Le musée d’art islamique du ribat de Monastir 

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Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter ce musée durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant ce musée nous apprend ceci :

« Collections

Le musée comporte plus de 300 œuvres, notamment des fragments de bois sculpté provenant de la grande mosquée de Kairouan et datant du Xe siècle et du XIe siècle, mais aussi des éléments en stuc issus des sites de Raqqada et d’Al Mansurya et datant du IXe siècle et du Xe siècle. Des stèles funéraires en marbre provenant du cimetière de Monastir et datant du IXe siècle au XIe siècle font aussi partie des collections du musée. Des feuilles manuscrites du Coran du IXe siècle au XIIe siècle, des verreries fatimides des IXe et Xe siècles, des tissus du IVe siècle au VIe siècle ainsi que des pièces de monnaie en or ou en argent de la même période se trouvent dans les salles du musée. L'une de ses pièces maîtresses est un astrolabe arabe de fabrication andalouse et daté de 927.
»

Nous n’avons pu recueillir que peu d’informations sur ce musée d’art islamique. Le lecteur pourra en savoir plus en consultant la page consacrée au musée d’art islamique de Raqqada, près de Kairouan. Ce musée de Monastir apparaît d’ailleurs un peu comme une annexe de celui de Raqqada, car de nombreuses pièces déposées parmi les plus intéressantes proviennent de Kairouan, ou des sites de Raqqada et d’Al Mansurya, proches de Kairouan.

Image 1 : Passage permettant l’accès au musée. Il est probable qu’à l’origine, ce passage n’ait pas été voûté. Pour pouvoir le voûter en voûte d’arêtes, on a réduit la portée de cette voûte en installant dans le passage un pilier en partie porteur de cette voûte.

Image 2 : Salle de prière. Les colonnes et chapiteaux ont été utilisés en réemploi.

Image 3 : Mirhab. On remarque que l’arc triomphal de ce mirhab ressemble beaucoup à ceux de l’église São Pedro de Balsemão à Lamego (Portugal) et de l'église Saint-Martin de Saint-Martin-des-Puits (Aude/ Occitanie/France) et probablement d’autres églises principalement dans la péninsule ibérique : mêmes colonnes cylindriques détachées du mur, mêmes impostes à chanfrein posées sur les colonnes et insérées dans le mur. L’arc est différent mais il a pu être outrepassé à l’origine. Nous rappelons les hypothèses émises lors de l’étude de ces églises du Sud de la France et de la péninsule ibérique : l’arc représenterait le ciel ; la partie rectangulaire située au-dessous représenterait la terre, et d’une façon générale, le monde invisible sous la terre ; les colonnes porteraient le cosmos ; l’ensemble symboliserait la course solaire. Enfin, nous avions évoqué une réalisation effectuée par les wisigoths qui auraient influencé les arabes. En venant en Tunisie, nous pensions retrouver ce type d’architecture. En particulier, à Kairouan. Mais cela n’a pas été tout à fait le cas et ce n’est qu’à Monastir que nous observons cette ressemblance, dans l’arc triomphal de ce mirhab et dans les arcs des deux porches examinés dans la page précédente. L’explication viendrait peut être du fait que la ville de Monastir, qui était un port, serait restée en contact avec d’autres ports de la côte andalouse et que ses productions auraient été ainsi influencées par celles issues de l’Andalousie, et ce, avant l’an mille.


Image 4 : Pièces en bois provenant du minbar (chaire à prêcher) de la grande mosquée de Kairouan. Remarquer le décor de pampres de vigne dans celle du dessous (datation : IXe ou Xe siècle).

Image 5 : Vases en céramique de l’époque aghlabide provenant de Raqqada (IXe siècle).

Image 6 : Vase en céramique (provenant de Raqqada ?). On retrouve une fois encore la scène classique des « oiseaux au canthare (IXe ou Xe siècle).

Image 7 : Vase en céramique (provenant de Raqqada ?). Décor de rinceaux de lierre (IXe ou Xe siècle).

Images 8 et 9 : Fragments de stucs ornés de motifs floraux géométriques et épigraphiques provenant des sites de Raqqada et de Mansouriya (IXe -Xe siècle). Nous avons remarqué que l’ornementation en stuc était présente dans plusieurs monuments d'Europe dans le dernier quart du premier millénaire (exemple au Tempietto de Cividale del Friuli (Frioul-Vénétie Julienne / Italie).

Image 10 : Récipients en verre (provenant de Raqqada ?) du IXe ou Xe siècle.

Image 11 : L’astrolabe daté de l’an 927.

Image 12 : Stèles funéraires portant des caractères coufiques (XIe siècle ?).

Image 13 : Pièce architecturale (base d’un mur) portant des caractères coufiques (XIe siècle ?).

Image 14 : Vases d’époque ottomane à décor polychrome sous glaçure.

Image 15 : Carreaux de céramique (XVe ou XVIe siècle).


Datation envisagée pour les objets principaux du musée d’art islamique de Monastir : an 900 avec un écart de 100 ans.

L’analyse de ce musée effectuée après celle du musée d’art islamique de Raqqada nous fait découvrir quelque chose de nouveau. D’une part, jusqu’à présent et à notre connaissance, ces deux musées d’art islamique, sont, avec le musée du Bardo, les seuls de Tunisie à posséder des objets d’art islamique antérieurs à l’an 1100. Nous n’avons certes pas visité tous les musées de Tunisie, mais il semblerait que concernant l’art islamique, la plupart de ceux qui en traitent exposent des objets d’art populaire postérieurs au XVIe siècle.

D’autre part, les objets exposés datant du IIIe- IVe siècle de l’Hégire (IXe ou Xe siècle de l’ère chrétienne) proviendraient tous de la région aux alentours de Kairouan. Cette localisation spécifique est surprenante. Comment se fait-il qu’on ne trouve pas de tels objets en Tunisie ailleurs qu’à Kairouan ? Est-ce parce qu’on ne les a pas cherché ? Qu’on ne sait pas où les trouver? Qu’il n’y en a pas eu ? La réponse à la dernière question est importante. Car s’il n’y a pas eu de tels objets alors qu’il devrait normalement y en avoir, cela signifie que durant cette période des deux derniers siècles du premier millénaire, Kairouan a été une principauté isolée, probablement en rapport avec Damas et la Syrie, mais sans contrôle direct sur l’ensemble des territoires du Maghreb. Dans ce cas, Kairouan aurait eu une moins grande importance que celle qu’on lui accorde à présent. Une moins grande importance du point de vue politique mais, par contre, une plus grande importance du point de vue religieux et du point de vue artistique.