Le ribat de Monastir
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce ribat durant notre voyage effectué en Tunisie en
avril 2025. Les images de cette page sont extraites de
galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce monument
nous apprend ceci :
« Histoire
Édifié en 796 par le général abbasside et gouverneur de
l’Ifrikiya, Harthimâ Ibn A’yûn, il est agrandi du côté
septentrional sous le règne des Aglhlabides (IXe
siècle) puis du côté méridional sous le règne de la
dynastie fatimide, vers 966. Par la suite, des travaux
effectués vers 1424, à l’époque hafside, augmentent
notablement sa superficie pour atteindre 4 200 m2.
Du XVIIe au XVIIIe siècle, de
nombreux contreforts ainsi que des tours et des bastions
polygonaux et circulaires sont ajoutés à l'édifice pour
accueillir des pièces d’artillerie. Dès le Xe
siècle, le voyageur, géographe et chroniqueur arabe Ibn
Haqwal soutient que l'édifice est le plus grand ribat de
l'Ifriqiya. Au cours du IXe siècle, le
géographe et historien andalou Al-Bakri laisse sur le
ribat de Monastir la description suivante : “C'est une
forteresse très élevée et solidement bâtie. Au premier
étage, au-dessus du sol, se trouve une mosquée où se tient
continuellement un cheikh, rempli de vertu et de mérite,
sur lequel repose la direction de la communauté.”
Bâtiment
Le
complexe que l'on peut admirer de nos jours résulte d'une
longue évolution où agrandissements et transformations se
sont succédé. Le noyau primitif de l'édifice présente à
l'origine un plan régulier avec des façades massives
accompagnées aux angles de tours cylindriques dont une
tour vigie située au sud-est. La cour est bordée de
galeries sur lesquelles s'ouvrent plusieurs pièces. De ce
ribat primitif subsistent l'aile méridionale qui comporte
le porche d'entrée, la tour sud-ouest, la tour vigie
couronnée par un garde-corps crénelé et la salle de prière
qui se trouve à l'étage.
Au
cours du Xe siècle, l'agrandissement du
bâtiment est matérialisé par l'ajout d'un pavillon séparé
de la façade primitive par une courette et renfermant à
l'étage un oratoire voûté en berceau qui est divisé en
sept nefs perpendiculaires au mur de la qibla et
deux travées ; sur des piliers cruciformes reposent des
arcs en plein cintre et en anse de panier.
À l'époque hafside, les défenses du monument sont
renforcées pour faire face aux menaces d'invasions, œuvre
qui est poursuivie sous le règne de Hussein II Bey
(1824-1835) qui restaure l'ensemble de l'édifice avec
l'adjonction de tours et de bastions. »
Remarque :
nous n’avons pas vu sur Internet d’image de l’« oratoire
voûté en berceau qui est divisé en sept nefs
perpendiculaires au mur de la qibla... »
Image 1 : Le
ribat vu en direction du Sud-Est.
Image 2 : Vue par
satellite du ribat de Monastir, du musée qu'il abrite et de
la grande mosquée, monuments qui seront étudiés dans les
deux pages suivantes.
Image 3 : Plan du
ribat. La partie colorée en gris serait la partie la plus
ancienne. Ce serait le reste d’une fortification à plan
rectangulaire (tracé en pointillés). La tour de la vigie (image 12) est placée en
bas et à droite de cette partie colorée en gris. L’ajout de
Xe siècle serait la partie colorée en rose pale.
Les parties colorées en jaune et vert foncé seraient des
adjonctions effectuées aux XVIIe et XVIIIe
siècles.
Dans son ensemble, l’architecture de
l’édifice apparaît complexe. Nous ignorons si une étude de
l’archéologie du bâti a été réalisée mais nous estimons
qu’une telle analyse est très délicate. Et c’est le cas d’un
grand nombre de forteresses. Car les forteresses sont très
souvent modifiées : démantelées lors des longues périodes de
paix, elles sont construites à la hâte durant les périodes
de guerre. Certes, dans le cas présent, on a pu identifier
les évolutions en ce qui concerne les corps de bâtiment.
Mais ce, d’une façon générale. Qu’en est-il dans le détail ?
À l’intérieur des bâtiments ? Nous avons peu d’images qui
permettent de les décrire et aucun plan qui permette de les
localiser. Regardons par exemple l'image
14 d’une galerie à arcades. Cette galerie est
probablement celle qui communique sur la courette, au milieu
et en bas de l'image 10.
Sur cette image 14, on distingue à droite
de la baie du milieu un pan de mur fait de moellons
dépareillés. Il est probable que ce pan de mur a été
construit après les piliers voisins et les arcs qu’ils
supportent car leur appareil est tout différent. En est-il
de même en ce qui concerne les voûtes d’arêtes (voûtes
visibles sur les images
14 et 15) construites en petit appareil comme le
pan de mur ?
Nous pouvons voir sur ces images des arcs outrepassés. Celui
de l'image 8 est
très légèrement brisé. Il semble avoir été fortement
restauré, peut-être à une période récente. Cependant, nous
pensons qu’il doit être ancien (ou copie d’un arc ancien)
car le chapiteau qui le supporte à gauche est très
endommagé.
Le grand arc de l'image 13
est lui aussi outrepassé. Il nous semble plus ancien
que l’arc de l'image 10. À l’origine, il
n’était pas muré comme il l’est actuellement. Il devait
protéger une partie ouverte.
Datation
envisagée pour le ribat de Monastir dans sa
construction d’origine : an 800 avec un écart de 50 ans.