Le site archéologique de Thignica à Aïn Tounga 

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Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter ce site archéologique durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.

Nous n‘avons pas trouvé sur le site Internet Wikipédia de page décrivant ce site.

Par contre, dans le site Internet intitulé « Archéologie et Art Chrétien de la Méditerranée Antique », son auteur, le Père Silvio Gaston Moreno, donne une excellente description de cette ville que Saint Augustin aurait visitée à plusieurs reprises. En voici des extraits :

« Son histoire

Le site de Thignica, aujourd’hui Aïn Tounga, se trouve à 86 km au sud-ouest de Tunis, sur la route qui conduit vers le Kef, l’antique Sicca Veneria.

La ville est signalée par Ptolémée et par la Table de Peutinger. En effet, jusqu’en 46 avant J.-C., Thignica faisait partie du royaume numide. Son passé préromain est illustré à la fois par son toponyme précédé par le préfixe Th– qui, dans la langue berbère, signifie source ainsi que par une dédicace à Tanit rédigée en néo-punique. L’histoire de la ville sous la domination romaine repose exclusivement sur les renseignements de l’épigraphie. Sur le plan des institutions et du statut municipal, Thignica constitue un cas unique. C’est, en effet, la seule cité de l’Empire romain qui est composée de deux parties :
utraque pars civitatis Thignicensis, expression qui figure sur deux inscriptions latines provenant de la ville. [...] À Thignica, on aurait plus simplement un groupement de citoyens romains, et sans doute carthaginois, vivant en symbiose avec (et dans) la communauté pérégrine.

Cette organisation demeura très probablement en place jusqu’à ce que la ville devienne municipe. Une inscription de l’année 229, désigne la ville comme municipium Septimium Aurelium Antoninianum Herculeum Frugiferum Thignica.  [...] En 326-333, d’après une inscription datable de ces années-là, Thignica est toujours municipe ; nous ignorons si elle devint colonie après. »


La vue par satellite de l'image 1 permet de repérer le decumaus, artère principale de la ville allant d’Est en Ouest, ainsi que l’arc de triomphe situé à l’Ouest (à gauche de l’image).

Image 2 : le decumanus avec au fond, l’Arc de Triomphe (images 3 et 4).

En haut de l'image 1, on découvre une abside semi-circulaire (image 5). Il y avait peut-être là une basilique, pas forcément chrétienne.

Image 6 : autre abside pavée d’une mosaïque. Entourée d’une frise à entrelacs imitant un cordage, la scène est difficile à identifier (scène maritime ?).

Image 7 : ancienne citerne.

Le Théâtre (images 8, 9, 10 et 11). Ce théâtre est un peu surprenant car il ne ressemble pas à ceux que l’on voit habituellement comme les théâtres d’Orange, d’Arles ou de Dougga (étudié prochainement dans une page suivante). Il s’apparente plus à l’ancien amphithéâtre d’El Jem construit avant le grand amphithéâtre de cette ville. En effet, on ne voit pas ici les couloirs de pénétration ou vomitoires des théâtres ou amphithéâtres plus récents, mais un long mur semi-circulaire percé d’aucune ouverture tant à l’extérieur (images 8 et 10), qu’à l’intérieur (image 9). Les images 10 et 11 permettent d ‘envisager l’architecture de l’édifice : deux hauts murs semi-circulaires concentriques, le mur extérieur étant plus élevé, permettaient de contenir un amas de terre ou de gravas supportant les gradins. Les spectateurs entraient par le front de scène (en bas à gauche sur les images 10 et 11) et montaient dans les gradins. Il s’agit là d’un système primitif peut être construit avant l’occupation romaine et amélioré au cours de celle-ci.


Les images 12 et 13 seraient celles d’un temple dédié à Neptune. Nous ignorons comment ont fait les archéologues pour procéder à cette identification.

Images 14 et 15 : Autre temple romain, celui-ci non identifié.

Images 16, 17 et 18 : Diverses stèles ou pièces de décor romain photographiées sur le site. Il faut savoir que le site a été utilisé pendant des siècles, voire un millénaire, et que parfois, il y a eu récupération de pierres plus anciennes pour la construction d’une monument. Ainsi, nous avons constaté que dans certains cas, des inscriptions pouvaient être placées à l'envers.

Image 17 : Stèle votive dédiée à Saturne.

Image 18 : Pierre portant une inscription latine utilisée en réemploi pour la construction de la forteresse byzantine de Thignica (étudiée dans la page suivante).


Datation envisagée pour le site archéologique de Thignica

La datation d’un site archéologique comme celui-ci n’a pas de raison d’être puisque les constructions se sont échelonnées pendant plusieurs siècles, parfois accompagnées de destruction ou de restauration de monuments antérieurs. Il faudrait pour cela effectuer une étude archéologique exhaustive, ce qui semble ne pas avoir été le cas. Cependant, on peut envisager que ces constructions remontent aux premiers siècles de notre ère.