La grande mosquée de Sousse
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter cette mosquée durant notre voyage effectué en
Tunisie en avril 2025. Les images de cette page sont
extraites de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia la décrivant nous apprend
ceci :
« Située
à l'entrée de la médina, elle est érigée par le souverain
aghlabide Aboul Abbas Ier (841-856) en 850-851,
soit près de trente ans après la construction du ribat de
Sousse. Cette mosquée est emblématique d'une cité devenue
quelques années après le règne de Ziadet-Allah Ier
(817-838), la seconde ville de l’Ifriqiya et du Sahel. Par
la suite, l'édifice est agrandi sous le règne d’Ibrahim II
(875-902).
La
mosquée, de plan rectangulaire, est composée d’une cour à
portiques sur laquelle s’ouvre la salle de prière. Deux
tours, surmontées d'édicules à coupoles, occupent les
angles nord-est et sud-est de la cour ; celle du nord-est
est accessible par un escalier depuis la cour. La zone
supérieure des portiques est ornée d’une inscription
kufique aux lettres inclinées, inscrite dans un bandeau en
cuvette.
La
salle de prière est composée de treize nefs et six
travées, la travée du mirhab ainsi
que la nef axiale aux colonnes doublées étant plus larges
que les autres et formant un dispositif en T. En plus de
sa largeur, la nef axiale est aussi valorisée par deux
coupoles, dont l'une devant le mihrab.
La mosquée ne possède pas de minaret, ceci est peut-être
dû à la présence, toute proche, de la tour de vigie du
ribat. »
Autre indication issue d’Internet, traduite d’un texte écrit
en anglais : « À
l'origine, la salle de prière ne comprenait que trois
travées voûtées en berceau, mais au Xe siècle,
elle fut jugée trop petite et agrandie par l'ajout de
trois travées voûtées en croisée d'ogives, légèrement plus
hautes, sur le côté du mur de la qibla.»
N’ayant pas visité cette mosquée et ne
disposant pas d’un plan précis, il nous est difficile
d’énoncer des hypothèses vraiment fiables, et à plus forte
raison, des certitudes. Nous pouvons seulement constater que
cette mosquée a suivi de nombreuses modifications au cours
du temps. On le constate dans la cour avec les différences
entre ses portiques : chacune des galeries forme un ensemble
architectural homogène mais les galeries Sud, Ouest et Nord
sont différentes entre elles. Les différences de formes
architecturales sont plus apparentes encore à l’intérieur de
la salle de prière. Ainsi, nous envisageons que le vaisseau
central de la nef, primitivement charpenté, a été
ultérieurement voûté (image
8). De plus, sur la même image
8, on
constate une différence entre piliers : celui du milieu est
cruciforme alors que celui de droite, rectangulaire, est
flanqué d’une colonne cylindrique monolithe. Par ailleurs,
le texte ci-dessus signale des différences entre les voûtes,
certaines en berceau et d’autres en croisée d’ogives.
Le texte de Wikipédia parle de treize nefs et trois travées.
Parmi les nefs, il y aurait la nef axiale plus large que les
autres nefs. Et parmi les travées, il y aurait la travée du
mirhab.
Tout d’abord faisons un petit rectificatif concernant le mot
« nef ». Dès la création de notre site, afin d’éviter des
confusions du style, « une nef à 13 nefs » nous avons décidé
d’appeler nef la salle où sont réunis les laïcs pour prier.
Dans le cas d’une mosquée, ce serait la salle de prière. Et
d’appeler « vaisseau » une partie rectangulaire de cette nef
située dans la direction principale, et « travée » une
partie rectangulaire perpendiculaire à cette direction
principale. Il semblerait donc que, dans le cas présent, le
vaisseau principal de cette salle de prière soit orienté
vers le Sud (images 7 et 8).
La travée contenant le mirhab
serait donc perpendiculaire à ce vaisseau principal et
orientée vers l’Est.
Image 14. Le
pilier situé dans la partie droite de l’image, de section
rectangulaire, est flanqué d’un pilastre lui aussi
rectangulaire. Ce pilastre porte une imposte qui, à son
tour, porte arc outrepassé. Ce qui est remarquable, c’est la
partie gauche de ce pilier : on y voit la succession de deux
impostes et d’une corniche. On ne voit aucun lien de
continuité entre ces impostes et l’imposte du pilastre. En
conséquence, nous envisageons qu’il y a eu une succession de
travaux indépendants les uns des autres. Il faut surtout
remarquer l’imposte située au-dessus. Elle est très finement
travaillée. On y voit des rinceaux et des feuillages. Nous
pensons que cela pourrait être une production par des
artistes vandales.
Image 15 : Autre
production intéressante. Au premier abord, le chapiteau
semble corinthien (donc de fabrication romaine). Mais un
examen plus attentif fait découvrir des entrelacs de
feuillages (donc de fabrication barbare). Le problème est
donc plus complexe que prévu. Remarquer l’inscription en
caractères coufiques gravée sur la colonne.
Datation envisagée pour
la grande mosquée de Sousse : an 850 avec un écart de 100
ans.