La basilique paléochrétienne d’El Girhyya près de Béja
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce monument durant le voyage effectué en Tunisie en
2025. Les images de cette page sont extraites de galeries
d’Internet. Nous avons eu des difficultés à trouver des
renseignements sur ce site archéologique à cause d’une
différence d’écriture de son nom : El Girhyya sur le site
Internet Google Maps, Henchir-Rhiria sur d’autres sites
comme celui cité ci-dessous.
Le site Internet Archéologie
et art chrétien de la Méditerranée antique décrit
cette église sur une page intitulée : BASILIQUE DE
HENCHIR-RHIRIA (BEJA). PLAN ARCHITECTURAL DE LA CATHÉDRALE
DE TUNIS.
« Dans
nos promenades pour la Tunisie ancienne et chrétienne,
nous avons trouvé le plan architectural qui a servi de
modèle à notre Cathédrale de Tunis. À neuf kilomètres à
l’ouest de Béja, au lieu-dit Henchir-Rhiria, près de la
piste d’Ain Draham, l’ancienne voie romaine de Vaga à
Thabraca (Tabarka), traverse un étroit plateau qu’occupait
à l’époque byzantine une agglomération de quelque
importance, dont une basilique, des citernes et des restes
de constructions diverses attestent encore l’existence.
Cette agglomération a persisté au moins jusqu’à la fin du
VIe siècle, ainsi que le prouve l’inscription
suivante, découverte au mois d’octobre 1910 près de la
basilique : la forme caractéristique de certaines lettres
ainsi que la nature des formules employées empêchent de la
faire remonter à une époque antérieure :
+AUREA FIDELIS IN PACE BIXIT
ANNOS VIII MNS VIII DP SD
VIII KL IVLIAS INSP M +
Aurea fidelis in pace bixit annos octo,
m(e)n(se)s octo, d(e)p(osita)
S(ub) d(ie) octavo k(a)l(endas) Iulias.
In sp(e) (?) m(ortua) (?)
Du
chemin, nous pouvons voir parfaitement la basilique en
ruines, envahie par les chardons et les herbes sauvages ;
des débris de toutes sortes s’y sont accumulés recouvrant
en certains endroits le sol primitif ; l’ensemble est
cependant assez bien conservé pour permettre une étude
complète du monument.
Mesurée
extérieurement, la basilique a, dans ses plus grandes
dimensions 19m, 13 de long et 22 de large, 14m, 18 et 13.
Les murs sont construits avec grand soin en moellons de
petit appareil disposés en assises régulières
qu’interrompent de distance en distance des chaînages de
pierres de taille présentant par endroits sur la façade
extérieure des bossages très accusés ; solidement bâtis et
d’une très grande épaisseur, ils se dressent encore à une
hauteur qui dépasse 8 mètres en certains points.
Trois
portes percées dans la façade donnent accès au quadrutum
populi (emplacement
des fidèles) au fond duquel s’ouvre une très belle abside,
orientée à l’est. Deux rangées de trois piliers à chacun
desquels un autre correspondait le long des murs latéraux
ou sur la face interne du mur de l’ouest et que reliaient
des arcs, divisaient la salle en trois nefs, la nef
centrale et les bas-côtés, plus étroits étaient voûtés :
d’un pilier à celui qui lui faisait face le long du mur,
était jeté un arc doubleau. Enfin, pour remédier à la
poussée trop forte qu’auraient exercée sur le mur de
façade les deux rangées d’arcades, deux contreforts,
inégaux du reste, les contrebutaient extérieurement.
Quiconque
se rend sur le site, sera immédiatement frappé de la
position qu’occupent les deux sacristies, situées à droite
et à gauche. Sans doute le diaconicum,
destiné aux ministres de l’autel et la prothesis,
destinée à recevoir les offrandes des fidèles. Au lieu
d’encadrer l’abside, comme dans toutes les églises
africaines, elles s’ouvrent sur les murs latéraux. Celle
du nord, presque carrée, a deux portes et dont la plus
étroite seule est voûtée. La sacristie Sud est plus
curieuse. On y pénètre par une porte dont le linteau est à
2m au-dessus du niveau actuel ; le mur Sud-Est étant
complètement détruit, sont creusées de niches
demi-cylindriques, et voûtées en cul de four. Selon les
archéologues, tant que des fouilles n’auront pas été
entreprises sur ce point, il sera difficile de dire à
quelle destination elles répondaient. Cependant, ce qui
doit retenir l’attention, c’est la position même des
sacristies. En effet, à mon avis, les chapelles latérales
de la Cathédrale de Tunis (aujourd’hui du Saint-Sacrement
et du Sacré-Cœur) réalisent parfaitement l’idée de ces
deux sacristies de l’ancienne basilique. P. Monceaux a
fait remarquer que cette position est "exceptionnelle dans
l’architecture du pays" et que le transept ainsi dessiné
est une anomalie en Afrique. En effet, affirme M.
Massigli, pareille position du diaconicum,
et de la prothesis est
sans exemple en Afrique et que c’est en Orient, en Syrie
ou en Asie Mineure, que nous la retrouvons :
Henchir-Rhiria rappelle de très près Kalat Sem’an et
Daoulé. Nouvel exemple des rapports étroits qui unissent
l’architecture africaine à l’architecture orientale.
Cependant,
dans cette humble basilique, un autre détail encore attire
l’attention. La présence d’un transept dans une église
byzantine d’Afrique est assurément un fait curieux. Les
archéologues affirment très justement que les monuments
chrétiens de l’Afrique du Nord ressemblent beaucoup plus à
ceux de la Syrie et de l’Égypte qu’à ceux de Rome où l’on
trouve des transepts. Or, M. Massigli s’interroge :
devons-nous admettre à cette théorie des corrections et
que, dans certains cas, une influence romaine directe, a
pu s’exercer ? Il répond négativement, en effet les
recherches archéologiques et les différentes publications
ont mis en lumière, parmi leurs plus importants résultats,
celui de faire connaître l’existence en Asie Mineure
d’églises à transepts : Sagalassos (première ville antique
de la Pisidie, Turquie), Gul-Bagtché (Turquie). Une
origine orientale est donc ici encore très vraisemblable.
Père Silvio Moréno »
Commentaires divers
Nous avouons une grande appréhension quant à l’analyse de
cette église. Nous constatons que la vue par satellite de l'image 1 n’est pas très
nette. Au vu des descriptions exprimées ci-dessus., nous
pensons que l’église primitive devait être orientée vers
l’Est.
Il n’en resterait que deux travées actuellement visibles,
d’autres étant peut-être cachées sous les terres accumulées
ou la végétation. À ce sujet, on aurait aimé disposer d’un
plan de fouilles. Les
images suivantes 2,
3, 4 et 5 sont peu instructives, et, en tout cas,
rien ne permet de vérifier que l’on a une nef à trois
vaisseaux.
Le Père Silvio Moréno, auteur du texte ci-dessus, fournit un
plan de la cathédrale de Tunis mais pas de cette église. Il
n’est donc pas possible d’établir des comparaisons. De même,
il affirme que cette église est dotée d’un transept mais ne
précise pas de quel type de transept il s’agit. Il peut y
avoir des transepts dits « hauts » (de même hauteur que la
nef) et d’autres bas. Il peut y avoir des transepts
débordants et d’autres qui ne le sont pas. Dans certains
cas, il ne reste qu’un bras du transept, ce qui prouve qu’il
y avait bien un transept. Dans d’autres cas, deux bâtiments
de dimensions différentes sont accolés à la nef : ce n’est
pas un transept. Il existe un cas qui est peut-être celui de
cette église car il aurait été introduit au VIIe
ou VIIIe siècle, principalement pour certaines
églises orientales : le cas des églises à plan en croix
grecque (quatre branches égales). Mais peut-on dans ce cas
parler d’un transept ?
Nous ne comprenons pas que le père Moréno compare la
cathédrale de Tunis qui aurait été construite à la fin du
XIXe siècle à une église appartenant à un site
archéologique qui aurait été construite plus d’un millénaire
auparavant (selon nous, elle pourrait dater de la période
dite byzantine, mais nous n’avons pas de certitude). S’il
existe une ressemblance, elle ne peut être que fortuite et
partielle, car, en mille ans, tout a changé (liturgie,
méthodes d’’architecture, matériaux,...).
Datation
envisagée pour la basilique paléochrétienne d’El
Girhyya près de Béja : an 600 avec un écart de 150 ans.