Le site archéologique et le musée d’Utique
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce site archéologique durant notre voyage effectué
en Tunisie en avril 2025. Les images de cette page sont
extraites de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site
archéologique nous apprend ceci (extraits) :
« Histoire
Utique est réputée comme l'une des plus anciennes villes
de la Méditerranée occidentale. Selon Pline l’Ancien, la
ville est fondée en 1101 av. J.-C. par les Phéniciens.
Cette cité-État se forme par nécessité commerciale : elle
est l'un des comptoirs commerciaux indispensables dans les
voyages entre Tyr et Cadix. Cette ville dont l'antériorité
(plus de trois siècles) par rapport à Carthage est admise
par plusieurs auteurs, disposait d'une indépendance
vis-à-vis de Tyr, se contentant de lui envoyer tous les
ans un tribut d'usage. Toutefois, les fouilles
archéologiques n'ont pas confirmé cette antériorité, aucun
vestige archéologique antérieur au VIIIe siècle
av. J.-C. n'a été découvert. Au Ve siècle av.
J.-C. , Utique tombe sous la domination carthaginoise.
[...]
Vers
36 av. J.- C., la cité reçoit des droits municipaux sous
Octave (futur empereur Auguste) et prend le nom de
Municipum Julium Uticense. Enfin, elle est ensuite promue
au rang de colonie romaine sous Hadrien et devient Colonia
Iulia Aelia Hadriana Augusta Utica.
Vers le milieu du IIIe siècle, la présence du
christianisme est attestée à Utique par la participation
de son évêque, Aurélius, au concile de Carthage du Ierseptembre
256. La cité est prise par les Vandales, commandés par
Genséric, en 439 et reprise par les Byzantins en 534. Elle
connaît alors l’ensablement de son port qui engendre son
déclin progressif. Les alluvions de la Medjerda comblent
en effet le golfe d'Utique et rejettent le vieux port loin
de la mer si bien que le site est aujourd'hui à une
dizaine de kilomètres du rivage. »
Commentaires sur cette
partie de texte
1. Sur les origines d’Utique, nous avons confirmation de
quelques intuitions. La première de ces intuitions est
celle-ci : les historiens de l’antiquité ont eu tendance à
anticiper la naissance de la cité où ils étaient nés.
Peut-être par comparaison à d’autres villes déclarées plus
anciennes. Ce serait le cas ici : Utique déclarée de la fin
du XIIe siècle av. J .-C. serait en fait du VIIIe
siècle … et peut-être même après pour l’installation d’une
colonie phénicienne.
2. Autre intuition : l’importance du détroit de Gibraltar
pour le commerce antique. Placée juste après la date de 1101
av. J.-C., la phrase, « elle
est l'un des comptoirs commerciaux indispensables dans les
voyages entre Tyr et Cadix. » est caractéristique
de cette importance, Tyr étant un port de Méditerranée, en
Asie mineure, Cadix, un port d’Atlantique, en Europe. Nous
ne sommes du tout certains que cette voie commerciale entre
Tyr et Cadix ait été créée dès le deuxième millénaire avant
notre ère (probablement longtemps après). Mais nous pensons
que le contrôle du détroit de Gibraltar est une des causes
principales des guerres puniques. Nous pensons, par
ailleurs, que les voies maritimes commerciales ont joué un
rôle très important dans la géopolitique antique, méconnu
des historiens qui ont attaché plus d’importance aux
conquêtes terrestres que maritimes.
3. On retrouve dans ce texte les divers changements de
statuts des cités de Tunisie qui, de villes occupées,
deviennent municipes puis colonies. Par contre, nous ne
savons toujours pas quelles sont les formes d’administration
attachées à ces statuts.
4. La phrase, « Les
alluvions de la Medjerda comblent en effet le golfe
d'Utique et rejettent le vieux port loin de la mer si bien
que le site est aujourd'hui à une dizaine de kilomètres du
rivage. » est exceptionnelle. Mais l’exception
réside dans le fait qu’elle ait été écrite pour la seule
ville d’Utique et non pour tous les ports antiques situés
sur des estuaires : ces ports sont situés à une dizaine de
kilomètres du rivage et sous le lit de la rivière, au niveau
de la mer (celui de la période antique qui a varié par le
phénomène de transgression marine) et à proximité des
vestiges actuels. Il y a certainement une part d’exagération
dans ce que nous venons de dire mais nous pensons que les
phénomènes de transgression marine, d’une part, et de
comblement alluvionnaire d’estuaires, d’autre part, ont été
insuffisamment pris en compte par les historiens ou les
archéologues.
Suite du texte de Wikipédia (extraits) :
«
Le site archéologique
(images de 1 à 7)
[...] En
plus des nécropoles puniques particulièrement bien
conservées, la ville d'Utique, qualifiée de "splendide"
selon une inscription retrouvée à Dougga, comporte tous
les éléments archéologiques d'une colonie romaine :
amphithéâtre, cirque, théâtres, thermes, citernes,
aqueducs, forum, temples, habitation, etc.
Le
musée archéologique
(images de 8 à 18)
Époque punique : La
collection punique comporte en majorité du mobilier
funéraire retrouvé dans les tombeaux des nécropoles
puniques (NDLR. Hormis le tombeau punique de l'image 9,
nous ne donnerons pas le détail de cette collection
punique très riche mais antérieure au premier millénaire et
peu représentée en images sur Internet).
Époque romaine : La
collection romaine comporte des objets extraits de
monuments publics, de maisons et de nécropoles romaines :
... statues en marbre représentant le dieu Esclape, un
Satyre musicien, un enfant en toge, Hercule avec ses
attributs et Ariane endormie ... cinq panneaux de
mosaïques représentant des scènes de chasse issus d’une
demeure privée. [...] »
Les
œuvres exposées
Image 6 : Bassin
décoré d’une mosaïque à décor marin. Au centre de la
mosaïque, on distingue une barque sur laquelle est installé
un Amour tenant une canne de pêche. On devine que le décor
n’est pas seulement figuratif bien que la représentation des
animaux matins soit très réaliste. Il y a un sens
symbolique, mythologique ou religieux.
Image 7 : Autre
bassin décoré d’une mosaïque à décor marin. On distingue, de
gauche à droite, le dieu Océan (autre vue sur l'image
15). Sa tête est hérissée de pinces de homard et
d’antennes de langouste. Puis viennent, disposées
transversalement à l’image, deux barques. La plus proche
occupée par deux pêcheurs, la suivante par deux rameurs.
Enfin, à droite de l’image, apparaissent le mat et deux
voiles d’un gros bateau (partie de mosaïque endommagée;
autre vue sur l'image 14).
Il n’y a pas d’Amour pêcheur mais la tête du dieu Océan
suffit pour caractériser l’aspect mythologique de la scène.
Image 9 :
Sarcophage punique. Nous avouons notre ignorance sur ce type
de sarcophage dit « à acrotères » : le couvercle est en
forme de toit avec des excroissances, nommées « acrotères »,
à chaque coin. Après consultation des pages d’Internet, nous
n’en savons guère plus. Il semblerait que ce type de
sarcophage ait été très utilisé par les romains entre le
deuxième siècle avant Jésus-Christ et le deuxième siècle
après Jésus-Christ. Nous pensons qu’il pourrait y avoir une
influence grecque antérieure. Nous pensons de plus que ce
type de sarcophage a été utilisé au moins jusqu’au VIe
ou VIIe siècle (sarcophages de la basilique
Saint-Aphrodise de Béziers), mais il s’agirait peut-être
d’un réemploi.
Image 16 :
Mosaïque avec deux scènes de chasse au filet. À gauche, les
valets accompagnés de leur chien portent le filet de chasse.
À droite, les bêtes sauvages (un cerf et un daim ?) sont
repoussées vers le filet.
Image 17 :
Mosaïque d’une scène de chasse. Est-ce bien une scène de
chasse ? Nous n’arrivons pas à savoir ce que font ces deux
hommes. L’un tient une gaule : pour effrayer les oiseaux ?
pour faire tomber les fruits de l’arbre ? Que cherche
l’autre au pied de l’arbre ?
Image 18 :
Mosaïque représentant Diane chasseresse. Cette mosaïque a
été déposée au musée du Bardo.
Datation envisagée pour
le site archéologique et les collections du musée d’Utique :
an 150 avec un écart de 100 ans.