La chapelle d’Asterius à Carthage
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter cette chapelle souterraine durant notre voyage
effectué en Tunisie en 2025. Les images de cette page sont
extraites de galeries d’Internet.
Selon un texte extrait du fascicule Carthage
Chrétienne, par Liliane Ennabli, édité par le
Ministère de la Culture en Octobre 2000 :
« Un ensemble souterrain avec
baptistère
Lors de la construction du lycée Carthage-Présidence en
1956-1957, un baptistère souterrain, datant de la période
vandale sans doute, a été retrouvé. Il a été conservé sous
les bâtiments du lycée. À l’époque byzantine, il devait
dépendre d’une église dont les vestiges très minimes ont
été vus au moment du chantier.
Deux chapelles funéraires, d’époque byzantine, ont été
exhumées dans une area attenante
à cet ensemble, mais ne sont plus visibles. L’une, la
chapelle dite d’Asterius, a été reconstruite dans le parc
des thermes d’Antonin. [...] »
Les images ci-dessous décrivent cette chapelle :
Image 1 : Aspect
extérieur avec le départ d’escalier et, à droite, la porte
d’entée de la chapelle.
Image 2 : La nef
vue à travers la porte d’entée de la chapelle. Son axe est
orienté en direction du Sud-Est.
Image 3 : Voûte
de la chapelle.
Image 4 :
Intérieur vu en direction de l’Est. Très probablement, le
sol couvert de mosaïque a été percé en cet endroit pour
accueillir des restes humains.
Image 5 :
Intérieur vu en direction de la porte d’entrée (Nord-Ouest).
Là encore, on constate que le pavement en mosaïque d’origine
a été en partie détruit. Cette partie détruite, de forme
carrée, située au premier plan, a été recouverte par une
autre mosaïque. On voit de plus sur le plan de l'image
6 qu’il y a en fait deux parties de forme carrée
presque semblables et symétriques par rapport à l’axe
central.
Image 6 :
L’examen du plan fait apparaître diverses anomalies liées
très probablement à des étapes ou des incidents de
construction. Parcourons le de gauche à droite. On pénètre
d’abord dans une salle dont le pavement est orné d’animaux
marins. Le décor maritime est fréquent dans les scènes
mythologiques représentant des divinités telles que Neptune,
Dionysos, les Néréides, etc. Il faut donc envisager que
cette salle était destinée à un culte païen.
Cette salle ne se situe pas dans la continuité de la
suivante : différence de largeur, d’orientation et surtout,
de pavement. Deux gros blocs de maçonnerie de section
probablement carrée à l’origine séparent les deux salles.
Nous pensons qu’il y a eu deux périodes de construction, la
salle la plus ancienne étant celle de gauche.
La salle de droite, servant de nef à la
chapelle, a reçu un pavement alternant les nœuds de Salomon
et les oiseaux (image 7).
Nous avions auparavant envisagé que ce pavement faits de
symboles apparentés au culte chrétien pouvait être chrétien.
Cette impression est confirmée par le fait que, en
continuité avec ce pavement, on trouve une autre
représentation : les oiseaux (des paons) au canthare (image 8).
L'image 9 de
l’intérieur de l’abside est nettement moins lisible. Le plan
de l'image 6 supplée
à cet inconvénient. À l’origine, la mosaïque du pavement
représentait une croix pattée (symbole chrétien), entouré de
quatre disques. L’intérieur de ces disques a, semble-t-il,
été creusé : sans doute en vue de la pose de colonnes d’un ciborium.
La croix pattée et les quatre disques creusés sont
probablement contemporains. Par contre, la petite fosse de
section carrée percée près du centre de la croix pattée est
postérieure à celle-ci.
On a donc une succession d’interventions sur cette chapelle.
Si la salle de gauche peut être considérée comme antérieure
à la religion chrétienne, la nef au pavement de nœuds de
Salomon, d’oiseaux et de la scène des oiseaux au canthare,
doit être considérée comme chrétienne. Les différentes
opérations ayant consisté à creuser le sol de la nef et de
l’abside sont postérieures à la construction de celles-ci et
ne sont probablement pas contemporaines entre elles. Une
lecture un peu primaire des textes historiques qui datent de
330 la fin des persécutions des chrétiens par Rome et de 439
la prise de Carthage par les barbares pourrait conduire à
affirmer que la salle de gauche date du IIIe
siècle, la nef , du IVe siècle, et les dommages
causés à cette nef, du Ve siècle. La réalité est
probablement plus complexe : les cultes païens existaient
longtemps avant l’an 300 et ont continué à exister longtemps
après 330. Les lieux de culte chrétien existaient bien avant
330 et les persécutions de Dioclétien, vers l’an 300, n’ont
pas contribué à la destruction de tous les lieux de culte
chrétien. En conséquence, une prudence s’impose en ce qui
concerne les estimations de datation. Malgré ce, cette
chapelle doit constituer un élément de référence important
en ce qui concerne les datations.
Image 10 : Carreau
de céramique chrétien représentant un cerf.
Image 11 : Autre
carreau de céramique chrétien représentant un cerf. On
retrouve derrière le corps du cerf un arbre stylisé. Une
représentation analogue a été observée sur un carreau de
céramique du Musée National de Carthage. Nous avons émis
l’idée que cette image pouvait avoir inspiré celle de
l’Agnus Dei.
Image 12 :
Fragment de plaque d’ivoire (peut-être un chancel) à décor
de croix pattée.
Datation
envisagée pour la chapelle d’Asterius à Carthage
(nef et chœur) : an 375 avec un écart de 75 ans.