L’aire archéologique de Concordia Sagittaria et la cathédrale Saint-Étienne  

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Dans cette page, l'étude de l’aire archéologique de Concordia Sagittaria sera suivie de celle de la cathédrale Saint-Étienne de Concordia.


L’aire archéologique de Concordia Sagittaria

Nous n'avons pas visité cette aire archéologique. Les images de cette page sont extraites de galeries d'Internet.

La page du site Internet artsupp.com consacrée à cette aire archéologique nous apprend ceci :

« La zone archéologique sous la cathédrale est située à Concordia Sagittaria (VE) et se développe sous la cathédrale de Santo Stefano et la place du Cardinal Costantini. Il conserve des vestiges de l'époque romaine et le célèbre complexe monumental paléochrétien.

Liés à la zone romaine sont un grand tronçon pavé de la Via Annia, l'ancienne route consulaire, qui reliait Adria à Aquileia, et une partie des entrepôts commerciaux
(horrea). Du côté sud de la route, se trouve le complexe ecclésial paléochrétien. Elle comprend la Basilique Apostolorum, à trois nefs, entièrement recouverte d'un tapis de mosaïque et le trichora martyrum, un édifice à trois absides dédié au culte des martyrs. Il a été découvert et fouillé plusieurs fois à partir des années cinquante du siècle dernier. Son premier plan remonte à la fin du IVe siècle après J.-C. et il est resté en service, avec des agrandissements et des embellissements successifs, jusqu'au VIe siècle après J.-C., lorsque des incendies et des inondations ont décrété sa fin et son abandon. »


Notre analyse des images

Nous n’avons pas disposé d’un plan de fouilles. Nous pouvons cependant essayer de reconstituer ce plan à partir de l'image 1, image par satellite légendée.

En partant du bas de l’image et à gauche, nous avons une zone archéologique rectangulaire inclinée vers la droite. Le drapeau bleu indique strada romana. C’est la voie romaine, Via Annia, visible sur l'image 10. Entre cette voie romaine et la cathédrale située au-dessus de l’image, on a toute une partie blanche. On pourrait penser à une esplanade. Mais en fait, c’est la toiture qui protège une partie des fouilles (images de 9 à 12). Cette toiture est visible sur l'image 2.

Revenons à l'image 1. À partir de la voie romaine et en nous dirigeant vers la droite, on atteint un drapeau rouge portant la légende Santuario Trichora Martyrium. Cette partie correspondrait aux images 4 et 5. Une autre partie située entre le drapeau bleu et le drapeau rouge représenterait les restes d’une basilique à nef à trois vaisseaux (image 7).

En poursuivant notre lecture de l'image 1, on retrouve en haut et à droite la cathédrale Saint-Étienne, et, entre cette cathédrale et la zone de fouilles, le baptistère.


Étude de quelques images

Images 4 et 5 : On remarque devant l’abside une excavation en forme de croix. S’agit-il d’une piscine baptismale ?

Image 6 : Sarcophages à couvercles en forme de toit à acrotères.

Images 9 et 10 : Mosaïques de pavement. Le décor est bichrome, noir et blanc. On retrouve une figure caractéristique : la croix à entrelacs appelée « nœud de Salomon ». On a aussi d’autres figures en formes de croix. À remarquer que toute ces figures sont inscrites dans un module de base répétitif en forme d’octogone déformé.

Image 11 : Deux sarcophages à couvercles en forme de toit à acrotères.

Image 12 : C’est la seule œuvre qui ne soit pas attribuable aux romains. Il s’agit d’une plaque de chancel à entrelacs (VIIIe-IXe siècles). Trois oiseaux picorant une grappe de raisin y sont représentés (symbole d’immortalité).


    Datation envisagée pour l’aire archéologique de Concordia Sagittaria : premiers siècles de notre ère.




    La cathédrale Saint-Étienne de Concordia

    Image 13 : La façade de l’église est manifestement baroque mais dès qu’on examine l’église sur le côté (image 14), on réalise que cette façade baroque a été plaquée sur une structure plus ancienne.

    Image 15 : Le campanile est séparé de l’église. On constate la présence de hautes arcatures qui font penser à ce que nous appelons les « arcatures lombardes » et que les italiens appellent « arcs suspendus ». Sauf que ces arcs ne sont pas « suspendus » puisqu’ils partent directement du sol ou du plancher d’un étage. Il est possible que ce type d’arcature ait précédé celui des arcatures lombardes, les maçons s’étant aperçus qu’il n’était pas nécessaire que les lésènes (ou pilastres) partent directement du sol et en conséquence qu’on pouvait « suspendre » certains arcs.

    Image 16 : La nef est à trois vaisseaux charpentés, le vaisseau principal étant surhaussé par rapport aux vaisseaux latéraux. Les piliers de cette nef sont surprenants. Nous avons en effet constaté dans notre recherche que la forme des piliers était en relation avec la forme des voûtes. Dans le cas présent, les piliers sont de type R1111. Il devrait y avoir normalement au-dessus de chaque chapiteau des ogives. Ce qui n’est pas le cas : les chapiteaux ne servent à rien. Il faut donc admettre que l’intérieur de cette église a subi de profonds remaniements.

    Image 17 : Reste d’un chancel carolingien à entrelacs déposé dans l’église à l’emplacement de la table sainte (clôture pour la communion des fidèles). À droite, un oiseau tenant un livre (l’évangéliste Saint Jean ?) semble interpeller un autre oiseau. Au milieu et à gauche, une croix pattée.

    Image 18 : Autre reste d’un chancel carolingien installé en devant du maître-autel. Des bandes entrelacées encadrent huit cercles contenant des motifs identiques.


    Datation envisagée pour la cathédrale Saint-Étienne, à partir des parties visibles de la nef : an 1150 avec un écart de 50 ans.