La rotonde de Damous el Karita à Carthage
Nous n’avons pas eu le temps de visiter
cette partie du site archéologique de Carthage durant notre
voyage effectué en Tunisie en avril 2025, c'est pourquoi
noua avons collecté les images de cette page dans des
galeries d'Internet.
La basilique de Damous el Karita a été étudiée dans la page
précédente. Poursuivons la lecture du texte de Wikipédia
décrivant la rotonde qui jouxte cette basilique :
«[...] À
proximité des vestiges, on peut observer un monument
circulaire en partie souterrain dont certains archéologues
estiment qu'il était destiné à honorer des martyrs. Pour
d'autres, à la suite du père Delattre, et jusqu'à l'ultime
fouilleur du site dans le cadre de la campagne
internationale, Stefan Boyadjiev, il s'agit d'un
baptistère. D'autres encore y voient une finalité
funéraire. L'édifice n'a jamais été soumis à des fouilles
exhaustives et il reste mal connu. Les recherches
permettent néanmoins de signaler qu'il possède une rotonde
souterraine, coiffée jadis d'une coupole, à laquelle on
accède par deux escaliers, supposant une circulation
organisée d'individus. Dans les environs immédiats, a été
construite la mosquée Mâlik ibn Anas, inaugurée en 2003.
»
Nos observations
Concernant l’architecture de cet édifice, nous remarquons
des différences entre l’ensemble des colonnes en granit
gris, qui semblent former un ensemble homogène même si
certaines des colonnes sont absentes, et le mur derrière ces
colonnes percé de diverses ouvertures pour lesquelles nous
n’avons pas d’explication satisfaisante.
Concernant les colonnes, elles devaient être initialement
disposées régulièrement en cercle, peut-être au nombre de
vingt quatre. On remarque que toutes semblent être de même
hauteur. Cette hauteur devait être celle d’origine, car pour
certaines, la collerette du sommet de colonne a été
conservée, comme par exemple celle de gauche sur l'image
6.
Nous avons dit précédemment que le mur en arrière de ces
colonnes ne semblait pas constituer un tout homogène.
Pourtant, on constate la présence d’une niche à l’extrême
droite de l'image 5. Et, avec un peu de
patience dans l’observation, on retrouve la présence de ces
niches sur l'image 4
et même sur l'image 3, là où les colonnes
ont disparu. Par contre, les niches disparaissent lorsque le
mur est percé d’ouvertures (image
6). D’où l’idée que les grandes ouvertures percées
dans le mur du fond n’existaient pas dans la construction
d’origine.
On nous dit que cette rotonde est souterraine. Mais est-elle
bien souterraine ? Ne serait-elle pas plutôt enterrée ou
ensevelie ? Souterraine signifierait que on a creusé pour
accéder au niveau inférieur. Ensevelie signifierait que le
niveau inférieur était le rez-de chaussée de l’édifice
primitif et que tout l’extérieur a été au fur et à mesure
surélevé par des apports successifs de décombres. C’est ce
que nous envisageons après avoir vu l'image
10 de la page précédente.
Concernant, l’usage de cet édifice donné par le texte de
Wikipédia fait apparaître les divergences entre chercheurs :
édifice construit en vue d’honorer les martyrs ? De
pratiquer des baptêmes ? De servir de mausolée ? Nous avons
pensé qu‘il aurait pu servir de « parlement ». C’est en tout
cas l’hypothèse que nous avons envisagé pour nombre de
monuments à plan centré situés en Europe. Sauf qu’ici, le
modèle architectural n’est pas le même que celui d’Europe.
Et pour le moment, cette hypothèse n’est pas envisageable.
Nous estimons cependant que le modèle de l’édifice à plan
centré est caractéristique d’une conception centralisatrice
du pouvoir. Celui qui construit un édifice à plan centré
veut montrer sa position centrale : « Je
suis au centre du monde ». Les hypothèses émises
précédemment obéissent à cette conception du centralisme.
Ainsi, si on veut montrer que le baptême est la condition
nécessaire et première pour faire entrer un individu dans
une société, on construit un baptistère à plan centré. Et de
même le mausolée, refuge de l’ancêtre primordial, doit être
à plan centré. Et ainsi de suite.
Datation
envisagée pour la rotonde de Damous el Karita à
Carthage : an 350 avec un écart de 100 ans.