La Basilica Majorum de Carthage
Nous n’avons pas eu le temps de visiter
cette partie du site archéologique de Carthage durant notre
voyage effectué en Tunisie en avril 2025. Si nous l’avions
fait, cela ne nous aurait certainement pas apporté quelque
chose de plus. Les images de cette page sont extraites de
galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église
nous apprend ceci :
« Sur
le site dénommé Mcfida a été mis au jour un édifice
identifié comme la basilique Majorum depuis sa découverte
en 1906-1909 par le père Delattre. L'utilisation comme
cimetière païen dès le Iersiècle confirmerait
l'hypothèse qu'il s'agit de la basilica maiorum,
lieu de sépulture des saintes Perpétue et Félicité après
leur martyre. On y a trouvé une inscription mentionnant la
présence des corps des martyrs, dont nous savons par un
texte de Victor de Vita qu'ils furent inhumés dans ladite
basilique. Saint Augustin y a prêché plusieurs sermons.
Par ailleurs, un texte du même Victor de Vita nous apprend
que l'église fut réquisitionnée par les Vandales et
destinée au culte arien, l'édifice étant rendu au
catholicisme de façon certaine à l'époque byzantine.
L'abandon de ce lieu est avéré au début du VIIe
siècle, du fait du rétrécissement du tissu urbain dans son
environnement proche. Quant à l'identification de ce
monument à la Perpetua Restituta,
c'est-à-dire la basilique catholique de la ville, elle
n'est en rien avérée, les archéologues n'ayant à ce jour
aucun élément matériel en leur possession.
Les
archéologues ont daté cette construction du début du IVe
siècle. L'édifice retrouvé se composait de sept nefs et de
treize travées ; il a subi quelques transformations sous
la domination byzantine. Surcreusé par les fouilles, il ne
présente plus aujourd'hui que des fûts de colonnes et
quelques murs subsistants, peu impressionnants. Cela vient
du fait qu'il a été systématiquement détruit. Déjà, le
père Delattre avait noté son état médiocre, dû selon lui
au réemploi des matériaux dans les habitations voisines.
C'est pourquoi, à l'écart des autres éléments du site, ces
quelques vestiges sont laissés quasiment à l'abandon. »
Reconnaissons tout d’abord une erreur de notre part. Lorsque
nous avons lu pour la première fois l’expression « basilica
majorum » nous l’avons traduite par « Basilique Majeure »,
interprétation qui nous semblait convenable compte tenu du
qualificatif de « majeure » attribué à quelques églises. En
fait, ce nom viendrait du fait que cette région a dû être
celle des premiers cimetières chrétiens, les Areae
Maiorum, c’est-à-dire ceux des ancêtres ou des
premiers martyrs.
Les images de 1 à 4
sont très décevantes. On nous parle de site archéologique
mais on ne voit pas les habituels restes de murs. Seul
apparaît vers le fond du terrain une sorte de bâtiment doté
d’un large escalier (image
3). Au revers de ce bâtiment (image
4), un corps de bâtiment demi-cylindrique pourrait
être le reste d’une abside. Pourtant la vue des fouilles
datées du début du XXe siècle (image
5) ainsi que les plans dressés à cette occasion (image 6) montrent qu’il
existait des restes sur plus de trois mètres de hauteur. On
peut s’étonner que ces restes n’aient pas été conservés
alors qu’ils l’ont été pour les thermes d’Antonin.
L’explication à cette absence pourrait être dans trouvée
dans l’évènement qu’a été le congrès eucharistique de
Carthage en 1930. À cette occasion, une messe grandiose a
été organisée sur l’emplacement de cette basilique qui
aurait accueilli les restes humains des saintes Félicité et
Perpétue. La table sainte avait été installée sur une
estrade placée au-dessus de la confession (image
7) et la foule des fidèles occupait l’emplacement
de la basilique (image 8).
Il est probable qu'en prévision de l’accueil de cette foule
et afin d’éviter des accidents, les autorités ont fait
procéder au nettoyage des terrains et au nivellement des
fouilles ... si cela n’avait pas été fait auparavant.
Il reste cependant le plan de cette basilique rédigé après
les fouilles. Certaines observations que l’on peut faire à
partir de ce plan permettent de découvrir certaines
différences importantes par rapport à ce qu'on a vu
auparavant :
1. L’église est orientée vers le Nord (plus exactement le
Nord-Nord-Ouest). Cette orientation est rare, observée
seulement sur quelques églises parmi les plus de 2000 que
nous avons étudiées. Et si parfois cette disposition peut
être considérée comme accidentelle ou involontaire, dans le
cas présent, avec une église d’une telle importance, on doit
envisager que cette orientation a été choisie
volontairement.
2. Au fond de cette église, il existe un autre bâtiment
perpendiculaire au premier. Cette fois-ci l’orientation est
Est-Ouest, plus conforme à ce que nous connaissons. Il
semblerait que cette partie ait accueilli des sépultures
toutes alignées dans le même sens. Il est possible que ce
bâtiment soit une église cimetiérale. Nous pensons que ce
type d ‘église est caractéristique d’une période.
3. Mais ce qui nous semble plus important encore est
l’existence d’une nef à sept vaisseaux. Dans notre recherche
sur les églises en Europe au premier millénaire, nous avons
identifié principalement des nefs à trois vaisseaux, un peu
moins souvent des nefs à un vaisseau, rarement des nefs à
cinq vaisseaux, jamais des nefs à sept vaisseaux. Il y a là
quelque chose de tout à fait nouveau pour nous et qui doit
être expliqué.
«Les
archéologues ont daté cette construction du début du IVe
siècle. ». Comment ont-ils trouvé cela ? La
différence de plan entre cette église et les églises
d’Europe (nef à sept vaisseaux au lieu de trois) nous incite
à penser à une rupture entre les conceptions européenne et
africaine qui serait plus tardive que le IVe
siècle.
Datation
envisagée pour la Basilica Majorum de Carthage :
an 400 avec un écart de 150 ans.