L’église paléochrétienne de Victoria et l’hypogée byzantin de Dougga 

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Lors de notre visite de Dougga, en avril 2925, nous n’avons pas eu l’occasion d’aller voir ces deux monuments. Les images de cette page sont extraites de galeries d’Internet.


L’église paléochrétienne de Victoria

La page du site Internet Wikipédia décrivant le site archéologique de Dougga nous apprend ceci :

« L'église de Victoria, qui se situe au nord-est du site, en contrebas du temple de Saturne, est le seul édifice chrétien révélé par les fouilles jusqu'à présent. À la fin du IVe siècle ou au début du Ve siècle, la communauté chrétienne installa dans un cimetière païen une petite église martyriale au plan irrégulier. À proximité se trouve le petit hypogée. »


Architecture de l’église


Nous ne disposons pas d’un plan de cet édifice. La vue par satellite de l'image 1 est peu claire. Les images de 2 à 4 montrent les vestiges en direction de la colline, avec en arrière-plan, le temple de Saturne. Sur l'image 5, les vestiges sont vus en direction de la plaine côté Est. L'image 6 est une vue en plongée de l’abside, très probablement située côté Ouest de la nef.

Les diverses vues permettent d’envisager qu’on est en présence d’une église à nef à trois vaisseaux, le vaisseau principal étant porté par des colonnes cylindriques (seule la base a été conservée).

La présence d’une abside côté Ouest et son absence côté Est pose question. En fait, nous avons eu l’occasion de rencontrer cela à la basilique Saint-Cyprien de Carthage. Cette disposition est contraire à ce que l’on voit en Europe : l’abside semi-circulaire est située majoritairement à l’Est avec une amplitude de 20°, rarement entre Nord et Nord-Est. Cependant il y a la possibilité de deux absides, l’une à l’Est et l’autre à l’Ouest, possibilité existant en Europe et plus fréquemment en Afrique (nous en verrons à Sbeitla). Il est possible que, dans le cas présent, il y ait eu deux absides opposées mais que celle située à l’Ouest ait été supprimée. Les vestiges pourraient révéler cela mais nous n’avons pas d’image de cette partie.

Revenons à la partie située à l’Ouest où se trouverait l’abside. D’après les images, il semblerait que cette partie ait deux étages, un étage souterrain et un étage aérien surélevé par rapport à la nef. Les deux parties seraient accessibles par la nef grâce à des escaliers. Cette configuration fait immédiatement penser à ce que l’on trouve dans un très grand nombre d’églises romanes : une partie souterraine, la crypte ; une partie aérienne, le sanctuaire. Sauf que dans les églises romanes, cette construction se trouve à l’Ouest. Nous avons remarqué que dans les églises à absides opposées situées de part et d’autre de la nef, le côté Est semblait relever du domaine spirituel de l’Église, tandis que le domaine temporel se trouvait côté Ouest. La présence d’une banquette de fond d’abside, en général réservée aux dignitaires (image 6), pourrait être la manifestation d’un tel pouvoir temporel.

Datation envisagée pour l’église paléochrétienne de Victoria : an 450 avec un écart de 100 ans.



L’hypogée byzantin


Toujours selon la page du site Internet Wikipédia décrivant le site de Dougga : « L'hypogée est un édifice à demi-enterré, datant du IIIe siècle, bâti au milieu d'une nécropole plus ancienne et qui a été fouillé en 1913. Destiné à accueillir des urnes funéraires dans de petites niches aménagées dans les parois, il contient lors de sa découverte des sarcophages suggérant une longue utilisation. »

Nous ne possédons pas les clés de compréhension de cet édifice. D’une part, la présence de sarcophages taillés dans la pierre, d’un coût, en conséquence, très élevé, fait envisager un culte des morts. Mais, d’autre part, nous ne savons pas à quel culte religieux est associé ce culte des morts. On pourrait penser que cet hypogée accueillait les défunts de toute obédience, comme nos cimetières actuels mais, dans ce cas, on ne comprend pas l’existence du bâtiment lui-même, qui plus est, enterré, qui devait avoir un caractère sacré.

Datation envisagée pour l’hypogée byzantin : an 300 avec un écart de 100 ans.