La basilique de Damous el Karita à Carthage

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Nous n’avons pas eu le temps de visiter cette partie du site archéologique de Carthage durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. Aurions-nous cependant découvert quelque chose de plus que ce que les divers textes ou images nous apprennent ?

Les images de cette page sont extraites de galeries d’Internet.

La page du site internet Wikipédia décrivant cette église nous apprend ceci :

« La basilique de Damous El Karita, sur le plateau de l’odéon, a été dégagée en 1878 par le père Delattre, l'un des premiers à avoir fouillé le site. Il s'agit du premier monument chrétien découvert à Carthage, et l'on suppose que le nom actuel provient d'une déformation du latin domus caritatis (maison de la charité).

Les recherches intensives qui ont eu lieu afin de trouver tombeaux et inscriptions paléochrétiennes ont dépouillé le monument, et ses vestiges ne sont guère impressionnants. De surcroît, fouillé jusqu'au sol vierge, il a fait l'objet de restaurations intempestives en 1930. Fort heureusement, des documents antérieurs ont permis d'identifier les diverses phases du bâtiment, dont le premier état semble dater de la fin du IVe siècle. Immense édifice au commencement (mesurant 65 mètres sur 45 avec neuf nefs et onze travées pour l'espace central), le site se compose, outre la basilique, d'un baptistère et d'un ensemble pouvant avoir abrité des moines. Dans son dernier état, le monument est très réduit (trois nefs et cinq travées uniquement), dénotant une forte dégradation. [...] »

Le texte se poursuit avec la description de la rotonde voisine, décrite dans l’actuel site Internet, à la page suivante.

Image 1 : Cette belle vue par satellite permet de repérer la direction principale de la nef . Celle-ci est orientée dans le sens Est-Nord-Est avec une grande abside semi-circulaire. Nous ne pensons pas que cette abside ait été voûtée en cul-de-four. Et ce, malgré la présence de colonnes situées un peu en avant du mur de clôture. En effet, le diamètre du demi-cercle du mur est d’envion 45 mètres et celui du demi-cercle des colonnes de 38 mètres. Ces dimensions sont trop importantes pour envisager la construction de voûtes. D’autant que les colonnes et le mur sont de trop petites épaisseurs pour supporter le poids d’une voûte.

Sur la même vue, on remarque que cette nef est prolongée en direction de l’Ouest par une autre nef disposée perpendiculairement par rapport à la première (donc dans le sens Sud-Sud-Est). On distingue nettement les deux absides qui la prolongent. Une quatrième abside plus difficilement repérable, opposée à la première clôt la nef principale.

La photographie aérienne de l'image 2, d’une netteté remarquable, permet de repérer, en arrière-plan, les éléments caractéristiques vus précédemment, et en premier plan, la rotonde décrite dans la page suivante.

Image 3. Nous aurions aimé pouvoir présenter l'image sous une forme renversée. En effet, contrairement à l'image 1 dans laquelle le Nord est en haut, pour celle-ci, le Nord est en bas. Mais ce faisant, nous inversions les légendes, utiles à la compréhension.

Image 4. Vue d’une nef (la grande ? la petite ?). La photographie prend en enfilade le vaisseau central de cette nef. On distingue nettement les quatre petites colonnes du triforium.

Image 5. Autre vue d’une nef précédée d’une petite abside.


Les images suivantes de 6 à 10 décrivent d’autres parties de cet ensemble (il nous est difficile de nous y retrouver). Remarquons sur l'image 10 la présence d’un personnage en haut d’un mur. La hauteur supposée de cette personne permet d’évaluer la hauteur du mur : environ 6 mètres. Si la base du mur est le niveau primitif, on peut en déduire que le site a été enfoui d’environ 6 mètres. Nous aurons l’occasion de revenir à cela dans la page suivante.

L'image 11 est très intéressante car elle montre l’emploi d’une technique architecturale pour la construction de voûtes. Nous avions déjà observé cela à Bulla Regia mais l’image que l’on a ici est plus révélatrice. Pour édifier leurs voûtes, les maçons utilisaient des tuyaux de terre cuite. Nous ignorons si cette technique a été analysée scientifiquement et si on a essayé de la reproduire.

Dans nos recherches, nous essayons de retrouver les indices susceptibles de faciliter la datation d’un édifice. C’est ce que l’on fait avec les sarcophages. Nous avons sur l'image 12 deux cuves de sarcophage. Pour la première de ces cuves, l’intérieur et l’extérieur sont à plan rectangulaire. Pour la seconde, l’extérieur est à plan rectangulaire mais l’intérieur à plan rectangulaire sur la partie centrale est semi-circulaire aux extrémités.


Conclusion

On retrouve dans cette basilique de Damous el Karita certains éléments très caractéristiques déjà observés à la Basilica Majorum et, semble-t-il, absents en Europe : nefs de plus de trois vaisseaux (ici sept vaisseaux pour la grande nef), existence de deux nefs perpendiculaires. Il y a cependant des différences entre les deux : nefs séparées dans la Basilica Majorum, nefs imbriquées dans celle-ci ; abside en prolongement du seul vaisseau central de la nef pour la Basilica Majorum, abside en prolongement de la totalité de la nef pour la basilique de Damous el Karita.

Datation envisagée pour la basilique de Damous el Karita à Carthage : an 400 avec un écart de 100 ans.