Le musée national de Carthage
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce musée, qui aurait été d’ailleurs fermé pour cause
de travaux lors de notre voyage effectué en Tunisie en avril
2025. Les images de cette page sont extraites de galeries
d’Internet.
Nous conseillons la lecture de la page du site Internet
Wikipédia décrivant son histoire et l’intérêt de ses
collections. Nous utiliserons ses informations à l’occasion
de la description de quelques œuvres.
Les collections puniques
La ville de Carthage est prise par les romains puis détruite
en 146 av. J.-C. Soit un siècle et demi avant le premier
millénaire, objet de notre étude. La culture punique se
situerait donc en dehors du cadre de cette étude. Mais, en
histoire, « les temps sont longs ». Et il faut accepter que
les croyances perdurent longtemps après qu’elles aient
officiellement disparu. Certaines des croyances des peuples
d’Afrique du Nord ont persisté durant l’occupation romaine
et ont pu influencer les religions romaines voire la
religion chrétienne. Nous allons ici commenter quelques
pièces puniques de ce musée.
Images 1 et 2 :
Stèles du tophet de Carthage (cimetière d’enfants). Les deux
stèles portent le signe de Tanit. Sur la seconde; un
éléphant est gravé.
Images 3 et 4 :
Deux brûle-parfums portant l’effigie de Ba’al Hammon,
divinité phénicienne. Les africains ont continué à vénérer
ce dieu durant l’occupation romaine sous le nom de Saturne.
dieu romain, devenu probablement le dieu le plus important
du panthéon divin.
Image 5 : Poterie
punique décorée d’un masque (de Ba’al ?).
Images 7 et 8 : « De
très beaux sarcophages de la fin de l'époque punique,
découverts dans la nécropole dite de Sainte-Monique et
connus sous le nom de sarcophages du prêtre et de la
prêtresse, sont exposés dans le musée. Ces éléments
sculptés sont très intéressants de par le traitement du
drapé et de l'attitude des deux personnages. Le prêtre a
la main droite levée en un geste de bénédiction, la
prêtresse tenant une colombe. Les mains gauches des deux
personnages portent un vase à encens, à l'usage liturgique
connu, d'où le nom donné à ces œuvres. » (extrait
du texte de Wikipédia).
Image 9 : Nous
avouons avoir été très surpris en apprenant que ce
sarcophage était punique. Des sarcophages ressemblant à
celui-ci (cuve rectangulaire et couvercle en forme de toit à
deux pentes avec des acrotères) sont présents en Europe et
datés du VIe ou VIIe siècle.
Sculptures romaines
Le musée possède des sculptures romaines d’un grand intérêt.
Nous avouons cependant ne pas avoir suffisamment travaillé
la question.
Image 10 :
Portrait de Lucius Verus (empereur romain de 161 à 169).
Image 11 : « …
Tête dite “de Julie” de par la coiffure caractéristique de
cette époque. L’iconographie utilisée reproduit l'art
officiel, confirmant le rôle assigné à la “Rome africaine”
de diffusion des modèles. » (extrait du texte de
Wikipédia).
Image 12 : Nous
n’avons aucune information sur cette sculpture. On pourrait
penser à une charmante scène de vie familiale : une mère
jouant avec ses deux enfants, avec à leurs pieds une vache
et un mouton en modèle réduit. Mais que viennent faire dans
cette scène, à gauche, le personnage tenant deux bâtons, et,
à droite, un autre personnage enveloppé dans un drap avec à
ses pieds des flammes ? Il s’agit peut-être d’une scène
mythologique mais nous n’avons pas les connaissances pour
l’expliquer … si toutefois de telles connaissances existent,
car en matière de mythologie ou de religion, beaucoup de
textes ont été très probablement définitivement perdus.
Images 13, 14, 15 :
« Des
éléments de l'art officiel romain ont été découverts sur
la colline de Byrsa, en l'occurrence des bas-reliefs
représentant une Victoire avec un trophée et deux Félicité
avec une corne d’abondance, datés du fait de leur style de
la fin du IIe siècle. Ces éléments ont été
interprétés comme une commémoration de la victoire sur les
Parthes de 166, sous le règne de Mars Aurèle et présentés
sur un arc de triomphe ou un monument à portique. »
(extrait du texte de Wikipédia).
Image 16 : « Une
remarquable représentation d’aurige , tenant un fouet et
une cruche, symbole de la victoire, est également exposée.
Cette découverte récente est un témoignage précieux pour
la connaissance du cirque romain de la ville, qui était le
second en taille après le Circus Maximus
de Rome. » (extrait du texte de Wikipédia).
L’aurige est représenté avec son épouse.
Image 17 : Satyre
et ménade.
Image 18. Texte
d’un panonceau du musée : « Statue
du Genius coloniae Carthaginis,
divinité qui exprime la communauté des citoyens de
Carthage. Ce genre d’allégorie se rencontre souvent à
proximité des monuments de l’administration coloniale ou
municipale. Cette statue retrouvée non loin de l’endroit
où nous situons le Capitole présente tous les caractères
de l’art impérial officiel du début du IIe
siècle apr. J.-C. L’expression du visage et une certaine
mollesse du corps l’apparente aux représentations
d’Antinoûs, le favori héroïsé d’Hadrien. On observe sur sa
tête la trace d’un ornement ou d’un attribut circulaire
qui était peut-être une couronne tourrelée. »
Les mosaïques
Image 19 :
Mosaïque située à l’extérieur représentant une chasse aux
fauves. Voir un détail de cette mosaïque sur l'image
30.
Image 20 :
Mosaïque située dans un escalier. Nous ne sommes pas arrivés
à identifier le thème.
Image 21 :
Mosaïque aux rameaux encadrant des oiseaux et des amours
cueilleurs de fruits (voir le détail sur l'image
29). Les oiseaux, en contact avec le Ciel, tout
comme les amours vendangeurs, sont symboles d’éternité.
Image 23 :
Mosaïque représentant Dionysos qui conduit son char marin.
Les représentations des Saisons (dont l’Hiver, seule a
porter un vêtement) ornent les angles. Au milieu des côtés,
des représentations d’un homme et d’un animal (chien,
sanglier, lion, panthère).
Image 24 : Amours
et monstres marins.
Image 25 : Dame
faisant sa toilette et ses servantes. L’une d’elles lui
présente un miroir. C’est probablement une des seules scènes
de vie familiale non empreinte de symbolisme.
Image 26 :
Représentation symbolique de Rome.
Image 27 : On
pourrait penser que cette scène est aussi une scène de vie
familiale. Mais aux quatre coins, on a la représentation des
vents avec des flèches issues de leurs têtes, quatre masques
grimaçant sont placés sur la couronne de lauriers et
surtout, la femme allongée semble enfanter un monstre.
Connaît-on un mythe associé à cette représentation ?
Image 28 : Amour
chevauchant une panthère.
La Carthage chrétienne
Des œuvres très intéressantes se rattachent à cette période.
Image 31 :
Bas-relief en ivoire dit de « Daniel et les lions ». Nous
sommes moins certains de cette attribution. L’histoire
rapportée par la Bible de « Daniel et les lions » nous
apprend que le prophète Daniel a été jeté en pâture aux
lions qui ne l’ont pas attaqué. Il a été ravitaillé par un
ange venu du ciel. Il existe des scènes qui représentent
dans son intégralité cet épisode de la Bible. Mais ce n’est
pas tout à fait le cas de celle-ci : Daniel – si c’est bien
de lui dont il s’agit – est dans l’attitude du prêcheur qui
s’adresse aux deux lions symétriques attentifs à son
discours. La scène s’apparente plus à celle des « oiseaux au
canthare » examinée plus loin. De plus, que vient faire dans
cette scène le lion situé au-dessous ? Nous pensons que
cette représentation symbolise la primauté du spirituel sur
le temporel.
Image 32 :
Mosaïque dite des « évangélistes ». « La
mosaïque des quatre évangélistes découverte dans une villa
du ficus castrorum de
Carthage représente chacun des quatre évangélistes. Au
centre se trouve une sphère dans laquelle s'intègre une
croix. Cette œuvre symbolise le triomphe du christianisme
et sa diffusion aux quatre points cardinaux selon Liliane
Ennabli. » (extrait du texte de Wikipédia).
D’autres textes font le rapprochement entre cette
représentation et celle du tétramorphe, d’une plus grande
complexité. Dans le tétramorphe, il y a un personnage
central – qui peut être Dieu le Père, Jésus-Christ, la
Trinité ou la Vierge Marie – inscrit dans un cercle
représentant le Ciel. Les personnages qui entourent le
cercle sont les évangélistes portant chacun leurs livres
associés à leurs attributs respectifs : le lion, le taureau,
l’aigle et l’homme. La représentation que l’on a ici est un
peu différente. La figure centrale est la croix. Elle est
entourée par quatre animaux : deux oiseaux – des paons – en
haut, deux chevaux en bas. Cette image est plus proche de
celle des « oiseaux au canthare » que de celle des quatre
attributs du tétramorphe. Le cercle est entouré par huit
figures : sur l’horizontale, deux canthares, sur la
verticale deux vases d’où émergent des pampres de vigne, sur
les diagonales quatre hommes soutenant le grand cercle. On
peut estimer que les canthares et les pampres de vigne
symbolisent l’immortalité. Il est plus difficile d’associer
les quatre hommes aux quatre évangélistes car, pour les
chrétiens, ce ne sont pas les évangélistes qui sont
importants, mais le livre que chacun a écrit. En
conséquence, si ces personnages étaient les évangélistes,
ils devraient porter leurs livres, en même temps que le
cercle du Ciel. Ces quatre personnages pourraient être les
successeurs des Saisons représentées fréquemment dans les
mosaïques antiques. Pour nous, cette représentation serait
une sorte de « chaînon manquant « entre les images des
mosaïques aux saisons (voir l'image
23) et celle du tétramorphe.
Image 33 : La
Dame de Carthage. «
La célèbre “Dame de Carthage”, mosaïque datée
vraisemblablement du VIe siècle et retrouvée
sur la colline de Sainte-Monique lors de la construction
du lycée de Carthage, est considérée traditionnellement
comme le portrait d'une impératrice byzantine, la tenue du
personnage féminin étant mélancolique et grave. La
technique (alternance de carreaux mosaïqués et de carreaux
de verre), la finesse du dessin et l'élégance du sujet en
font une pièce majeure de l'art mosaïcal de l'Antiquité
tardive. » (extrait du texte de Wikipédia).
Image 34 :
Carreau de céramique. « Éléments
caractéristiques du christianisme africain de l'époque,
des carreaux de céramique décorés de motifs religieux ont
été retrouvés en nombre relativement important : ces
éléments de décoration avaient en particulier comme
objectif de diffuser des thèmes de l’Ancien Testament
comme Daniel dans la fosse aux lions. » (extrait
du texte de Wikipédia).
En fait, l’examen de ces carreaux de mosaïque révèle une
certaine complexité dans l’interprétation. On a vu cela
ci-dessus en ce qui concerne l’ivoire dit de « Daniel et les
lions ». Pour l’image présente, le symbolisme de la croix
encadrée par des grappes de raisin peut-il être considéré
comme un thème de l’Ancien Testament ?
Image 35. Carreau
de céramique : Autre représentation de croix.
Image 36. Carreau
de céramique : Autre représentation de croix.
Image 38. Carreau de céramique : Canthare. Dans de nombreuses image , en particulier sur des mosaïques, le canthare seul, mis en exergue, doit probablement avoir une haute valeur symbolique. Cette valeur symbolique, on la retrouve beaucoup plus tard dans le mythe du Graal.
Image 39. Carreau de céramique : Inversement à ce qui a pu être écrit précédemment, cette image est bien d’inspiration biblique. Il s’agit du « Sacrifice d’Abraham ». On y voit Abraham, le glaive levé avec, à ses pieds, son fils Isaac, et, à côté, l’agneau qui doit être immolé à la place d’Isaac. Il est possible que l’image biblique ait servi un symbolisme plus fort celui du sacrifice de Jésus Christ.
Image 40. Carreau de céramique : Ici, pas de problème, le caractère chrétien est confirmé par les deux croix potencées. Mais l’image en elle même de cette grande plante en forme de croix placée derrière un quadrupède (un loup ?) fait immédiatement penser à celle de l’Agnus Dei (un agneau traversé par une croix) qui apparaît quelques siècles plus tard. Y aurait-il une filiation ?
Image 41. Carreau de céramique : Image d’un lion. Il ne s’agit pas pour nous d’un symbole chrétien. Mais qu’en était-il pour les chrétiens du IVe siècle ? On a bien vu sur l'image 31 que la figure a priori profane du lion était associée à l’image « biblique » de Daniel et des lions.. On observe aussi que ce lion est zébré de bandes colorées, avec un disque coloré sur l’arrière-train : c’est un lion mythique.
Image 42. Carreau de céramique : Image d’un cerf. Celui-ci aussi est orné de bandes avec un disque coloré sur l’arrière-train. Là encore, nous ne discernons pas quel pourrait être le rapport avec le texte biblique ou plus généralement avec l’iconographie chrétienne.
Il faut cependant noter que ces 9 images de carreaux de céramique ont été capturées à partir d’un seul panneau sur lequel les carreaux avaient été rassemblés. Il est fort possible que beaucoup plus de panneaux aient été récoltés et soient actuellement placés dans les réserves du musée. Et que, pour constituer ce panneau, on ait placé là les plus originaux sans tenir compte de leur fréquence.
Il est vain d’envisager une datation pour un musée car les
pièces déposées dans ce musée peuvent appartenir à des
périodes différentes. Nous nous contenterons donc d’une
fourchette de datation très large.
Datation envisagée
pour les objets déposés au musée national de Carthage : an
100 avec un écart de 400 ans.