La basilique Saint-Cyprien de Carthage  

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Nous n’avons pas eu le temps de visiter cette partie du site archéologique de Carthage durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. Cependant, cette partie du site a été tellement bouleversée que nous n’aurions appris grand-chose de plus.

Les images de cette page sont extraites de galeries d’Internet..

La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église est très documentée sur Saint Cyprien, Sainte Monique et Saint Augustin. Nous en conseillons la lecture. Cependant notre site s’efforce de décrire les édifices plutôt que la vie des personnages qui les ont construits ou à qui ils sont dédiés. Il s’agit là, comprenons-le, d’un choix délibéré. On a trop tendance en histoire à privilégier la vie des hommes ou des femmes illustres, en ignorant la vie de ceux qui ne le sont pas, mais qui ont participé à les rendre illustres.

Voici donc une partie du texte sur la basilique de Saint-Cyprien extraite du site Internet Wikipédia :

« L'édifice actuel est parfois appelé à tort “basilique de Sainte-Monique” ou “des larmes de Sainte-Monique”. Il a été bâti à la fin du IVe siècle avec des éléments intégrés de l'ancien édifice, sans doute à proximité d'un cimetière ou area, appartenant peut-être au procurateur Macrobius Candidatus, cédé pour la déposition du corps du saint. La basilique devait contenir le lutrin en marbre évoqué par Grégoire de Tours,“chef-d'œuvre sans doute inspiré par le génie du martyr”, dont aucun fragment n'a été retrouvé lors des fouilles du père Alfred Louis Delattre.

Le site sert de cimetière antérieurement à la construction de l'édifice, car des sarcophages sont situés sous le mur nord-est. L'inhumation au plus près de la sépulture des saints est classique et surtout ad sanctos, au plus près des reliques. Ces sépultures sont datées surtout de la fin du IVe siècle et jusqu'au début du VIIe siècle.

Le souvenir du martyr est maintenu sur le site, ce qui pourrait expliquer une longue utilisation du bâtiment à partir de la fin du VIIe siècle, et le lieu est utilisé, y compris durant l'époque vandale car une pièce en argent du roi vandale Gunthamund a été retrouvée par Delattre dans une tombe. L'occupation du site par les Vandales ariens dès la prise de Carthage par Genséric est attestée par les sources littéraires sous Genséric et jusqu'au règne de Gélimer, l'église étant reprise par les catholiques le 14 septembre 533. Des travaux ayant comme objectif de solidifier la structure ont lieu tardivement. Des noms d'origine germanique ont pu être reconnus lors de l'étude des restes d'inscriptions ; l'une d'elles est datée de 438 mais la datation précise de l'édifice est problématique. De nombreuses inhumations ont lieu, afin que les défunts obtiennent la protection du saint, dès avant la construction de la basilique et jusqu'au début du VIIe siècle. Avec l'occupation arabe du site, le tombeau de Cyprien “disparaît de l'histoire”. »


Commentaires divers

Petite remarque : la prise de Carthage par les Vandales de Genséric est datée de l’an 439. À la suite de cette chute, l’église Saint-Cyprien est occupée par le clergé arien. Elle est rendue au clergé orthodoxe en 533-534 après la défaite des Vandales battus par Bélisaire. Presque un siècle se sont écoulés entre ces deux dates et on ignore tout de ce qui a pu se passer dans cet intervalle de temps. Cela peut paraître normal mais imaginons d’ignorer tout ce qui a pu se passer entre l’an 1925 et l’an 2025, que l’on ignore, uniquement pour la France, sur le plan des conflits, les guerres de 39-45, d'Indochine et d’Algérie, en politique, quatre régimes différents (IIIe , IVe et Ve républiques + Vichy), dans le domaine des innovations, les centrales nucléaires, l’informatique et l’IA. On a bien sûr tendance à s’imaginer que, pour ce qui concerne l’Afrique du Nord, il ne s’est rien passé. Mais la logique nous incite à croire qu’il y a eu des conflits, des changements de régimes politiques, des innovations., même si on ne sait rien de ce qui s’est passé.

La vue par satellite de l'image 1 fait apparaître, à gauche, sous le drapeau rouge, les restes de la basilique Saint-Cyprien, et, à droite un petit bout de mer Méditerranée. Cette mer est visible en arrière-plan des images 2, 3, 4 et 5. Sur certaines de ces images, on peut voir en premier plan les restes d’une abside en demi-cercle. Sur l'image 1, vue-satellite, le Nord est en haut. Et donc la mer est à l’Est. En conséquence l’abside est à l’Ouest.

Les images 3, 4 et 5 sont des prises de vue anciennes, la plus récente (image 5) étant datée de 1950. On constate que ces images contiennent plus de restes de monuments que les images 1 et 2. D’où cela vient-il ?

Le plan de l’édifice révèle une nef à 7 vaisseaux, le vaisseau central étant environ deux fois plus large que les vaisseaux latéraux. L’autel devait se situer presque au centre de cet nef, sous un ciborium. Remarquer que l’abside est située à l’Ouest, et non à l’Est comme cela a été le cas quelques siècles plus tard (acte volontaire ?).

Cette basilique est comparable aux deux autres étudiées précédemment, la Basilica Majorum et la basilique de Damous el Karita (nefs à plus de cinq vaisseaux, vaisseau central plus large que les collatéraux, tous de même largeur). Ce trait distinctif est jusqu’à présent étranger aux basiliques d’Europe. Par contre – et cela est pour nous important – on le retrouve à la grande mosquée de Kairouan. Nous y reviendrons quand nous étudierons cette mosquée.


Datation envisagée pour la basilique Saint-Cyprien de Carthage : an 450 avec un écart de 150 ans.