Les nécropoles puniques et le tophet de Carthage
Nous avons eu l’occasion de visiter ce
site archéologique durant un voyage effectué en Tunisie en
2025. Certaines images de cette page ont été prises lors de
cette visite. Les autres ont été extraites de galeries
d’images d’Internet afin de compléter l’information.
La page du site Internet Wikipédia décrivant le tophet nous
apprend ceci :
«
Le tophet de Carthage
Le tophet de Carthage, aussi appelé tophet de Salammbô,
est une ancienne aire sacrée, dédiée aux divinités
phéniciennes Tanit et Ba’al, située dans le quartier
carthaginois de Salammbô, à proximité des ports puniques.
Ce tophet, " hybride de sanctuaire et de nécropole",
regroupe un grand nombre de tombes d'enfants qui, selon
les interprétations, auraient été sacrifiés ou inhumés en
ce lieu après leur mort prématurée.
La
question du sort de ces enfants est fortement liée à la
religion phénicienne mais surtout à la manière dont les
rites religieux — et au-delà la civilisation phénicienne
et punique — ont été perçus par les Juifs dans le cas des
Phéniciens ou par les Romains à l'occasion des conflits
qui les opposèrent aux Puniques. En effet, le terme de
"tophet" désigne originellement un lieu proche de
Jérusalem synonyme de l’enfer : ce nom provenant de
sources bibliques induit une interprétation macabre des
rites supposés y avoir eu lieu et corrobore un postulat
partagé par les interlocuteurs ayant livré des sources sur
les Phéniciens en général et les Puniques en particulier :
la religion à Carthage était "infernale". {…]
La
difficulté majeure pour déterminer la cause des
inhumations réside dans le fait que les seules sources
écrites rapportant le rite du sacrifice des enfants sont
toutes étrangères à la cité de Carthage. Les sources
archéologiques — stèles et cippes — sont quant à elles
sujettes à de multiples interprétations. Le débat a donc
été longtemps vif et n'est pas encore totalement tranché
entre les divers historiens qui se sont penchés sur le
sujet. La plus grande prudence s'impose donc, l'historien
de l'Antiquité se trouvant face à des sources écrites et
archéologiques sinon divergentes, du moins soumises à
interprétations. »
Commentaires
divers
Comme cela a été le cas dans la page précédente, nous
rappelons que l’histoire du passé punique de la ville de
Carthage concerne le premier millénaire avant notre ère,
hors de notre cadre d’étude sur le premier millénaire de
notre ère. Cependant, il a pu y avoir conservation de
certaines convictions ou pratiques religieuses puniques,
convictions qui ont pu subsister durant plusieurs siècles
après J.-C.
Les historiens ont attribué une grande importance à cette
découverte d’un tophet à Carthage. Car elle semblait
confirmer les assertions des historiens de l’antiquité
concernant des sacrifices d’enfants par les carthaginois.
Mais, comme il est affirmé, on ne connaît que les
témoignages des historiens hostiles aux phéniciens ou aux
puniques qui peuvent donc ne pas être très objectifs.
Nous pensons qu’il est aussi possible que ces historiens
aient voulu stigmatiser une pratique universelle : ce qui se
passait à Carthage d’une façon officielle pouvait se
pratiquer plus officieusement à Rome ou en Palestine. Il
faut comprendre que de tout temps, il y a eu une volonté de
contrôler les naissances. Dans des temps pas si anciens que
cela, l’avortement qui faisait courir un risque à la mère
devait être peu pratiqué : on attendait que l’enfant naisse.
L’histoire (ou la légende) du Pater
Familias, qui aurait eu droit de vie et de mort sur
ses enfants, est en soi instructive. Nous pensons que ce «
droit de vie et de mort sur ses enfants » ne devait pas être
utilisé dans la pratique sur de grands enfants. Mais nous
pensons aussi que quand il y avait surnombre des enfants, le
père de famille devait prendre ses responsabilités en
éliminant l’enfant qui venait de naître. En fait, ce n’est
pas ainsi qu’il faut le concevoir. Il n’éliminait pas
l’enfant qui venait de naître mais le fœtus sorti du ventre
de la mère. Car ce fœtus n’était pas considéré comme né ; la
vraie naissance se passait deux après cette sortie, quant
l’enfant avait environ deux ans. D’où les nombreuses images
d’enfants ailés qui parsèment les tombes ou les mosaïques.
Ces enfants sont symboles de la vie. Ils peuvent aussi
intervenir dans les cycles de vie et de mort.
Les images que nous avons ci-dessous ne représentent pas de
tels enfants ; On y voit surtout le symbole de Tanit.
Datation
envisagée pour les nécropoles puniques et le
tophet de Carthage : an 300 av.J.-C. avec un écart de 200
ans.