L’église Santa Maria di Castello à Udine  

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L'étude de l'église Santa Maria di Castello à Udine sera suivie d'un paragraphe de conclusionjs sur les monuments du Frioul - Vénétie Julienne.



Église Santa Maria di Castello à Udine

Nous n'avons pas visité cette église, c'est pourquoi toutes les images de cette page ont pour source Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église nous apprend ceci :

« Histoire et description

Construite sur un site qui abritait peut-être déjà un lieu de culte par le passé, l'église Santa Maria di Castello remonte probablement à l'époque du royaume lombard : quelques fragments de pierre datant du VIIIe siècle retrouvés lors des restaurations de 1928-30 en témoignent, dont un Christ Logos et une épigraphe au nom de Liutprand, roi des Lombards (712-744). L'aspect d'origine (probablement avec abside et de petite taille) est peu documenté, l'église ayant peut-être été détruite lors des invasions des Magyars. La construction actuelle révèle un plan roman, datable du XIIe siècle de par ses caractéristiques architecturales, dont la partition en trois nefs.

L'église Santa Maria était la paroisse d'Udine et le resta jusqu'à peu après le milieu du XIIIe siècle. Les fresques de l'abside datent de cette époque, dont l'œuvre la plus importante de l'abside droite représente une Déposition de Croix dans l'hémicycle, et la série des douze apôtres dans l'arc suspendu, œuvre d'ouvriers venant de Bavière.

Après le tremblement de terre du 26 mars 1511, la façade est reconstruite par Gaspare Negro au début du XVIe siècle, tandis que le clocher-tour, commencé par le même Negro, peut-être à la place d'une des tours des fortifications de la ville, est achevé par Giovanni da Udine en 1539.
{...] »


Nos commentaires sur ce texte

Nous retrouvons dans ce texte le même discours reproduit presque à l’identique, à près d’un millier d’exemplaires, tout au à long des pages de notre site Internet : une église existait à cet emplacement avant l’an mille, mais cette église a été détruite (ici par les Magyars, ailleurs par les lombards, ou les normands, ou un incendie, ou un tremblement de terre, jamais par les romains, les francs, ou le curé du lieu), et elle a été entièrement reconstruite au XIIe siècle.

Bien sûr, il n’y a pas d’examen de l’architecture de l’édifice mais une affirmation clairement exprimée ici : « La construction actuelle révèle un plan roman, datable du XIIe siècle de par ses caractéristiques architecturales, dont la partition en trois nefs. ». Manifestement, l’auteur de ce texte n’a pas visité les églises romanes que l’on trouve plus particulièrement en France (Auvergne, Bourgogne) ou en Allemagne, dont les plans au sol ou en élévation sont tout à fait différents de ceux de cette église. De plus, il ignore (il n’est certainement pas le seul) que les églises à nef à trois vaisseaux ont été inventées bien avant le XIIe siècle. Un de ses collègues ayant décrit sur Wikipédia la basilique Saint-Sylvestre de Trieste (lire la page précédente) a su, quant à lui, l’identifier comme basilique paléochrétienne.

Remarque : le fait de dire que cette église n’est pas romane ou pas du XIIe siècle ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas eu de campagne de travaux au XIIe siècle. Comme toute construction un tant soit peu ancienne, il peut y avoir des modifications : qui n’a pas changé la tapisserie de son salon après trente ans d’usage ? Et c’est d’ailleurs ce que nous reprochons à la plupart des historiens de l’art : ils refusent l’idée selon laquelle il a pu y avoir des modifications. Sauf bien sûr si des textes font état de ces transformations. Ainsi, dans le cas présent, l’information : « Après le tremblement de terre du 26 mars 1511, la façade est reconstruite par Gaspare Negro au début du XVIe siècle,... »

En ce qui nous concerne, nous envisageons qu’il ait pu y avoir dans cette église deux modifications importantes. La première est celle du chevet (images 2 et 3). Celui-ci est décoré d’arcatures lombardes de première génération (an 1000 avec un écart de 75 ans). Nous pensons que la pose d’arcatures lombardes a une fonction architectonique : faciliter la pose de voûtes en chargeant et renforçant les murs latéraux. Cette pose d’arcatures lombardes peut se faire dès le début de la construction ou longtemps après. Dans le cas présent, nous pensons que c’est après. La deuxième modification pourrait concerner les piliers. Nous pensons qu’aux premiers siècles de notre ère, les piliers porteurs du vaisseau principal devaient être très rapprochés. Initialement, ces piliers ne devaient pas porter des arcs mais des architraves ou linteaux en pierre ou en bois. Puis on a introduit des arcs en pierre et les constructeurs ont réalisé qu’ils pouvaient écarter les piliers et au fur et, à mesure de l’évolution des techniques, on a pu encore augmenter l’écart entre les piliers (ou le diamètre de l’arc en plein cintre porté par deux piliers). Nous pensons que dans le cas présent, cet écart étant important, les travaux ont pu être opérés durant la période romane. Mais c’étaient des travaux de réparation sur une structure plus ancienne. Pour diverses raisons (constructions dans des zones sismiques, volonté de conserver des modèles issus de l’antiquité romaine), les architectes italiens n’auraient pas voulu adopter les innovations apportées par l’architecture romane (voûtes, transepts, ouvrages Est et Ouest, clochers intégrés à la structure, etc).

Bien que datées du XIIIe siècle (donc en dehors de notre cadre d’étude), les fresques de fond d’abside (images 7, 8, 9) regorgent de détails intéressants. Le premier d’entre eux concerne la présence de fenêtres sur le chevet, une pour chaque abside (image 2). Lorsque, à l’intérieur de l’édifice, sur l'image 7, on observe sur la bande médiane le cortège de saints, probablement celui des apôtres, on réalise que ce cortège est brutalement interrompu par la fenêtre et son encadrement D’où l’idée que la fenêtre a été percée après la peinture à fresque. L’examen de l'image 8 de l’abside du collatéral Sud aboutit au même type d’observation.

L'image 9 présente une Déposition de Croix. Jusqu’à présent, nous n’étions pas trop attentifs à ce type de représentation qui nous semblait très anecdotique par rapport à d’autres de la Vie du Christ. Nous avons été auparavant très surpris de voir cette Descente de Croix dans le site rupestre d’Externsteine, en Rhénanie du Nord-Westphalie, alors même qu’il n’y a pas dans le même site rupestre d’autres représentations de la Vie du Christ, a priori plus importantes sur le plan des symboles : l’Annonciation, la Nativité, le Baptême, la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension. Nous avons alors émis l’idée que la Déposition de Croix a précédé la Descente de Jésus aux Enfers (ou dans les Limbes). Cette descente de croix pourrait-elle être une descente directe aux Enfers ?


Datation envisagée pour l'église Santa Maria di Castello à Udine : an 800 avec un écart de 150 ans.



Conclusions sur les monuments du Frioul-Vénétie Julienne

Nous avions prévu d’écrire une page de conclusions sur les monuments de cette région d’Italie. Cependant, après réflexion, nous avons estimé que les deux régions d’Italie que sont la Vénétie et le Frioul-Vénétie Julienne font partie d’un même ensemble et ne peuvent être étudiées séparément.

Cette conclusion globale est consultable à la page : 409_20_39_conclusions_venetie.html.