La maison d’Amphitrite de Bulla Regia  

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Nous avons eu l’occasion de visiter ce reste de maison antique durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. La plupart des images de cette page ont été prises lors de cette visite. Les autres ont été extraites de galeries d’images d’Internet afin de compléter l’information.

Le texte de la page du site Internet Wikipédia réservée à ce site archéologique décrit les trois types de maisons enterrées de Bulla Régia. Nous l’avons utilisé dans la page précédente qui était réservée à la « maison de la chasse » qui appartient au premier type. Nous l’utilisons à présent pour la description de la « maison d’Amphitrite » et pour les tentatives d’explication concernant ces maisons enterrées spécifiques à Bulla Regia.

« Second type : la Maison dite d'Amphitrite et la Maison du trésor

La Maison d'Amphitrite illustre le deuxième plan-type : l’escalier d'accès débouche sur un long vestibule
(images 1 et 3) qui dessert des pièces ouvertes perpendiculairement, souvent au nombre de trois. Certaines pièces ouvrent, par de larges fenêtres, sur une grande et profonde prise d'air et de lumière commune placée derrière le mur de fond. La qualité du décor mosaïqué fait penser à des pièces réservées à certaines occasions et non destinées à un usage quotidien. La Maison du trésor appartient également à ce schéma.

Troisième type


Le plan-type des autres maisons est plus souple : l'escalier de descente débouche dans un couloir qui dessert assez librement les pièces qui peuvent se faire face ou être réparties aux extrémités d'un dégagement, l'aération provenant de fenêtres localisées au niveau supérieur des parois.

Essai d'interprétation


Dans les trois cas, pour certains auteurs, le système de circulation de l'air chaud qui vient rencontrer la fraîcheur de l'eau des puits souterrains constituerait un efficace procédé de climatisation. Cette solution permettrait d'avoir un étage occupé pendant l'hiver et disposant de locaux de service et un autre bénéficiant de la fraîcheur durant l'été. La semi-obscurité, avancée par certains pour voir dans ces espaces des lieux voués à la religion, doit être vue au contraire comme un choix des architectes afin de répondre au besoin de leur clientèle privilégiée. La trouvaille pourrait puiser son origine dans la tradition troglodytique berbère. Pour d'autres auteurs encore, la raison climatique ne saurait être suffisante, en raison de la singularité de la solution trouvée ici. Nombre de cités romaines se situent à des endroits où la situation climatique est analogue. L'explication de la mise en œuvre d'un étage souterrain proviendrait d'une certaine saturation de l'espace urbain et d'une volonté de gain d'espace selon Yvon Thébert. Toutefois, pour Roger Hanoune, cette pénurie de terrain en centre-ville reste à établir et le creusement s'expliquerait par des choix esthétiques — le creusement ornemental se retrouve ailleurs et peut être d'origine hellénistique — et techniques, les étages souterrains semblant réutiliser des citernes. »


Commentaires divers

Concernant ces maisons à deux étages, dont l’un est enterré, nous n’avons pas d’opinion particulière. Ce n’est pas le seul endroit où l’on trouve des habitations troglodytes. Souvent ces habitations ont été créées à partir de carrières mais il est rare d’avoir des extractions de pierre effectuées suivant un plan organisé. De toute façon, pour que la construction d’une maison souterraine soit possible et rentable, il faut que le terrain s’y prête (strate épaisse de matériau tendre). À part cela, les diverses hypothèses évoquées ci-dessus semblent réalistes. Mais nous n’avons pas de réponse évidente. Il faut parfois accepter que certaines questions restent sans réponse.

On découvre à l’intérieur de très belles mosaïques avec en particulier celle d'Amphitrite, présentée chevauchant un monstre marin (images 4, 5, 6 et 7). Nous aurons probablement l’occasion de décrire cette mosaïque lorsque nous étudierons l’évolution des pratiques religieuses dans un prochain dossier.

Nous avons recueilli sur des galeries d’Internet les images 10 et 11 censées provenir de la maison d’Aphrodite mais nous ne sommes pas certains de cette provenance car nous ne les avons pas vues sur le site. L'image 11 est celle d’un grand vase entouré de deux paons. C’est la scène fréquemment reproduite des « oiseaux au canthare ».


Datation envisagée pour la maison d’Amphitrite de Bulla Regia : an 300 avec un écart de 75 ans.