Le site archéologique d'Althiburos  

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Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter ce site archéologique durant le voyage effectué en Tunisie en avril 2025, c'est pouquoi les images de cette page sont extraites de galeries d'Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site nous apprend ceci :

« Histoire

Les plus anciennes traces d'urbanisme sur le site remontent aux Xe -XIe siècles av. J.-C.. De même, le site atteste du développement local de la viticulture, du travail du fer et d'une domestication indépendante
(?) des bovins. Par ailleurs, le site atteste aussi de la présence d'une population pleinement sédentaire au Xe siècle av. J.-C. dont l’économie reposait sur l’agriculture , notamment la céréaliculture et l’arboriculture (vigne, figuier et olivier) mais aussi possiblement la production de fer.

Ancienne cité numide passée sous l'influence de Carthage, située sur la route reliant Carthage à Théveste, la cité obtient de l'empereur Hadrien (117-138) le statut de municipe sous le nom de
Municipium Aelium Hadrianum Augustum Althiburitanum.

Prospère aux IIe et IIIe siècles puis siège d’évêché aux IVe- Ve siècles, la cité est ensuite désertée par ses habitants qui partent s'installer à Ebba Ksour, nom ancien de la ville voisine de Dahmani, ce qui contribue à la préservation de certains bâtiments.

Outre des récits de voyages qui le décrivent, le site n'a vu que peu de fouilles archéologiques. Une campagne qui a lieu en 1895 est menée par des militaires qui dégagent la mosaïque dite Catalogue des navires d’Althiburos. Des fouilles commencées en 1908, interrompues puis reprises en 1912, dégagent une partie du forum, une rue principale et une porte monumentale à une baie, avec une inscription dédiée à Hadrien.

Sous l'égide de l’Institut national du patrimoine de Tunisie, des équipes espagnoles et italiennes mènent sur le site des projets de fouilles depuis 2006-2007.

Monuments


Le théâtre romain se situe au sommet d'une colline. Des vestiges partiellement enterrés ne subsistent au milieu de blocs épars qu'une série de 19 arcades dont seul dépasse le sommet, surmontées de cinq arcades du premier étage. René Cagnat et Henri Saladin, à la fin du XIXe siècle, donnaient les dimensions suivantes pour ce théâtre : soixante mètres de diamètre et 35 mètres de largeur de scène. Les actions archéologiques menées à partir de 2007 ont comme objectif le relevé des ruines et la reconstruction du théâtre. »


La vue par satellite de l'image 4 est très surprenante car on a plus l’impression d’être en présence d’un amphithéâtre, à plan circulaire, que d’un théâtre, à plan semi-circulaire. De plus, les arcades des images 5 et 6, bien détachées en hauteur, sont discernables sur l'image 4 grâce à leur ombre portée. Elles sont situées côté Nord-Est du théâtre. Leur plan est celui d’un arc de cercle d’environ 120°. Ces arcades ne sont pas situées du côté des gradins mais de celui du fond de scène. Celui-ci devrait âtre plat comme pour les autres théâtres. Nous n’avons pas d’explication à cela.

Les images 9, 10, 11, 14 et 15 sont très représentatives de ce que nous avons eu l’occasion de voir au cours de notre voyage en Tunisie : de très belles mosaïques exposées en plein air et non protégées. Espérons qu’un effort sera fait pour les conserver. Étudions quelques unes :

Image 9 : On distingue à peine, en haut et à droite à l’intérieur d’un hexagone, ce qui pourrait être le contour d’un visage humain. La figure située à l’intérieur du trapèze isocèle en bas et à gauche est plus facilement identifiable. C'est la tige de millet qui aurait une importance symbolique pour certaines religions ou groupes humains.

Image 11 : C’est une vue détaillée du pavement de l'image 10. À l’intérieur d’ovales, apparaissent divers dessins à caractère probablement symbolique. Ces ovales encadrent des panneaux en forme d’hexagone ou de croix (image 10). Ces panneaux contiennent eux-mêmes des croix. Ainsi la croix entrelacée appelée « Nœud de Salomon » visible en haut de cette image 11.


La mosaïque de l'image 14 est difficilement identifiable. Par contre, sur celle de l'image 15, on discerne un certain nombre de croix. Il est difficile de savoir ce que signifient ces croix. C’est d’ailleurs l’objet d’une recherche de notre part. On pense bien sûr au symbole chrétien. Mais le symbole de la croix existait avant son adoption par le christianisme. D’ailleurs le fait que le Christ ait été supplicié sur une croix peut être le témoignage d’un symbolisme antérieur au christianisme. Le supplice de la croix, tout comme celui de l’écartèlement ou de la roue, pourrait provenir de l’idée de rejeter le mauvais esprit aux quatre coins de l’horizon.

Cependant, on est bien obligé de remarquer le nombre et la variété de ces croix et imaginer que cela n'a pas été fait seulement pour rejeter le mauvais esprit aux quatre coins de l’horizon : il suffisait d’une croix. Il faut en revenir à l’histoire des persécutions aux débuts du christianisme. Si, au cours du premier siècle, les chrétiens ont été combattus et pourchassés, assez rapidement, à partir du second siècle, des édits impériaux ont simultanément interdit les pogroms et combattu le prosélytisme chrétien. Les chrétiens n ‘avaient pas le droit de manifester leur foi en public. Mais ils pouvaient la manifester dans le cadre privé en utilisant des symboles comme le poisson ou le chrisme. La présence de ces croix ne constitue pourtant pas une preuve que la maison était une demeure chrétienne. Par ailleurs, la question des croyances est d’une grande complexité (disparités entre religions, hérésies, superstitions, mimétismes, syncrétismes, ...)

Image 16 : Mosaîque représentant une tête féminine provenant d’Althiburos. Datée du IIIe siècle, elle est exposée à l’Institut du monde arabe à Paris. Nous sommes surtout frappés par la petite boule de couleur verte au-dessus de sa tête . S’agirait -il d’un chignon ? Nous ne le pensons pas car le style de coiffure, longs cheveux blonds nattés, ne correspond pas à la confection d’un chignon qui ramène les cheveux derrière la tête. Nous sommes donc obligés d’envisager autre chose. Serait-ce une sorte d’auréole ? Un signe montrant que la personne est décédée ?

Images 17 et 18 : Mosaïque dite du « Catalogue des navires d’Althiburos ».

Voici un autre texte de Wikipédia sur cette mosaïque du « Catalogue des navires d’Althiburos » :

« […] L'édifice contenant l'œuvre est daté par Gauckler du milieu ou de la fin du IIe siècle.

La mosaïque est datée du IVe siècle selon Ben Abed, ou selon Yacoub de la fin du IIIe siècle-début du IVe siècle et provient de l'atrium d'une villa , du "palier d'entrée au péristyle" ou d'un édifice indéfini appelé édifice des Asclepieia. Le nom de l'édifice provient d'une inscription grecque. Le péristyle est conservé en partie ainsi qu'un jardin. L'édifice, muni de mosaïques, possède des thermes privés et est occupé du IIIe siècle au IVe siècle.

La mosaïque est exposée sur le sol dans la salle baptisée salle d'Althiburos, ancien salon de musique du palais du Bardo, et qui possède une forme oblongue.


Description

[…] Contrairement à d'autres pavements, la mosaïque ne comporte pas de représentations d'édifices portuaires. Le pavement représente une mer poissonneuse et différents types de navires qui sont nommés en grec ou en latin. La mosaïque contient le nom de 25 navires dont 22 sont nommés et de grande taille, de 0,70 m à 1,10 m.

Certains bateaux possèdent des détails : un des navires contient des chevaux, l'autre des amphores, un autre encore des filets de pêche. Sur l’œuvre manquent 6 à 8 navires, et 6 sont incomplets. Les navires sont dans tous les sens. Les types de navires sont pluriels : les noms des bateaux génériques sont connus pour des navires utilisés au II e siècle, sont nommés aussi des vaisseaux de haute mer, des barques fluviales et des bateaux de pêche. Les types de bateaux décrits sont anciens. »


Datation du site archéologique d'Althiburos

La datation envisagée pour l’ensemble des monuments du site archéologique d'Althiburos est la première moitié du premier millénaire, avec peut être une plus grande importance de la cité entre les années 150 et 400. Une remarque : bien que les documents mentionnent la présence d’évêques à Althiburos aux IVe et Ve siècles, on n’aurait pas trouvé pour le moment de restes d’une basilique chrétienne (mais le site n’a pas été entièrement fouillé).