L’église du site archéologique de Koustilya
N’ayant pas eu l’occasion de visiter ce
site archéologique durant notre voyage effectué en Tunisie
en avril 2025, les images de cette page ont été collectées
sur Internet.
Un panneau placé dans le site (image capturée sur Internet)
donne les indications suivantes :
« L’église paléochrétienne de
Koustilya
Elle fut découverte fortuitement en l’an 2000 lors de
travaux de terrassement effectués sur le site. Depuis,
deux campagnes de fouilles archéologiques y ont été menées
par l’Institut National du Patrimoine en 2017 et 2018, et
ont permis d’identifier une église rurale tardive.
Ce
monument chrétien a une superficie de 140 m². Le plan de
l’église s’inscrit dans un rectangle orienté selon un axe
Nord-Nord-Est - Sud-Sud-Ouest, avec une longueur de 15,50
m et une largeur de 9,48 m, sans compter le vestibule de
façade. Sa hauteur varie entre 3,50 et 3,70 mètres.
L’église
est divisée en trois vaisseaux. La largeur du vaisseau
central est de 4,40 mêtres. Ces vaisseaux sont séparés par
des piliers moyennement conservés et on accède au vaisseau
central par une porte axiale large de 1,70 m. Quant aux
travées, elles sont également au nombre de trois, avec une
profondeur moyenne de 2,30 m.
L’église de Koustilya est dotée, comme d’ordinaire, d’une
abside semi-circulaire située dans le prolongement du
vaisseau central, avec une profondeur de 3,20 m, et dont
la largeur correspond à peu près à celle du vaisseau
central.
Comme
c’est le cas dans la quasi totalité des églises
africaines, des pièces annexes existent de part et d’autre
de l’abside. Elles communiquent avec l’abside au moyen
d’un passage large de 0,40 m pour la pièce Nord.
Situé au milieu du vaisseau central, le chœur de l’église
est de forme rectangulaire, et est construit en moellons.
Il est délimité par quatre colonnettes en calcaire blanc,
distantes de 1,93 m de chaque côté et ne dépassant pas en
moyenne 1,20 m de hauteur. L’autel est entouré d’une
rainure pour l’encastrement des chancels. Notons que cette
rainure est séparée du côté Est et Ouest par un passage
d’accès à l’autel large de 0,60 m.
Les
fouilles ont apporté une nouveauté architecturale : deux
ambons construits en maçonnerie. Le premier se situe au
milieu du vaisseau axial près de l’autel, de forme carrée
et accessible par trois marches. Le deuxième se trouve au
milieu du vaisseau latéral droit. De forme carrée, il
possède deux marches d’accès adossées au mur Nord.
Enfin les fouilles ont permis de mettre à jour des lampes
à huile en bon état de conservation et de dégager
plusieurs tessons de céramiques antiques, ainsi que des
matériaux de construction, surtout des tubes d’emboîtement
à l’intérieur du monument et dans les différentes strates
archéologiques. »
Commentaires de ce texte
Il nous donne des informations importantes concernant
certaines églises d’Afrique :
1 – La première de ces informations concerne l’existence
d’une abside semi-circulaire (images
2, 3, 6 et 7). D’après les vues par satellite, dont
celle de l'image 1,
cette abside est située à l’Ouest du bâtiment et non à
l’Est, comme on le voit d’habitude dans les pays d’Europe.
2 – Toujours en Europe, le sanctuaire, où est célébré le
culte divin, est situé à l’Est, dans un corps de bâtiment,
souvent doté d’une abside semi-circulaire, et plus petit que
la nef. Ici, le sanctuaire se trouve au milieu de la nef.
3 – Ce sanctuaire est formé d’un autel entouré par quatre
colonnes. En fait ce sont des fragments de colonnes. Il est
possible qu’il y ait eu là un ciborium.
4 – On apprend qu’il y aurait eu deux ambons et un chancel.
Ce sont là des éléments de mobilier liturgique que nous
aurions cru un peu plus récents, aux alentours du IXe
siècle.
Ces diverses observations remettent en question le modèle
que nous avions jusqu’à présent admis pour les basiliques
paléochrétiennes : nef orientée en direction de l’Est avec
abside abritant le sanctuaire, à l’Est, et entrée à l’Ouest.
Il est cependant possible que le plan de l’église de
Koustilya ne soit pas le plan de toutes les églises
paléochrétiennes mais d’une partie de celles-ci, que ce soit
le plan adopté par un peuple ou par les adeptes d’une
hérésie. Seul l’examen des plans d’un grand nombre d’églises
d’Afrique, datant du premier millénaire, pourrait permettre
d’apporter des réponses à ces questions.
Datation
envisagée pour l’église du site archéologique de
Koustilya : an 500 avec un écart de 100 ans.