Le musée archéologique de Lamta
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce musée archéologique durant notre voyage effectué
en Tunisie en 2025. Les images de cette page sont extraites
de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce musée nous
apprend ceci :
« Les collections
Il est divisé en trois salles ouvertes sur un jardin
intérieur : l'une est consacrée aux nécropoles puniques
avec notamment un sarcophage en bois du IIIe
siècle av. J.-C., des poteries et de la céramique ;
l'autre à l'époque romaine avec des inscriptions, une
statue de l’empereur romain Trajan, un sarcophage chrétien
et son couvercle en marbre sculpté figurant le Christ
entouré par les apôtres Pierre et Paul et datant de
l’époque byzantine, ainsi que des mosaïques dont l'une
montre Vénus sortie des eaux ; et une autre les saisons.
Ces mosaïques constituent un témoin remarquable de la
somptuosité des demeures de la ville à l'époque romaine. [...]
»
La partie extérieure du musée contient un certain nombre de
pièces intéressantes. Avec, en premier, des pièces d’habitat
romain. On voit sur l'image
2 une grande galerie pavée d’une mosaïque à décor
de svastikas. On retrouve une svastika – mais orientée dans
le sens inverse des précédentes – sur le chapiteau de l'image 3, chapiteau
attribuable à l’antiquité tardive. Le chapiteau de l'image
4, de très grandes dimensions, a été bien conservé.
D’où provient-il ? La question peut sembler dénuée
d’importance. Il faut cependant comprendre que s’il y a un
chapiteau, cela signifie qu’il y avait une colonne qui le
portait, une colonne de très grandes dimensions. Et donc une
colonnade. Et donc un temple ou une église … mais de très
grandes dimensions. La localisation de ce monument devrait
donc être une priorité.
À l’intérieur du musée, on peut voir une statue féminine
sans tête – ou à tête amovible – (image
7) et une statue d’homme assis (image
8). Serait-ce l’empereur Trajan ?
Image 9 : Stèle
funéraire avec représentation du défunt et d’un taureau.
Serait-ce en rapport avec le culte de Mithra ?
Image
10 : Très beau décor de mosaïque représentant des
écailles.
Image 11 :
Mosaïque des Saisons. Trois de ces saisons sont visibles : à
gauche, la jeune femme couverte d’un voile représenterait
l’Hiver. En face d’elle, on aurait l’Été. La jeune femme
située en bas, reproduite sur l'image
12, serait l’Automne, coiffée de grappes de vigne.
Dans chacun des coins de la composition, sont disposés ce
qui semble être des symboles d’abondance : un panier
contenant des fruits sphériques, un canard, un plat
contenant des grappes de raisin. Le personnage central est
une femme : une déesse ?
Image 13 :
Mosaïque de la naissance de Vénus. Sur cette image, on voit
au premier plan des amours pécheurs, et en arrière-plan,
l’épisode de la naissance de Vénus.
Image 14. Détail de
la mosaïque de la naissance de Vénus : barque des amours
pécheurs. Remarquer la finesse d’exécution.
Image 15 : Autre
détail de la mosaïque de la naissance de Vénus. Cette
dernière est représentée portant un congre en guise de
chevelure. La présence dans cette scène
d'amours qui pourraient symboliser la Vie permet d’envisager
qu’on est en présence de quelque chose de plus profond que
le simple récit mythologique.
Image 16 : Amour
portant une grappe de raisin.
Les mosaïques
paléochrétiennes
Ces mosaïques se repèrent assez facilement. La plupart
recouvraient des tombes. Elles portent une épitaphe,
d’écriture malhabile, portant le nom et l’âge du défunt avec
la mention « IN PACE ». C’est le cas de la mosaïque de l'image 17 (aux 5e
et 6e lignes : « IN PACE ANO... »). On peut aussi
avoir des représentations de symboles chrétiens tels que :
grappe de raisin et poisson sur l'image
18 ; canthare et grappes de raisin sur les images 19, 20 et 21.
Nous ne pensons pas que la mosaïque de l'image
22 recouvrait une tombe. Il s’agit là d’une scène
dérivée de celle, célèbre, des « oiseaux au canthare ». Ici
il n’y a pas de canthare, mais une croix latine pattée,
accompagnée des symboles de l’alpha et de l’oméga qui
interprètent le texte biblique : « Je suis le commencement
et la fin ». Il n’y a pas non plus deux oiseaux seuls
encadrant le canthare, mais plusieurs couples d’animaux
représentés symétriquement par rapport à la croix : quatre
couples d’oiseaux, un couple d’agneaux, un couple de
poissons. Il y aussi des couples de plante. À remarquer que
la symétrie n’est pas parfaite comme c’était le cas dans les
siècles antérieurs.
Image 23 :
Sarcophage byzantin chrétien. Il représenterait le christ
entouré par Saint Pierre et Saint Paul. Nous avouons avoir
eu de la difficulté à reconnaître cela. D’une part, on nous
laisse croire que la sépulture est unique : la cuve et le
couvercle appartiendraient à un seul tombeau. D’autre part,
il semblerait que les matériaux utilisés soient différents :
du marbre de Carrare pour le couvercle, un autre marbre pour
la cuve. Mais surtout les thèmes sculptés semblent
différents. Ainsi, pour le couvercle, une scène de chasse, à
droite, et le retour de la chasse, à gauche. Deux scènes
apparemment anodines. Mais il y a les deux amours ailés qui
encadrent le cartouche et qui donnent à ces scènes un
caractère mystérieux.
On ne voit pas d’amour ailé sculpté sur la cuve. La scène se
décompose en trois ou quatre tableaux avec des personnages
qui se tournent le dos, semblant s’ignorer mutuellement.
Observons le troisième tableau à partir de la gauche. Nous
l’avons reproduit sue l'image
24. Sur une sorte de promontoire, un personnage
barbu est en train de prêcher : c’est le Christ. Sous ses
pieds, on peut voir une jeune fille de petite taille levant
les bras : c’est une orante. En dessous du Christ, à gauche,
on aurait saint Pierre, et, à droite, l’homme qui étale un
livre enroulé (un volumen)
serait saint Paul.
Il est certain que ce sarcophage contient un thème chrétien.
Est-il pour autant chrétien dans son ensemble ? Nous
aimerions savoir quelle est la signification des autres
tableaux.
Les trois images 25, 26
et 27 sont-elles les images d’une seule stèle vue
sur trois faces différentes ? En tout cas, chacune de ces
faces représente un thème chrétien : canthare et pampres de
vigne pour l'image 25,
canthare et grenadier pour l'image
26, chrisme et feuilles de chêne pour l'image
27.
Datation envisagée pour l’ensemble des pièces du
musée archéologique de Lamta : an 300 avec un écart de 150
ans.
Remarque :
cette datation peut être considérée comme une moyenne
globale. Il est possible que la datation de certaines œuvres
s’écarte fortement de cette moyenne.