La basilique de Carthagenna à Carthage 

• Afrique du Nord    • Article précédent    • Article suivant   


Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter ces restes de monument durant notre voyage effectué en Tunisie en 2025. Les images de cette page ont été recueillies sur Internet.

Selon un texte extrait du fascicule Carthage Chrétienne, par Liliane Ennabli, édité par le Ministère de la Culture en Octobre 2000 :

« La basilique de Carthagenna

La basilique a été construite au moment de la reconquête byzantine après 533, sur les restes d’un monument de la fin du IVe siècle à vocation sans doute chrétienne, salle à trois nefs avec une exèdre rectangulaire. Différents indices laissent supposer que dès l’origine, se trouvait la cathédrale catholique de Carthage, la Restituta.


L’édifice byzantin a pris comme axe le mur Nord de l’ancien bâtiment. Un remblai de 1,20 m d’épaisseur constitué par la ruine et l’abandon du premier bâtiment à la période vandale séparait les deux niveaux de construction.

La basilique byzantine avait un plan à deux absides, cinq nefs et huit travées. Elle était longue de 36,25 m et large de 25,25 m, couvrant plus de 900 m². Les absides ont des ouvertures de 890 m et une profondeur de 5 m. La nef centrale a 9, 90 m d’entraxe et les nefs latérales 3,90 m de largeur (entraxe pour la première et jusqu’au mur pour la seconde).

L’édifice était décoré de mosaïques géométriques, œuvre de mosaîstes locaux guidés dans leurs choix des motifs par un maître d’œuvre assisté de compagnons venus probablement de Constantinople. La décoration architectonique (chapiteaux, chancels,
fenestellae) devait avoir été réalisée aussi dans la capitale de l’empire.

Contiguë à l’abside orientale et au Nord de celle-ci, une chapelle annexe dont l’abside ouverte vers le Nord a été ajoutée au début du VIIe siècle, a dû accueillir des reliques. Son pavement était orné d’une mosaïque représentant un paon dressé au centre d’un semis de rinceaux s’échappant d’un canthare. Cette mosaïque est visible à l’antiquarium paléochrétien installé sur les lieux mêmes (image 6 de cette page et images 3 et 4 de la page précédente) .

Dans l’angle Sud-Ouest, on accédait par quelques marches à un baptistère. Son plan de base, carré, de 14,25 m de côté englobe en fait une structure octogonale. La cuve en croix, à fond octogonal et revêtu de marbre, est enclose dans un ciborium de plan octogonal à niches rayonnantes diagonales, englobées dans le massif carré. Des salles annexes, à l’Ouest du baptistère et au Nord de la basilique étaient destinées au clergé.

Le bâtiment se délabrait déjà dans la deuxième moitié du VIIe siècle. Son état actuel permet difficilement de se faire une idée du majestueux édifice qui ornait le centre de Carthage. Il faut donc regarder le plan et l’axonométrie qui en ont été faites pour pouvoir réaliser sa grandeur (image 5). [...] »


Ce texte se révèle pour nous très intéressant malgré le fait que nous ne savons pas comment ont été trouvées les dates de construction de ces édifices, la basilique précédente datée de la fin du IVe siècle, la basilique byzantine postérieure à 533, en délabrement dans la deuxième moitié du VIIe siècle.

Notre recherche qui a conduit à la création de ce site Internet est issue de la remise en question de l’idée couramment admise d’une absence de construction de monuments entre les années 400 et 1000. Après avoir étudié l’Europe, nous avons la quasi certitude de constructions effectuées en grand nombre au moins après l’an 700. Le texte ci-dessus concernant une partie de l’Afrique fait remonter la barre jusqu’à l’an 700. Le grand fossé, vide de monuments, entre les années 400 et 1000, est en train de se combler.


Datation envisagée pour la basilique de Carthagenna à Carthage : an 575 avec un écart de 75 ans.