L’église Santa Maria Antica de Vérone 

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Nous n'avons pas visité cette église. Les images de cette page sont extraites de galeries d'Internet.

La page du site Internet Wikimonde consacrée à cette église nous apprend ceci :

« L’église Santa Maria Antica est une église catholique romaine de style roman dont l'origine date de 1185 et reconstruite après le tremblement de terre de 1117 qui a détruit l'édifice d'origine, qui remontait à la fin de la période de domination lombarde au VIIe siècle, dont le seul vestige subsistant est un fragment de sol en mosaïque noire et blanche.

Histoire


Le bâtiment actuel a été consacré par le patriarche d’Aquilée et servait de chapelle privée à la famille Scaliger, régnant à Vérone, située à côté de leur cimetière familial, les tombeaux des Scaliger du XIIIe siècle. L'église possède un petit clocher en tuf avec trois cloches baroques de style roman, avec des fenêtres à meneaux et une flèche couverte de briques. Vers 1630, l'intérieur à trois nefs fut modifié en style baroque. Une restauration de la fin du XIXe siècle rétablit l'intérieur roman d'origine. [...] Les deux absides latérales sont en tuf et terre cuite, et l'abside centrale est décorée de deux fresques du début du XIVe siècle. L'extérieur avec de petites fenêtres, présente des bandes alternées de tuf et de terre cuite. [...] Des fouilles ont permis de découvrir un cimetière près de l'église, contenant une cinquantaine de sépultures du XIe siècle, certaines alignées nord-sud, d'autres est-ouest.  »


Commentaires de ce texte

Il témoigne d’une certaine incohérence peut-être liée à la traduction de l’italien. Le texte nous raconte en effet au début que l’origine de l‘église date de 1185 mais il est ajouté un peu plus loin que l’édifice (toujours) d’origine remontait au VIIe siècle. Il y a aussi l’information selon laquelle cet édifice aurait été détruit par un tremblement de terre en 1117 et reconstruit en 1185, soit 68 ans après la destruction. Ce qui signifie que trois générations de Véronais se sont succédé sans aller à la messe du dimanche.

Nous pensons que, comme cela arrive souvent, l’historien qui a étudié cette église n’a trouvé que peu de documents la concernant : une information signalant l’existence de l’église au VIIe siècle, une autre datée de 1185. Et enfin, l’information selon laquelle il y a eu un grave tremblement de terre dans la région de Vérone en 1117. La suite est logique: ! Il y a eu un tremblement de terre en 1117. Donc l’église a été détruite. Donc l’église qui a été détruite a été reconstruite. Un événement est signalé en 1185. Aussitôt on en déduit que l’église a été reconstruite en 1185. C’est très souvent ainsi que cela se passe ! L’absence de documentation a pour conséquence des explications simples voire simplistes exprimées sur un ton catégorique. Avec un veto omniprésent : cette église n’est pas antérieure à l’an mille ! Elle ne peut pas être antérieure à l’an mille. Elle ne doit pas être antérieure à l’an mille.


Notre analyse de l’architecture de l’édifice

Les images 1, 2 et 3 de l’extérieur de l’édifice montrent une église insérée dans un îlot d’habitations. Et il est difficile (pour ne pas dire, impossible...) de repérer les formes caractéristiques d’une église à nef à trois vaisseaux avec un vaisseau central surhaussé par rapport aux collatéraux. Ajoutons à cela que les murs extérieurs de l’édifice apparaissent comme neufs et lui donnent l’aspect d’une église néoromane. Il est d’ailleurs possible que lors de la restauration du XIXe siècle, ces murs aient été refaits.

Cependant, grâce aux images 4 et 5, on constate que l’intérieur est bien celui d’une nef à trois vaisseaux avec trois absides en prolongement des vaisseaux de nef. On remarque de plus l’absence de transept. Avec ce type de plan, on s’attendrait à ce que le vaisseau central soit surhaussé par rapport aux collatéraux, de manière à dégager des fenêtres supérieures permettant d’éclairer la nef. On s’attendrait aussi que les trois vaisseaux soient charpentés et non voûtés. Or ce n’est pas le cas : le vaisseau central n’est pas surhaussé et il est voûté. Mais il arrive souvent qu’une nef à l’origine charpentée soit ultérieurement voûtée. Et c’est très probablement ce qui s’est passé ici. Selon nous, la nef était préalablement charpentée. On a décidé de la voûter. Voyons ce qui s’est passé pour le vaisseau central, seul visible sur l'image 4. On a commencé par installer des arcs doubleaux sur des consoles accrochées aux murs. Puis on a posé des voûtes d’arêtes sur ces arcs doubleaux. Ces voûtes d’arêtes pouvant exercer une pression latérale sur les murs, on avait décidé auparavant de ne pas les installer trop en hauteur. Et donc d’abaisser le vaisseau central. Ce qui explique que le vaisseau central n’est pas surhaussé par rapport aux collatéraux.

Revenons aux arcs doubleaux. Nous avons dit qu’ils étaient posés sur des consoles insérées dans les murs latéraux. Nous pensons que cette technique architecturale n’est pas romane. Ce serait selon nous une invention de l’époque gothique qui remonterait au moins à la seconde moitié du XIIIe siècle.

En conséquence, nous pensons être en présence de l’église primitive qui n’aurait pas été entièrement détruite en 1117 (mais peut-être endommagée et réparée).

Image 6 : C’est le fond de l’abside. Ce n’est pourtant pas le tableau qui nous intéresse, mais ce qu’il y a derrière et qui apparaît en partie de part et d’autre du tableau. Il s’agit des éléments d’un décor fait de séries de cuvettes. Un décor nouveau pour nous. Il ne présente peut-être que peu d’intérêt mais nous avons pensé que ce devait être bon de se poser la question de sa provenance.


Datation envisagée pour l'église Santa Maria Antica de Vérone : an 750 avec un écart de 150 ans.