Le site archéologique de Dougga
Nous avons eu l’occasion de visiter ce
site archéologique durant un voyage effectué en Tunisie en
2025. La plupart des images de cette page ont été prises
lors de cette visite. Les autres ont été extraites de
galeries d’images d’Internet afin de compléter
l’information.
Le site archéologique de
Dougga (images
de 1 à 6)
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site
archéologique est très instructive et fourmille de détails
très intéressants. Nous en conseillons vivement la lecture.
Cette page commente l’histoire de la cité depuis son
origine, sa disparition progressive, en trois chapitres
principaux : Vieille
cité africaine, Intégration progressive,
« Liberté » de Dougga.
En ce qui concerne la description des monuments, le plan
général de la cité est ainsi construit :
Cité des vivants :
Habitat d'époque numide, Exemple de maison patricienne :
la villa du trifolium, Marché.
Cité des morts :
Dolmens, Tombes à bazina d'époque numide, Mausolée
libyco-punique, Sépultures d'époque romaine, Hypogée
(Voir dans la page suivante).
Édifices politiques :
Arcs, Forum (voir dans cette page).
Édifices de loisirs :
Théâtre (voir dans cette page),
Auditorium, Cirque, Amphithéâtre, Thermes (Thermes des
cyclopes, Thermes antoniniens ou liciniens, Thermes d'Aïn
Doura, Thermes de la maison à l'ouest du temple de
Tellus).
Édifices religieux :
Temple de Massinissa divinisé, Capitole (voir dans
cette page),
Temple de Mercure, Temple de la Piété Auguste, Temple de
Minerve (2 temples), Temple des Victoires de Caracalla,
Temple dit « de Pluton », Temple de Saturne (2 temples),
Temple de Junon Caelestis, Édifice dénommé Dar Lacheb,
Église de Victoria (Voir dans la page suivante),
Infrastructures :
Citernes et aqueduc, Voies de circulation.
Découvertes effectuées sur
le site : Œuvres in situ (voir dans cette
page),
Œuvres déposées au musée national du Bardo (voir
dans cette page),
Œuvres déposées dans d’autres musées. »
Nous ne reprendrons pas les informations fournies par le
texte de Wikipédia. Elles ont été apportées par des
historiens ou des archéologues de grand talent dont certains
ont consacré leur vie entière à étudier Dougga. Nous n’avons
pas les compétences (en épigraphie et en archéologie) et les
outils documentaires (textes historiques, rapports de
fouilles) pour les commenter, voire les critiquer. C’est
d’ailleurs pour cette raison qu’en tout début de la création
de ce site Internet, nous avons écarté l’étude des monuments
romains, estimant que cette étude avait été bien menée et
qu’il n’était pas nécessaire d’y revenir. Mais la question
de l’évolution architecturale entre le Iersiècle
de notre ère et le XIe siècle demeurant entière,
nous avons été contraints de réintroduire l’étude des
monuments romains. Et de réaliser que ces historiens ou
archéologues de grand talent avaient peut-être, dans
l’enthousiasme de leurs découvertes, commis des erreurs.
S’agit-il de notre part d’un point de vue très présomptueux
écrit par quelqu’un qui n’y connaît rien ? Les archéologues
actuels confirment à demi-mot notre analyse. Et cela
transparaît dans le texte de Wikipédia. D’une part, ce texte
décrit avec une abondance de détails les monuments romains,
avec des dates précises de construction, en général le IIe
ou le IIIe siècle. Et rien ou presque pour les
périodes suivantes. Mais un peu plus loin dans le texte, on
apprend que le site a été occupé jusqu’au milieu du XXe
siècle avant qu’un village soit créé à proximité pour
héberger la population exclue afin de procéder aux fouilles.
Pour accéder aux strates romaines, il a fallu sortir des
dépôts de plusieurs mètres d’épaisseur. Il y a donc eu tout
un pan d’histoire du site de près de 2000 ans qui a
entièrement disparu. Et on en sait probablement plus sur les
céramiques romaines des trois premiers siècles du premier
millénaire que sur les céramiques arabes des trois derniers
siècles du même millénaire. Les archéologues des XIXe
et XXe siècles étaient plus intéressés par les
passés romain ou carthaginois que par le passé plus récent.
Un site était fouillé dans l’optique de retrouver les
richesses romaines de ce site (statues, mosaïques, etc.),
puis de mettre en valeur son passé romain en relevant des
colonnes ou en restaurant des monuments sans faire
apparaître clairement des ajouts éventuels. Donnons ici un
exemple : lors de notre visite de ce site, nous avons appris
que son capitole avait été transformé en une fortification
durant la période byzantine. Mais nous n’avons pas vu de
trace de cette fortification durant notre visite (images
de 20 à 33). Seule la vue par satellite de l'image 19 permet de
repérer les traces d’une construction à plan presque
rectangulaire englobant à la fois le forum et le capitole,
et qui pourrait être la fortification cherchée. Nous pensons
que cette fortification a été détruite pour laisser la place
aux fouilles.
Images de temples ou
d’habitations (images
de 7 à 12)
Nous constatons sur l'image
7 une forte densité de monuments romains et en
particulier de temples romains dédiés à diverses divinités,
dont Saturne particulièrement vénéré en Afrique comme
successeur de la divinité carthaginoise Ba'al Hammon, et
Junon Caelestis qui a succédé à Tanis.
Le nombre de ces temples est impressionnant. Nous en
comptons 11, chacun décrit par un paragraphe du texte de
Wikipédia. Mais le même texte évalue le nombre à plus de 20.
Ce nombre peut paraître exagéré. Il nous faut cependant être
conscients de notre inculture vis-à-vis des religions à
l’époque romaine. L’héritage chrétien de l’Europe, que
certains voudraient occulter, est présent en chacun d’entre
nous. Nous avons ainsi tendance à imaginer que durant le
premier millénaire, il y avait une seule religion, la
religion chrétienne, et, à côté de cette religion et
hostiles à celle-ci, les païens : ceux-ci sont conçus comme
areligieux, exclus de toute religion. Ce qui n’était
certainement pas le cas. Il n’y avait pas une religion
païenne mais des religions païennes ou plus exactement des
religions différentes de la religion chrétienne et
différentes entre elles. Probablement un adepte du culte de
Saturne ne pénétrait pas dans un temple de Minerve. La
multiplicité de ces temples peut donc s’expliquer par la
multiplicité des religions.
L’auteur du texte de Wikipédia s’étonne de la rareté des
églises chrétiennes : une seule église étudiée dans la page
suivante. Nous nous en sommes étonnés aussi et avons un
temps envisagé que la cité de Dougga, dans son ensemble,
avait été hostile au christianisme (cela a pu être la cas de
certaines villes au moment des persécutions). Mais ce texte
extrait du livre écrit par Mohamed Yacoub dans le livre Le
Musée du Bardo (page 132) rétablit un peu la vérité
: « La
période chrétienne est attestée par de nombreux vestiges :
une église, des temples païens transformés en églises et,
notamment, de nombreuses lampes. Dès le IIIe
siècle, des évêques catholiques de Dougga sont mentionnés
dans les lites des conciles ! En 411, lors de la
conférence tenue à Carthage, les donatistes de Dougga
étaient représentés par un évêque. »
Le
théâtre (images
de 13 à 18)
Toujours selon le texte de la page du site Internet
Wikipédia :
« Ce
type d'édifice apparaît dès le règne d'Auguste comme un
élément fondamental de la parure monumentale d'une cité.
Le théâtre, construit en 168 ou 169, est l'un des mieux
conservés d’Afrique romaine et peut accueillir 3 500
spectateurs alors que Dougga ne compte que 5 000
habitants. Il appartient à une série de bâtiments publics
impériaux dont la construction s'étale sur deux siècles et
qui ne présentent que peu de différences par rapport à un
modèle théorique, si ce n'est l'adaptation au terrain, des
aménagements mineurs ou l'ornementation pour lesquels les
architectes locaux ont pu avoir quelque liberté. D'un
diamètre de 63,5 m, le théâtre s'appuie sur une colline.
La cavea atteint
une hauteur de 15 m et compte trois séries de gradins,
neuf grands au premier niveau, six au second et quatre au
niveau supérieur, soit 19 gradins au total. L'orchestra
est
inhabituellement petit (huit mètres de diamètre), en
raison de la place prise par les cinq rangs très larges de
sièges réservés aux notables. La scène mesure 36,75 m de
largeur pour 5,5 m de profondeur. Le mur de scène a
presque complètement disparu, il n'en subsiste qu'un
soubassement avec trois exèdres, ouverts sur les trois
entrées des acteurs, et plusieurs colonnes qui encadraient
ces entrées.
Une dédicace, gravée sur le fronton de la scène et sur le
portique qui domine la ville, rappelle son constructeur,
P. Marcius Quadratus, qui “a construit de ses deniers pour
sa patrie” l'édifice et offert à l'occasion de la dédicace
“des représentations scéniques, des distributions de
vivre, un festin et des jeux gymniques”. »
Diverses remarques
Il nous semble que l’estimation ici donnée pour la
population de la ville (« 5
000 habitants ») est trop faible, compte tenu de
sa superficie. Nous pensons qu’elle serait plus proche de 40
000 habitants. De plus, il faut introduire dans les données
les résidents des campagnes environnantes qui peuvent être
autant de spectateurs potentiels. Le texte ne nous dit pas
comment a été déterminée la date de construction (« en
168 ou 169 »), probablement grâce à la
découverte d’une épitaphe.
Le théâtre n’était pas la seule construction réservée aux
loisirs dans Dougga. Il y avait aussi un cirque et,
probablement, un amphithéâtre. Nous sommes de plus en plus
intrigués par l’importance que les romains attachaient aux
jeux : jeux de scène dans les théâtres, compétitions de
chars dans les cirques, combats entre hommes et animaux dans
les amphithéâtres. En fait, nous trouvons cet attachement
aux jeux de loisirs de moins en moins normal par comparaison
avec ce qui s'est passé durant tout le Moyen-Âge et jusqu’à
la période moderne. Bien sûr, le Moyen-Âge n’a pas ignoré le
théâtre ou les jeux de combat. Mais les pièces de théâtre
étaient jouées dans la rue et les tournois de chevalerie
dans des espaces sommairement aménagés : il n’y pas eu de
construction de théâtres, d’amphithéâtres ou de cirques
analogues à ceux que l’on voit dans le monde romain. Et
pourtant, les populations de ces périodes avaient les moyens
de réaliser cela.
Le Forum et la place de la Rose des Vents
Du forum, nous retenons surtout les images de la Rose des Vents (images 23 et 24). Ces images semblent tout à fait anodines : simples tracés incisés sur des plaques de marbre, sans une trop grande recherche de symbole, un peu comme on le fait actuellement dans les décors de giratoires. Mais il est possible que le symbolisme soit plus fort. Le cercle parfait est un symbole cosmique : c’est le cercle de rotation des astres autour de la terre (selon la conception géocentrique du monde). Ce cercle est là pour montrer que si la terre est centre du cosmos, la cité de Dougga est au centre de la terre. On peut se poser la question : pourquoi les vents ? S’agit-il d’une apparition précoce de la météorologie ? Nous pensons que dans l’imaginaire de l’époque, les vents étaient la manifestation du « souffle divin » :les dieux s’adressaient aux hommes par les vents qui transportent les nuages et amènent la pluie. D’où la nécessité de nommer ces vents.
Selon le texte de Wikipédia : « Le Capitole est un temple romain du IIe siècle principalement dédié à la triade protectrice de Rome: Jupiter Optimus Maximus, Junon Regina et Minerve Augusta. Il est dédié de manière secondaire à la sauvegarde des empereurs Lucius Aurelius Verus et Marc Aurèle ; il a sans doute été achevé en 166-167, vu leur titulature. »
Nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises de rencontrer des capitoles, le plus intéressant étant pour nous celui de Pula, en Croatie, où le Capitole est représenté par trois temples (il en reste 2) chacun dédié aux mêmes divinités qu’ici.
Nous voyons ici pour la première fois les attributs réservés à Jupiter, Junon et Minerve, soit respectivement, Optimus Maximus, Regina et Augusta. Et nous nous posons la question de la signification de ces attributs. Il faut comprendre que pour un attribut donné à un nom propre, il peut y avoir plusieurs interprétations possibles suivant l’usage ou la qualité du récipiendaire ou sa fonction au sein de la société. Ainsi lorsque l’on dit : « Monsieur Alain Le Stang, professeur agrégé de mathématiques. », l’attribut « Monsieur » est d’usage ou coutumier, l’attribut « agrégé » exprimerait la valeur de Alain Le Stang, l’attribut « professeur de mathématiques », son implication dans la société. On aurait tendance à qualifier de « coutumiers » les attributs de Optimus Maximus, Regina et Augusta, et en conséquence, de négliger leur importance. Mais s’ils expriment une fonction chacun des trois dieux ayant pour mission de protéger cette fonction, cela peut être tout différent. On sait, par exemple, que dans tout état policé, il y a un partage du pouvoir en trois : l’exécutif, le législatif, le judiciaire. Il pourrait en être de même pour la société romaine. Il y a selon nous au moins trois organismes principaux qui ont eu une grande importance dans la politique romaine au cours des premiers siècles : le Sénat, le Consulat, l’Augustat (présence d’un ou plusieurs hommes désignés sous les noms d’augustes, de césars, ou d’empereurs). Quels ont été les rôles de chacun des organismes, sachant que ces rôles ont pu fortement évoluer sur plusieurs siècles : à titre de comparaison, en seulement deux siècles, de 1789 à 1989, la France a changé plus de dix fois de système politique.
Traits caractéristiques architecturaux ; anomalies diverses
Image 34 : Cette image est d’un grand intérêt car elle fait apparaître des chapiteaux doubles (deux chapiteaux superposés, tous deux évasés vers le haut). Ces chapiteaux, très caractéristiques, nous les avons vus pour la première fois à Saint Vital de Ravenne (images 19, 24 et 25 de la page correspondante), et, plus tard, dans la basilique euphrasienne de Poreč en Istrie. Ces deux édifices seraient datés du VIe ou VIIee siècle.
Image 35 : Cette image doit être comparée à l’image 32 qui représente le mur Nord du Capitole. Supposons que dans cette dernière image, on supprime par la pensée la totalité du mur en second plan : on obtient l’image 35. Et, du même coup, on obtient plusieurs explications. La première de ces explications concerne le mur du fond de l’image 32. À quoi pouvaient servir ces deux linteaux massifs encadrant un grand arc, alors que le mur plein ne possède pas d’ouverture ? La réponse est simple : à l’origine, il n’y avait pas de mur ! Il devait y avoir une construction analogue à cette de l’image 35 séparant le Capitole en deux parties, le pronaos et le naos (ce dernier ayant disparu). Cette construction serait un peu analogue à l’arc triomphal qui permet la communication entre la nef et l’abside dans les églises romanes. Si on revient à l’image 32, apparaît une autre conséquence : les deux linteaux qui encadrent le grand arc semblent être soutenus par des piliers formés de blocs rectangulaires alternativement horizontaux et verticaux (nous avons de la difficulté à voir quelles peuvent être les propriétés architectoniques de ce système). La première fois que nous avons vu ce système un peu bizarre, nous avons envisagé qu’il pouvait avoir été inventé par un peuple antérieur aux romains. Mais compte tenu que le mur est postérieur à la construction du Capitole, ce ne serait pas le cas.
Image 36 : Construction étonnante. Il semblerait que le linteau monolithe massif ait été posé pour équilibrer la construction. Mais la solution nous semble un peu excessive.
Images 37 et 38 : Nous sommes un peu dubitatifs concernant cette voûte d’arêtes qui apparaît plus romane que romaine.
Il en est de même pour le corps de bâtiment des images 39, 40, 41 et 42. On voit en particulier sur les images 41 et 42 que les arcs de décharge des linteaux des baies du mur du fond sont en partie recouverts par les murs latéraux. On en déduit que ces murs latéraux ainsi que la voûte en plein cintre qu’ils supportent sont postérieurs au mur du fond.
On retrouve sur les images 43 et 44 l’appareil formé de sortes de pilastres encadrant des parois de moellons. Ces murs datent probablement de la période byzantine.
On retrouve un décor de nœuds de Salomon associé à des peltes et des entrelacs sur les images 48 et 49.
La mosaïque de l’image 50 entourée d’un entrelacs de corde semble contemporaine aux précédentes.
Les pièces provenant de Dougga déposées dans le musée du Bardo à Tunis
Les mosaïques déposées au musée du Bardo (images 53 à 57) témoignent d’une grande qualité d’exécution. À voir ces images, on aurait tendance à les estimer comme étant des objets de pure décoration. Nous pensons que chacune pourrait symboliser quelque chose de plus profond.
Selon les experts, la mosaïque des échansons (image 53) aurait été installée près de l’entrée pour accueillir les visiteurs et leur souhaiter la bienvenue(un peu comme le
« À votre santé » qu’on prononce au moment de l’apéritif ). Nous remarquons cependant que les échansons, à demi nus, sont disproportionnés par rapport aux serviteurs qui , eux portent un habit. On s’attendrait à ce que tous les personnages soient de même taille, voire même les échansons plus petits car de rang inférieur aux serviteurs. Mais ce n’est pas le cas. Il est possible que cette représentation soit en lien avec une religion. Beaucoup de religions ont adopté le vin comme symbole : le christianisme, le culte de Bacchus, le culte de Dionysos, etc.
Sur l’image 54 est relaté l’épisode de l’Odyssée : Ulysse charmé par les sirènes, entaché sur son bateau. Cette représentation est très intéressante pour nous, car elle met en scène des sirènes dotées de pattes et d’ailes d’oiseaux. Une représentation tout à fait différente de l’actuelle : des sirènes à queue de poisson. Nous estimons que cette deuxième représentation a été inventée au Moyen-Âge à partir de la sirène à deux queues.
Nous ne connaissons pas l’histoire de Neptune et des pirates (image 55). Cette mosaïque, associée à la précédente et provenant de la même maison d’habitation développe comme celle-ci des thèmes maritimes. On y voit des monstres marins. Nous pensons que ces représentations sont liées au culte des morts.
Autre scène apparemment anodine : la mosaïque de l’aurige vainqueur (image 56). On peut certes penser à une scène sportive. Mais selon nous, il y a plus que cela. Car le quadrige pourrait être une représentation du char solaire qui emporte le soleil dans sa course dans le ciel. Certes, le côté de compétition sportive n’est pas absent dans la représentation mais il y a beaucoup d’images d’amours ailés tenant les rênes de ces quadriges et on peut imaginer une vision symbolique plus forte que la simple compétition.
Les monuments principaux du site archéologique de Dougga peuvent être datés selon nous du IIe au Ve siècle : an 300 avec un écart de 200 ans.