église dans sa forme actuelle, cependant, remonte au XIIe siècle : les travaux ont probablement commencé en 1110 mais se sont rapidement arrêtés, en raison de difficultés économiques ou peut-être du terrible tremblement de terre de 1117. Lorsque les travaux ont repris, il a été décidé d’adopter une variante dans les techniques de construction, qui ont vu le remplacement des assises de pavés par des pierres de taille en tuf ainsi que la conception des matroneums (galeries ou triforiums réservés aux femmes), et, peut-être, la juxtaposition des tours d'escaliers avec la façade. De plus, lors des restaurations qui ont eu lieu à la fin du XIXe siècle, une feuille de plomb a été trouvée qui témoigne qu’en 1110, au début des travaux, les reliques du bienheureux Ippolito, geôlier de San Lorenzo et converti par lui au christianisme, ont été placées par l’évêque de Vérone Zufeto.

Au cours des siècles suivants, des travaux ont été réalisés qui ont embelli l’appareil décoratif de l’église : entre le XIIIe et le XIVe siècle, des fresques ont été réalisées. [...]. Les transformations baroques et néoclassiques qui ont eu lieu entre le XVIIe et le XVIIIe siècle ont été éliminées lors des travaux de restauration qui ont eu lieu entre la fin du XIXe siècle et la deuxième période d’après-guerre, visant à restaurer l’aspect roman de l’édifice et au cours desquels la démolition de l’oratoire construit en 1824 a été effectuée, dont seules quatre colonnes corinthiennes ont subsisté. »


Commentaires sur ce texte

On retrouve l’argumentation développée quasi universellement et que nous avons constamment remise en question : l’existence d’une église en cet emplacement est prouvée. Mais cette église a été détruite (ici par les hongrois, ailleurs par les normands, ou un tremblement de terre ou un incendie ; peu importe, l’important étant de prouver la destruction). L’église a été reconstruite au XIIe siècle.

Cependant, nous remarquons que l’auteur lui-même de ce texte constate des différences dans l’appareil de maçonnerie : « Lorsque les travaux ont repris, il a été décidé d’adopter une variante dans les techniques de construction, qui ont vu le remplacement des assises de pavés par des pierres de taille en tuf... ». Ces différences, nous les constatons aussi sur les images 5 (alternance de pierres et de briques) et 9 (autre type d’une alternance plus régulière) ou 12.


Analyse de l’architecture de l’édifice

L’auteur du texte ci-dessus a bien constaté les différences d’appareil de maçonnerie. Il en a déduit qu’il y avait eu plusieurs étapes de travaux. Cela ne semble pas avoir modifié son point de vue : pour lui, l’église a été construite au XIIe siècle. Les travaux ont commencé en 1110. Puis il y a eu le tremblement de terre en 1117. Pour les autres églises, les historiens locaux déduisent de cette information que tout a été détruit et donc que l’église qu’ils étudient est postérieure à cet évènement. Mais dans le cas présent, il faut expliquer cette différence d’appareil. L’explication est facile : entre 1100 et 1117, on construit avec la première méthode, après 1117, avec la seconde.

Une explication un peu trop facile selon nous. Car elle n’explique pas comment, en quelques années, on peut changer radicalement de méthode de construction. Car si l’église était en construction en 1117, cela signifie que la fin de construction était prévue moins de cinq ans après. Et même si le tremblement de terre a provoqué des retards dans les délais de livraison, ceux-ci ne doivent pas dépasser quelques années. Il existe cependant une explication envisageable de ce changement effectué en quelques années : celle selon laquelle, à la suite de ce tremblement de terre, les constructeurs aient adopté des normes antisismiques. Mais cela, il faut le prouver et nous ne sommes pas certains que les historiens locaux puissent le faire.


Les éléments caractéristiques de cette architecture

C’est une église à plan basilical, plan issu des premières basiliques romaines : nef à trois vaisseaux avec un vaisseau central surhaussé par rapport aux vaisseaux latéraux. Mais là s’arrête la comparaison. Car dans le modèle primitif romain, les vaisseaux de nef sont charpentés, les piliers sont des colonnes cylindriques, le plus souvent monolithes et il n’y a pas de transept et de tribunes latérales.

Le système de piliers porteurs du vaisseau principal est un système mixte : alternance de piliers de type R1111 et de colonnes cylindriques (image 6). Le système architectural de la nef est un système dit lié (lorsqu’une travée du vaisseau central correspond à deux travées des collatéraux, le système est dit lié). Les collatéraux sont voûtés d’arêtes. Le vaisseau central est voûté en berceau plein cintre sur doubleaux plein cintre. Il y a des tribunes latérales. Il y aussi un transept : il s’agit d’un transept bas et débordant dont la largeur est celle d’une travée de vaisseau central ; il n’y a pas du tout de croisée du transept.

A priori et au vu des diverses améliorations par rapport au plan primitif, on pourrait envisager que la construction de cette église est relativement tardive : pas du XIIe siècle, peut-être du XIe siècle.

Cependant, nous avons constaté en de nombreuses occasions que des églises anciennes avaient pu être transformées ultérieurement afin de répondre à des situations nouvelles. Et ce pourrait être le cas de celle-ci.

Examinons l'image 9 de la partie Nord-Ouest. Nous voyons, traversant l’image de bas en haut presque en son milieu, un massif pilier cruciforme (nous disons : de type R1111), et, à droite et dans la partie basse, une colonne cylindrique monolithe. Le pilier et la colonne supportent des arcs. On retrouve la même scène dans la partie supérieure mais avec une hauteur plus réduite.

Revenons à notre pilier. Il est bâti en alternance de pierres et de briques. Pour simplifier nous dirons qu’il est « à rayures horizontales ». Par contre, la portion de mur située entre et au-dessus des arcs de la partie basse n’est pas à rayures horizontales. On pourrait penser : « Pourquoi pas ? C’est possible que les constructeurs n’aient pas eu envie de le faire à rayures horizontales ». Cependant, on retrouve ces rayures horizontales dans la partie haute entre et au-dessus des arcs. Notre idée est qu'à l’origine, il ne devait y avoir que des piliers cylindriques monolithes et les arcs au-dessus de ces colonnes. Pour une colonne sur deux, il y a eu remplacement ou consolidation de la colonne par un pilier à rayures horizontales. Et ce dans le bit d’aménager la partie supérieure en tribunes et de voûter les vaisseaux de nef.

Constatons de plus sur cette image 9 que les murs situés en arrière-plan, murs extérieurs de collatéraux, sont bâtis dans un appareil différent. Ce sont probablement les murs de l’église primitive.

L’existence d’un transept bas est aussi caractéristique de travaux effectués à partir d’une construction antérieure. Les transepts auraient été introduits en Europe de l’Ouest et du Nord avant l’an mille. Les premiers transepts auraient été construits sur une nef à trois vaisseaux construite antérieurement. Les premiers transepts étaient peu évolués. Ce n’est que plus tard, au cours du XIIe siècle, et principalement dans les constructions nouvelles, qu’ont été construits des transepts hauts et débordants avec une tour de croisée du transept.

L'image 12 révèle l’existence de plusieurs fresques superposées. On observe en effet une discontinuité entre, d’une part, l’image d’une sainte, au centre, et, à droite de la sainte, un ange portant un phylactère. Nous pensons que l’ange au phylactère, probablement du XIIIe siècle, est postérieur à la sainte, probablement du XIIe siècle. Il est possible qu’il y ait sur cette image d’autres couches de fresques.


Datation envisagée pour la basilique San Lorenzo de Vérone : an 800 avec un écart de 150 ans.

Remarque : il est possible que l’église soit plus ancienne encore, compte tenu de son passé d’église cimétériale.