Le site archéologique de Lambèse
La page du site Internet Wikipédia
décrivant ce site archéologique nous apprend ceci :
« Historique
L’agglomération de Lambaesis eut comme premier élément un
camp de 200 mètres édifié en 81 par la 3e
Légion Augusta, un deuxième de deux hectares est construit
un peu plus tard, et un troisième très peu après. Les
lieux sont inspectés par l’empereur Hadrien en 128.
L’agglomération civile se développe autour des bâtiments
militaires peuplés de soldats et d’autres catégories de
personnel tel l’officum.
Les ingénieurs militaires ont aidé à la construction des
édifices du Lambèse civil. À partir de la deuxième moitié
du IIIe siècle, sous Septime Sévère, le statut
juridique de la ville change : de simple municipe, elle
est élevée au rang de colonie et devient ainsi la capitale
de la Numidie. La légion est dissoute en 238, à la suite
de troubles liés à la nomination de l’empereur Gordien Ier,
privant la cité de son soutien économique majeur. Quelques
décennies plus tard, Lambèse perd son titre de capitale en
raison de la restructuration politique de 315. Constantin
regroupe les deux Numidies et en transfère le chef-lieu à
Cirta (Constantine). Détruite au Ve siècle par
les berbères, Lambèse rétrograde en une bourgade de
seconde zone, tandis que ses monuments vont traverser
miraculeusement les siècles.
Selon les archéologues, “la ville offre le visage d'un
urbanisme complexe et rare, où l'on peut observer le rôle
des camps de légionnaires dans l'urbanisation des
territoires avancés de l’Empire”. »
La cité romaine de Lambèse occupe, selon
nous, une place un peu « à part » parmi les autres cités
romaines d’Afrique du Nord.
Tout d’abord, son plan à quadrillage rectangulaire typique
des camps romains est assez exceptionnel (images
2 et 3). Nous ne voyons aucune autre cité d’Afrique
du Nord qui témoigne d’un tel plan, qui, il faut le
reconnaître, n’est pas étendu à toute la cité. La deuxième
particularité de cette ville est l’existence du grand
bâtiment que l’on a appelé « prétoire ». C’était,
probablement, un bâtiment d’administration de la 3e
légion. Une autre particularité est, semble-t-il, l’absence
de forteresse byzantine. On s’attendrait en effet qu’il y en
ait une, sachant qu’il y en a dans beaucoup d’autres cités
qui n’étaient pas des villes de garnison.
Nous ne sommes pas surpris par l’existence d’un capitole,
ensemble de trois temples juxtaposés dédiés à Junon, Jupiter
et Minerve (image 11).
Ces trois divinités étaient honorées au temple de Jupiter
Capitolin, sur le Capitole à Rome. La présence d’un capitole
dans cette ville montre qu’elle était inféodée à Rome.
Nous constatons l’absence d’un théâtre.
Il est cependant possible qu’il y en ait un, toute la ville
n’ayant pas été fouillée.
Par contre il existe un amphithéâtre … et de grandes
dimensions (images 18, 19,
20). Cet amphithéâtre était, comme ceux d’El Jem et
d’Oudhna, équipé de salles souterraines situées sous l’arène
permettant de faire jaillir du sol des éléments de spectacle
(décors, fauves, gladiateurs). La présence de cet
amphithéâtre est typique des villes de garnison, les soldats
et vétérans étant amateurs de jeux de combat.
L'image
22 que nous avons capturée sur Internet était
désignée : « Thermes des chasseurs » . Nous pensons que
cette appellation vient d’une mosaïque représentant des
chasseurs vue sur une photographie ancienne (image
37). Nous ne savons pas ce qu’il est advenu de
cette mosaïque.
L'image 24 montre
les restes d’un arc en plein cintre qui devait protéger une
baie des thermes. Si nous avons sélectionné cette image,
c’est pour montrer la différence fondamentale existant entre
cet arc et un arc roman. Dans un arc roman, les voussures
sont formées de pierres taillées en fonction des rayons
issus du centre de courbure de l’arc. Ici ce sont des dalles
plates, d’épaisseur uniforme, en terre cuite. Pour assurer
l’arrondi de l’arc, les maçons ont été obligés d’insérer par
endroits des dalles moins longues que les principales.
Les sculptures en bas-relief des images
34, 35 et 36 sont
des stèles votives. On y retrouve certains des emblèmes
représentés sur des stèles vues dans les pages précédentes
(personnage portant une grappe de raisin, bélier du
sacrifice dans le registre inférieur). Mais il existe aussi
de fortes différences (absence de fronton triangulaire,
absence du croissant de lune). Nous pensons que l’ensemble
des stèles votives d’Afrique du Nord devrait faire l’objet
d’une étude faisant apparaître les ressemblances et les
différences, ces dernières devant être des témoins des
disparités sur le plan des croyances religieuses.
Image
39 : Cette scène se retrouve, avec des variantes,
dans plusieurs musées d’Afrique du Nord. De chaque coin du
tableau, jaillissent des pampres de vigne portant des
grappes de fruit que cueillent des Amours. Des personnages
mythologiques, dont probablement Bacchus, sont disposés sur
les côtés du panneau. Ces tableaux sont l’expression d’un
culte et de convictions religieuses. Nous ne savons
cependant pas quelle est la nature (origine, interprétation
symbolique, ...) de ces convictions. Nous ne savons pas non
plus quelle est la force de ces convictions.
Images 43, 44, et 45.
Les scènes sont à présent bien connues. Elles sont en lien
avec le déplacement du soleil dans le ciel. Le jour, il
décrit une orbite circulaire autour de la terre. Le soir
venu, il s’enfonce (il meurt) dans la mer, côté Ouest. Il
renaît le lendemain en surgissant de la mer, côté Est. Les
savants antiques ont donné cette interprétation : le soleil
doit être porté par une sorte d’attelage tiré par des
animaux (chevaux, lions, ou comme ici, tigres) mais comme il
doit resurgir le lendemain de l’autre côté de la terre, il
faut qu’il pénètre dans la terre comme le font les serpents.
C’est pour cela que l’animal qui porte le soleil est à
moitié cheval (ou lion, ou tigre, ou autre encore), et à
moitié serpent. Mais ce n’est pas tout ! Il faut un
conducteur à cet attelage. C’est dieu ou une déesse.
Image 45. Remarquer
le geste de la déesse. Elle saisit le voile qui est
au-dessus d’elle et semble le faire tourner. Ce voile
représente la voûte céleste que la déesse met en mouvement.
Datation envisagée pour le site archéologique de
Lambèse : an 75 avec un écart de 75 ans.