Les vestiges de la basilique chrétienne de Tébessa  

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Dans une page précédente réservée à l’étude du temple de Minerve et ses collections muséographiques, nous avons décrit l’histoire de la ville antique de Théveste. Cette histoire est peu documentée en ce qui concerne la vie religieuse chrétienne au cours des IVe et Ve siècles. En fait, les seuls documents dont on dispose sont les documents conciliaires ou les écrits d’évêques comme Saint Augustin. Ces documents s’intéressent plutôt à l’hérésie donatiste, souvent en la combattant. Mais les affrontements s’effectuent entre intellectuels et on sait très peu de choses des questions intéressant le peuple.

La ville de Tébessa a conservé les restes d’une grande basilique chrétienne. Les fouilles ont été effectuées vers la fin du XIXe siècle. Il semblerait que depuis, des vestiges aient disparu. Ce serait le cas pour les écuries situées dans l’enclos de cette église : nous n’avons ps de photographie récente de celles-ci mais des photographies datées du XIXe siècle (images 21, 22, 23).


Les images de 2 à 6 ainsi que le plan de l'image 7 montrent que l’on est en présence d’un édifice à plan basilical : nef à trois vaisseaux avec le vaisseau central surhaussé par rapport aux vaisseaux latéraux. Le vaisseau central est prolongé par une abside semi_circulaire. Les vaisseaux secondaires sont quant à eux prolongés par deux pièces rectangulaires qui encadrent l’abside. Si bien que la totalité de l’édifice est inscrite dans un rectangle. Ce qui est un signe de son ancienneté. Autre signe d’ancienneté : la nef est à trois vaisseaux. Ultérieurement, des nefs à 5, 7 ou même 9 vaisseaux, seront construites (en particulier à Carthage). Ces nefs préfigureraient selon nous les salles de prière des grandes mosquées.

Il est tout à fait normal d’envisager que le plan de l'image 7 est le plan d’origine. Cependant, certaines images posent question. C’est le cas de l'image 6. On y voit, en second plan, une colonnade. Sur les trois premiers piliers, sont posés deux arcs en plein cintre. En fait, c’est un peu plus complexe. Les piliers sont doubles. Ils sont formés d’une colonne à section circulaire et d’une autre colonne à section carrée. Ce sont les colonnes à section carrée qui portent les arcs. L’ensemble donne l’impression d’une structure plaquée sur une autre : une construction qui se serait effectuée en deux temps. Cette impression est confirmée par l’image côté intérieur (image 3).

En admettant que cette construction ait été effectuée en deux temps, la pose de la mosaïque serait postérieure à ce deuxième temps (image 7).


Les pièces architecturales sculptées

Il en existe encore sur place (images 10 et 11). La seconde est très intéressante. C’est un pilier à section rectangulaire avec, sur le petit côté, un rinceau de feuilles d’acanthe, et, sur la face avant, des pampres de vigne avec grappe de raisin, le tout étant surmonté d’un chrisme. L’attribution à la foi chrétienne est évidente.

Nous en sommes moins sûrs en ce qui concerne d’autres pièces collectionnées en archives (images 12, 13, 14 et 15). Ce sont des consoles sculptées. Le décor de volutes (images 12 et 15) n’est pas typiquement chrétien. La présence d’une conque (image 13) pourrait être interprétée comme un culte rendu à Vénus. Mais on trouve aussi des conques dans les mosaïques chrétiennes. Les dauphins (image 14), quant à eux, sont surtout présents en compagnie de Néréides ou du dieu Océan dans les mosaïques marines païennes.


Nous ne pouvons dire grand-chose sur la cuve baptismale (images 17 et 18) hormis le fait que sa forme circulaire entourée de 6 gros blocs préfigure la forme hexagonale rencontrée ultérieurement.

Les archéologues du XIXe siècle se sont efforcés de reconstituer le plan en élévation des constructions du groupe épiscopal (images 19, 20 et 24). En dehors du fait que la construction a pu se faire en plusieurs étapes (nous avons ci-dessus émis l’idée d’un plaquage d’une structure sur une autre), nous pensons que les archéologues ont amplifié la hauteur des bâtiments, en particulier celle de la basilique.

Les images de 21 à 24 sont celles des écuries. Ces écuries désignées sous le nom d’« hostellerie », en haut et à gauche sur le plan de l'image 16, sont tout à fait exceptionnelles par leurs dimensions. Nous avons eu auparavant l’occasion de rencontrer des « bâtiments à auges » en Tunisie. Mais ces bâtiments étaient de dimensions relativement réduites. Ils pouvaient être interprétés comme des bâtiments administratifs réservés à la perception de taxes. Il semblerait que dans le cas présent, le bâtiment ait été construit pour un accueil permanent d’un grand nombre d’équidés ou de camélidés. Ce serait peut-être une sorte de grand caravansérail. Ou bien les écuries d’une caserne militaire.


Datation envisagée pour la basilique chrétienne de Tébessa : an 425 avec un écart de 125 ans.