La villa de la Volière à Carthage  

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Par manque de temps, nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cette villa romaine durant notre voyage effectué en Tunisie en 2025. Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant cette villa romaine nous apprend ceci :

« La “mosaïque de la volière” est située dans la villa du même nom, autour d'une cour à colonnade, et figure des oiseaux parmi les feuillages. Cet édifice daté du IVe siècle a fait l'objet d'une restauration soignée. Tant par son plan faisant la part belle aux salles de réception que par son décor, en particulier de mosaïques, la richesse du propriétaire transparaît dans ce qui reste l'un des exemples les plus parlants sur le site de Carthage.  »


Les images de 1 à 6 permettent de se faire une idée de cette villa. On repère facilement les panneaux de mosaïque disposés au pied de la colonnade (images 5 et 6). Une question cependant : ces panneaux sont disposés sans ordre apparent (images 6, 7, 8 et 9). Compte tenu de ce que nous connaissons des mosaïques antiques, nous pensons que ces plaques de mosaïques ont été découpées dans une plus grande plaque puis déplacées et arrangées dans un ordre un peu disparate. Autre remarque : la plupart des mosaïques déposées dans les musées présentent des scènes historiées insérées dans des cadres portant des motifs répétitifs, la surface totale occupée par les cadres pouvant être plus grande que la surface occupée par les scènes historiées. Or ici, point de cadre : on ne voit que des animaux, principalement des oiseaux. En fait il y avait bien un cadre. On en voit une petite partie en bas à droite sur l'image 9.

Apparemment, ces scènes représentant des animaux pourraient être analysées comme des scènes purement descriptives, comme s’il s’agissait d’un livre de zoologie. Nous sommes cependant persuadés que les diverses scènes représentées sur des mosaïques pouvaient exprimer autre chose que la simple description. Il devait y avoir un contenu poétique, ou symbolique, ou encore religieux. Et ce, sachant que la poésie, la symbolique ou la religion n’étaient pas identiques à celles que l’on connaît maintenant. Concernant les oiseaux, nous savons à présent qu’ils devaient avoir une importance symbolique comme messagers des puissances célestes. C’est en particulier vrai pour le paon, image du phénix qui renaît de ses cendres. Ce paon, il apparaît à trois reprises (images 8, 9 et 11). Et sur l'image 11, il est associé avec des grappes de raisin, fruit de l’Arbre de Vie. Souvent aussi l’oiseau mythique est un canard ou une oie (images 8, 12, 14 , 16, 18).

Autre fait un peu troublant. Examinons le corps de certains animaux : l’antilope de l'image 9, le faisan de l'image 10, l’antilope de l'image 14. Des formes colorées étranges apparaissent sur ces corps. Ces formes colorées ne correspondent pas aux jeux d’ombre et de lumière que les mosaïstes maîtrisaient parfaitement. Il est cependant possible que nous nous fassions des idées à ce sujet.


Poursuivons la lecture de la page du site Internet Wikipédia :

« La “mosaïque des chevaux”, replacée non loin de cette villa, est un mélange de mosaïques et de panneaux de marbre de diverses origines où alternent les carrés de marbre en opus sectile et les mosaïques de chevaux dont le nom est suggéré par une sorte de rébus. »

Les images de 19 à 24 montrent l’ensemble de ce pavement en partie endommagé. Comme le dit le texte de Wikipédia, cette mosaïque était située dans une autre partie de Carthage et elle a été déplacée à cet endroit. Nous ne savons rien sur les conditions de ce déplacement. Est-ce que l’organisation générale a été respectée, chaque carreau de mosaïque occupant la même place par rapport aux autres ? Est-ce que l’ensemble de ces mosaïques était entouré d’un cadre ? La réponse semble être positive dans les deux cas. Les images 20 et 21 font apparaître de larges zones où il y a absence de carreaux de mosaïque. Ce qui ne serait pas le cas si on avait voulu remplir tous les espaces en changeant la position de chaque carreau. Les images 19 et 20 montrent l’existence d’une bordure très endommagée plus large que les panneaux de mosaïque (il est cependant possible que cette bordure ait été construite à partir des restes de la mosaïque de la volière voisine).



Description de la « mosaïque aux chevaux »


Image 25 : Elle fait apparaître l’alternance entre les panneaux de mosaïques en opus sectile et les panneaux en opus tesselatum mettant en scène des chevaux.

Images 26 et 27 : Panneaux de mosaïques en opus sectile. Remarquer les différences de couleur des pierres semi-précieuses.

Images de 28 à 41 : Dans chacun de ces panneaux, un seul cheval est représenté dans une attitude altière. Sa tête porte une branche ou un rameau (olivier, laurier, laurier rose, ...) . Ce cheval peut ne pas être assisté par un homme mais dans la plupart des cas, un homme ou deux l’accompagnent. D’autres scènes ou objets sont aussi présents. Selon le site Internet, ces scènes ou objets pourraient constituer un rébus donnant le nom de l’animal. Nous pensons que ce doit être plus qu’un rébus. À l’époque romaine, le fait de nommer un personnage ou un objet devait être considéré comme quelque chose d’important. Donner un nom revenait probablement à confier la personne à une autorité supérieure.

Ainsi les deux jumeaux nus de l'image 28 pourraient représenter Castor et Pollux. L’Amour poursuivant un cerf de l'image 32 pourrait avoir été inspiré par une mythologie païenne. Les deux enfants s’allaitant à une louve de l'image 33 symbolisent une affiliation à Rome. Nous sommes incapables d’identifier les autres images de chevaux.

La dernière image, l'image 42, ne représente pas un cheval mais un homme. Nous pensons que c’est le juge-arbitre de la course de chars. Il tient dans sa main le trophée de la victoire destiné au gagnant de cette course.


Datation envisagée pour la villa de la Volière à Carthage : an 300 avec un écart de 100 ans.

Datation envisagée pour la mosaïque des chevaux : an 400 avec un écart de 100 ans.