L’église et le fort byzantin de Kélibia
Nous avons eu l’occasion de visiter
cette fortification durant notre voyage effectué en Tunisie
en 2025. Malheureusement, par suite d’une mauvaise
manipulation de notre appareil photographique, la plupart
des images que nous avons prises ont été ratées. Et nous
n’avons pas trouvé sur Internet d’image de substitution.
La page du site Internet Wikipédia décrivant la cité de
Kélibia nous apprend ceci :
« Histoire
La cité est fondée sous le nom de Clypea par Agathocle de
Syracuse à l'époque où il procède à son invasion avortée
en Afrique du Nord. Après le départ d'Agathocle, les
Carthaginois conservent cette cité forte.
En
256 av. J.-C., Marcus Atilius Regulus assiège et prend la
ville au cours de la première guerre punique, puis la
prend pour base de ses opérations qui avaient pour
objectif de vaincre Carthage. Après avoir ravagé le cap
Bon, l'offensive romaine s'achève l'année suivante par un
échec cuisant et peu de soldats regagnent l'Italie.
Au cours de la troisième guerre punique, dernière guerre
que se livrent les Romains et les Carthaginois, le consul
Lucius Calpurnius Piso Caesoninus assiège la ville mais à
la suite de la résistance de cette dernière, il se trouve
forcé de se retirer.
Elle
est transformée en colonie romaine par Jules César en 45
av. J.-C. Selon Pline l’Ancien, Clypea devient par la
suite une ville libre possédant un port de qualité dans
lequel la flotte romaine peut se mettre à l'abri et qui,
par sa position, est importante pour la navigation.
On voit à ce jour les ruines de l'ancienne ville entre la
colline et la mer et des restes de fortifications romaines
dans l'enceinte de la citadelle élevée en haut de la
colline. Des parties considérables du quai et du môle de
l'ancien port sont également conservées.
En
2007, une mosaïque représentant douze menorahs et un texte
en latin sont découverts au pied de la forteresse ; elle
date probablement du Ve siècle.
Dans
l'église du Ve siècle, la croix avec le
monogramme du Christ ou chrisme est représentée au sol des
fronts baptismaux. Cette représentation ignore Théodose II
qui, en l'an 427, interdit de figurer la Croix sur le sol.
Elle doit être figurée dans les portions les plus
honorables des édifices de culte. Cette interdiction est
maintenue sous le règne de Valentinien III (419-455). De
cette époque, date aussi le baptistère de Kélibia dans
l'église du prêtre Félix, trouvé à un kilomètre du
centre-ville dans la localité de Hamman Ghezèze. »
Commentaires de ce texte
La description de la ville faite ci-dessus fait la part
belle à la ville punique, au baptistère de Kélimia, et aux
épisodes de la seconde guerre punique (non reproduits ici).
Mais rien sur ce qui aurait pu se passer entre le Ve
siècle et le début du XXe siècle. Pourtant, la
position stratégique de la ville avec un port surmonté d’un
promontoire fortifié (images
1, 2 et 3) fait envisager qu’il y a eu là une
histoire très mouvementée.
Revenons à ce qui est écrit sur le baptistère de Kélimia. Ce
baptistère se trouvait dans l'église du prêtre Félix, dans
la localité de Demna, à sept kilomètres (et non un
kilomètre) de Kélibia. En fait, il ne reste rien du site
archéologique de Demna, hormis les rapports de fouille qui
sont consultables sur la page de Wikipédia intitulée :
« Église
du prêtre Félix et baptistère de Kélibia ». Ce
baptistère a été démonté et déplacé au musée du Bardo. Nous
n’avons pas prévu de l’étudier dans la page de Kélibia mais
soit dans celle consacrée à la visite du Bardo, ou dans une
page réservée aux baptistères à décors de mosaïques
(baptistère de Kélibia et de Békalta).
Ce texte nous a fait découvrir l’existence d’un édit de
Théodose II que nous ignorions : « ...Théodose
II qui, en l'an 427, interdit de figurer la Croix sur le
sol. Elle doit être figurée dans les portions les plus
honorables des édifices de culte. ». En fait, nous
ne pensons pas que le texte empêchait de faire figurer la
Croix sur un baptistère car celui-ci fait partie des
portions les plus honorables des édifices de culte. Par
contre, il devait interdire que ce signe de la Croix soit
représenté sur les pavements en mosaïque. Or nous avons
constaté que ce signe était présent (par exemple comme «
nœud de Salomon ») sur un grand nombre de mosaïques de
pavement. On peut donc penser que les mosaïques portant des
signes de la Croix sont toutes antérieures à l’édit de 427.
Mais ce n’est pas certain. Car il y a une forte différence
entre la publication d’un décret et sa mise en application.
Le monument représenté sur les images
4 et 6 est indiqué comme étant une mosquée. Nous
pensons que ce pourrait être une ancienne église à nef à
trois vaisseaux.
Le monument représenté sur les images
7, 8 et 9 est une forteresse byzantine. Elle est
située au centre de la citadelle actuelle.
Datation
envisagée pour le fort byzantin de Kélibia : an
550 avec un écart de 100 ans.